Le changement climatique menace directement la pratique du football en France. Selon une étude commandée par la FFF au cabinet Sport 1.5 et consultée par L’Équipe, 93 % des clubs français ont déjà connu des reports de matches liés à des événements climatiques. Cinq risques principaux ont été identifiés : fortes chaleurs, sécheresse, orages, pluies hivernales et inondations. La situation pourrait rapidement s’aggraver : dès 2030, plus de 300 000 heures d’entraînements et de stages seraient menacées par les fortes chaleurs, tandis que 112 jours de sols secs seraient enregistrés en moyenne chaque année. Autre donnée particulièrement préoccupante : un tiers des terrains de football français se trouvent en zone inondable. Les pelouses synthétiques ne règlent pas le problème puisqu’elles peuvent atteindre une température supérieure de 30 °C à celle de l’air et dépasser les 70 °C lorsque la température extérieure atteint 40 °C.

Les projections à plus long terme sont encore plus inquiétantes. À l’horizon 2050, le nombre de journées dépassant 32 °C sur les terrains pourrait être multiplié par trois, avec environ 100 000 matches concernés par les fortes chaleurs entre juin et septembre, dont 46 000 rencontres de jeunes. Le calendrier de certaines compétitions pourrait ainsi devoir évoluer, notamment celui de la Coupe de France, dont près de 80 % des matches se disputent en août et septembre. À l’horizon 2100, l’étude estime que 86 % des terrains naturels pourraient connaître au moins 80 jours de sols secs par an, au point qu’il pourrait devenir impossible de pratiquer normalement le football pendant près de trois mois chaque année dans certaines conditions. Face à cette menace, la FFF prépare désormais des mesures d’adaptation et prévoit de présenter sa stratégie et ses nouveaux protocoles au cours du second semestre 2026.
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