La situation financière de l’Olympique Lyonnais demeure particulièrement délicate depuis l’ère John Textor et il faudra beaucoup d’années avant un retour complet à la normale. Ce mercato le démontre. Malgré une rapidité d’action qui s’est révélée sur plusieurs dossiers (Duranville, Boudache, Bidstrup, Ouedraogo), l’OL a toujours été rappelé à son obligation de vendre. Après Afonso Moreira en début de mercato, l’élimination cruelle subie en barrages de la Ligue des Champions face à Fenerbahçe est venue contrecarrer les plans de la direction de l’OL, privant prématurément le club de revenus européens majeurs et compliquant immédiatement les affaires économiques des Gones. Pour compenser ce manque à gagner, l’OL a été contraint de vendre Malick Fofana dans les toutes dernières heures de la fenêtre de transferts.

Ce feuilleton s’est révélé totalement lunaire avec un transfert qui s’est éternisé et un joueur qui a fait le choix de rejoindre Sunderland plutôt que Crystal Palace après une journée d’hésitation avec un entourage qui n’a pas forcément aidé. Directeur sportif du club, Matthieu Louis-Jean est revenu sur cette gymnastique permanente entre exigences financières et ambitions sportives ce lundi dans une conférence de presse dédié à l’été lyonnais. Il en a également profité pour expliquer que des départs dans les marchés encore actifs sur le mercato n’étaient pas vraiment concrets pour le moment : «on a vendu pour 70 millions d’euros, on est obligés de créer de la valeur. Il faut faire un recrutement proactif. Ce n’est pas simple. On travaille tous ensemble. C’est la complexité de la situation pour trouver un équilibre financier et sportif. On veut être compétitif, c’est le cas de Michelle Kang. On essaie de trouver les meilleures solutions. Cette fenêtre était compliquée mais on est satisfaits. On est positifs et prêts à bien continuer la saison avec beaucoup d’envie. Des marchés qui restent ouverts et qui peuvent offrir plus de ventes ? Il reste encore des départs sur la fenêtre (AS, Turquie). Il n’y a rien de précis pour le moment.»
«Vendre à des prix pas trop bas cet hiver», confesse Michael Gerlinger
Le directeur général de l’OL, Michael Gerlinger, a pour sa part détaillé la réalité comptable et le rôle clé de Michelle Kang depuis deux ans. Cet été, le dirigeant allemand a confessé que Lyon est même passé tout proche de la faillite : «financièrement, il y a beaucoup de critères. On a parfaitement matché les contraintes de la DNCG. C’est tout bon au niveau de la masse salariale. On est bons. Le problème est au niveau de notre trésorerie. Pour notre propriétaire, c’est important. En juin, on a eu un propriétaire qui a fait faillite. Ça a été très juste parce que Michelle Kang a signé le papier de rachat le jour de la DNCG. C’était très très juste. On a vraiment réduit la perte de 200 millions mais je pense que je ne suis pas autorisé à dire des chiffres. Mais on n’est pas à 0. C’est beaucoup mais ce n’est pas 0. Maintenant, c’est Michelle Kang qui est propriétaire.»
Interrogé sur la réalité financière du club en ce mois de septembre 2026, l’ancien directeur du Bayern Munich a été interrogé sur l’importance de l’échec pour se qualifier en Ligue des Champions. Et pour Gerlinger, l’OL vise, au mieux, les trois ans pour se redresser financièrement et il faudra être présent en Europe pour continuer d’éponger la dette : «elle a beaucoup payé pour nous, elle nous a sauvés ces deux dernières saisons. Ce n’est pas un fonds d’investissement. C’est pour ça que c’est à nous de l’aider pour restructurer le club comme il se doit. Ça va durer trois ans. Il faut travailler professionnellement, il faut une cellule de recrutement qui nous permette de recruter des joueurs pas chers. On va continuer comme ça. Une qualification en LDC aurait accéléré les choses. Ça s’est joué à 3 centimètres, on n’a pas réussi comme ça. On va continuer en Europa League. Chose qu’on avait budgété en début de saison.»
Pour autant, le dirigeant allemand refuse d’alimenter une quelconque inquiétude concernant l’avenir européen du club. Relancé aussi sur d’éventuels départs cet hiver, Gerlinger a fixé les conditions du club et n’a pas dit qu’il s’agissait d’une nécessité : «l’UEFA planifie toujours sur la saison prochaine. Je connais les chiffres mais je ne suis pas inquiet. Ça va continuer tout le temps. Tu fais un plan de base mais si tu te qualifies en LDC, c’est beaucoup plus positif. On était tellement plus proches de la LDC, donc j’ai pensé à l’argent. Mais si on veut vendre, oui, on veut vendre mais pas à des prix trop bas cet hiver.» Désormais, l’ensemble du club est pleinement focalisé sur le terrain et sur une saison sportive qui a bien débuté avec deux victoires et un match nul pour les débuts en Ligue 1.
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