La commission nationale d’éthique de la Fédération française de football a décidé de ne pas classer le dossier concernant une éventuelle sanction de l’arbitre Abdelatif Kherradji et de le transmettre au conseil de discipline. Pour rappel, l’arbitre de 40 ans a été condamné à six mois de prison avec sursis pour violences conjugales le 19 août. Ce dernier avait également vu sa peine assortie d’une interdiction de contact avec la victime pendant trois ans et de l’obligation d’effectuer un stage pour la lutte contre les violences conjugales. Il a par ailleurs fait appel de la décision de justice, et sera donc présumé innocent au moment de son passage devant l’instance de la FFF. Il s’expose d’une sanction allant du rappel à l’ordre jusqu’à la radiation.

«Vu la lettre en date du 21 août 2026 adressée par l’avocat de M. Abdellatif Kherradji au directeur juridique de la FFF, transmise par ce dernier au Conseil, demandant qu’aucune suite disciplinaire ne soit donnée à la condamnation de son client par le tribunal correctionnel de Nîmes pour violences conjugales ; il soutient que les faits incriminés relèvent de la sphère privée et sont sans rapport avec le football ; que son client a lui-même porté plainte contre sa compagne pour violences ayant entraîné deux ITT, mais que cette affaire n’a pas encore été jugée ; qu’il n’a pu arbitrer depuis le mois de juin, n’ayant pu se présenter aux tests physiques et ne pourra reprendre l’arbitrage au mieux qu’à la fin septembre ; qu’une sanction disciplinaire constituerait une « double peine » injustifiée ;», indique le communiqué de la FFF.
Le communiqué complet :
«Le Conseil National de l’Éthique et de Déontologie a publié le communiqué suivant le mercredi 26 août 2026.
« Vu les statuts et règlements généraux de la FFF, notamment leur article 12 bis ;
Vu le règlement disciplinaire de la FFF, notamment son article 2.1 ;
Vu la Charte d’éthique et de déontologie du football, notamment son article 4 ;
Vu la lettre en date du 21 août 2026 adressée par l’avocat de M. Abdellatif Kherradji au directeur juridique de la FFF, transmise par ce dernier au Conseil, demandant qu’aucune suite disciplinaire ne soit donnée à la condamnation de son client par le tribunal correctionnel de Nîmes pour violences conjugales ; il soutient que les faits incriminés relèvent de la sphère privée et sont sans rapport avec le football ; que son client a lui-même porté plainte contre sa compagne pour violences ayant entraîné deux ITT, mais que cette affaire n’a pas encore été jugée ; qu’il n’a pu arbitrer depuis le mois de juin, n’ayant pu se présenter aux tests physiques et ne pourra reprendre l’arbitrage au mieux qu’à la fin septembre ; qu’une sanction disciplinaire constituerait une « double peine » injustifiée ;
Vu les autres pièces du dossier ;
Considérant qu’il résulte de l’instruction que M. Kherradji, arbitre central de Ligue 1, a été condamné par le tribunal correctionnel de Nîmes à six mois de prison avec sursis pour violences conjugales avec obligation d’effectuer un stage de sensibilisation aux violences conjugales et interdiction d’entrer en contact avec la partie civile, le tout sans exécution provisoire ni inscription au bulletin n°2 du casier judiciaire ;
Considérant, en premier lieu, qu’aux termes de l’article 4 de la Charte d’éthique du football relatif à l’exemplarité, « L’arbitre ne peut faire respecter cette exemplarité s’il ne la respecte pas lui-même. Il se doit en tous points d’être exemplaire, non seulement au regard de l’image qu’il donne par son action au sein du football, mais aussi à l’extérieur » ; que, dès lors, le mis en cause ne saurait utilement soutenir que les faits pour lesquels il a été condamné relèveraient de la sphère privée, sans lien avec son activité dans le football ;
Considérant, en second lieu, qu’en raison du principe d’indépendance entre les instances pénale et disciplinaire, la circonstance que le tribunal correctionnel aurait décidé la non-inscription de la condamnation au bulletin n°2 du casier judiciaire afin de ne pas compromettre l’activité professionnelle de l’intéressé ne prive pas l’autorité disciplinaire de son pouvoir d’appréciation ;
Considérant, en troisième lieu, qu’aux termes de l’article 2.1.d du règlement disciplinaire, « la méconnaissance des principes fondamentaux énoncés dans la Charte d’éthique et de déontologie du football peut donner lieu à l’engagement de poursuites disciplinaires » ; que l’article 4 précité, relatif à l’obligation d’exemplarité, est au nombre de ces principes fondamentaux ;
Considérant qu’il y a lieu, dès lors, pour le Conseil de saisir du dossier la commission de discipline de la FFF, à qui il appartiendra, au vu des circonstances particulières de l’espèce, et notamment du fait que le mis en cause a également porté plainte de son côté pour violences et qu’il est de facto sans activité et donc sans ressources depuis plusieurs semaines, d’apprécier la nature et le quantum de la sanction susceptible de lui être infligée ;
DÉCIDE :
Art 1er : le dossier est transmis à la commission de discipline de la FFF
Art 2 : la présente décision sera notifiée à M. Kherradji et au Président de la FFF. »
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