Pour sa quatrième participation en Ligue des Champions, le RC Lens veut réaliser un gros coup en Tchéquie pour lancer idéalement sa campagne continentale. Avec une victoire, les joueurs de Dino Toppmöller veulent également mettre un terme à leur mauvaise dynamique après deux défaites de rang en Ligue 1 contre Strasbourg (1-2) et Lorient (0-1). Pour son retour en C1, le RCL a fait les choses différemment. Vice-champion de France, derrière le PSG, et vainqueur de la Coupe de France, le club nordiste n’a pas répété les mêmes erreurs qu’il y a trois ans. Cette fois, pas de dépenses XXL au mercato pour fêter son retour en C1. Les Artésiens ont recruté pour 27 M€ (contre 64 M€ en 2023), même s’ils se sont présentés en Tchéquie sans deux de leurs renforts (Titraoui et Nawrocki, tous les deux blessés et absents pendant un certain temps. Côté statistique, ce n’est pas la première fois que les deux équipes se rencontrent puisqu’elles s’étaient séparées sur un match nul (1-1) en 1995, dans l’ancienne version de la Ligue Europa (la coupe UEFA).

Pour l’emporter, Toppmöller a décidé de faire confiance à une défense 100% Gaillette avec Antonio, Ganiou et Sagnan. Selon Opta, le RCL est même la première équipe à démarrer un match de Ligue des Champions avec trois défenseurs nés à partir de 2005. Remis de son coup reçu, Udol était bien présent à son poste de piston gauche, tandis que Skoras était son pendant droit. La paire Bulatovic-Haidara composait l’entrejeu, tandis que le duo Thauvin-Sima était chargé d’alimenter Ivanovic en minutions. Le retour des Artésiens en C1 a toutefois été compliqué. Dès les premières minutes du match, le Slavia a rapidement pris le contrôle, imposant un rythme élevé et un jeu long ravageur. Très vite dépassés, les partenaires de Thauvin ont bien failli se faire surprendre après vingt-trois secondes de jeu sur une accélération de Sturm sur le côté gauche. Heureusement pour eux, le Slovène n’a pas cadré (1e). Lens était immédiatement sous pression, pris dans l’engagement et multipliait les erreurs techniques. Dans un jeu simple, direct et fait de longs ballons, le Slavia se régalait et il a fallu un Risser attentif et souvent obligé de sortir hors de sa surface pour venir stopper les offensives tchèques et aider une jeune défense aux abois.
Lens n’a pas lâché
Secoués, les Lensois ont mis trente minutes pour enfin réagir. Sur leur premier temps fort, les Sang-et-Or ont même failli prendre l’avantage, contre le cours du jeu. Malheureusement pour eux, on se demande encore comment Sima a pu laisser passer le centre de Skoras entre ses jambes alors qu’il était seul face au but (30e). Dans la foulée, c’est Udol qui a obligé Markovic à la parade sur un corner de Thauvin (32e). Deux actions coup sur coup qui ont donné de la confiance aux Nordistes, même si Ayaosi a cru doucher les visiteurs en marquant après avoir devancé un Sagnan en grande difficulté depuis le début du match. Malheureusement pour le Nigérian, la VAR a vu son contrôle de la main et a logiquement annulé le but (35e). Au retour des vestiaires, coup de théâtre. Deux minutes après avoir remplacé Zima, le défenseur tchèque Konecny était expulsé pour une faute sur Sima en position de dernier défenseur (49e). Un coup de pouce pour le RCL ? Pas vraiment. Les Lensois n’ont pas eu le temps de profiter de leur supériorité numérique puisque deux minutes seulement après l’expulsion de son coéquipier, le virevoltant Sturm s’est joué de Sagnan avant de crucifier Risser d’un enroulé imparable (1-0, 51e).
Le coup était rude à encaisser, mais le RCL pouvait compter sur l’expérimenté Thauvin pour croire en ses chances. Le champion du monde 2018, l’un des rares Lensois à être à la hauteur techniquement, a bonifié un grand nombre de ballons, même si ses partenaires ont eu du mal à en profiter, comme cette tête d’Édouard sur Markovic alors que l’ancien Parisien était tout sel dans la surface (64e). Les vice-champions de France n’ont rien lâché pour autant. Et ça a payé. Sur une tentative d’Édouard renvoyée par la défense tchèque, Sima a cette fois-ci été plus prompt technique pour reprendre le cuir et égaliser (1-1, 74e). Un but synonyme de délivrance pour les hommes de Topmöller qui n’ont pas voulu jouer petit bras en fin match pour conserver le point du nul. Un choix risqué qui aurait pu être payant si les tentatives d’un Thauvin omniprésent avaient été cadrées (77e, 79e). Et que dire de l’occasion de Ganiou, parti seul au but mais stoppé par Markovic (86e). Malheureusement, sur un coup franc mal renvoyé par Risser délaissé par sa défense, le diable de Sturm est venu s’offrir un doublé (2-1, 88e). Le but du KO ? Eh bien non ! Dans ce match où Lens n’a rien lâché, Thauvin a fini par se faire justice de la tête, sur un centre de Mesloub (2-2, 90e), avant le but de la victoire inscrit par Aguilar dans la foulée (2-3, 90e +3). Au terme d’une fin de match à couper le souffle, Lens est parvenu à arracher un précieux succès.
Revivez le film du match
- L’homme du match : Florian Thauvin (7,5) : capitaine de cette formation lensoise, l’international français est progressivement monté en puissance dans cette rencontre. D’abord très discret, il a ensuite utilisé sa patte gauche pour délivrer quelques centres dangereux et orienter le jeu intelligemment. Juste avant la pause, il pensait même libérer son équipe mais Markovic brillait sur sa frappe enroulée du gauche (41e). Encore dangereux au retour des vestiaires, il manquait de précision dans le dernier geste , que ce soit par la frappe, sur coup franc ou de la tête (46e, 50e, 56e). Homme le plus en vue sur le plan offensif, l’ex-Marseillais s’est démené pour relancer les siens et était logiquement récompensé en étant à l’origine de l’action menant au but de Sima. En fin de match, il était encore décisif en égalisant de la tête (90+1e) avant le but décisif d’Aguilar. Une nouvelle prestation de patron.
Slavia Prague
- Markovic (5): longtemps tranquille face à des Lensois mal entrés dans leur match, il commence à être sollicité après la demi-heure et répond présent, notamment avec un gros réflexe sur corner puis un nouvel arrêt devant Thauvin à la 40e minute. Toujours bien sur ses appuis, il se montre encore serein à la 64e sur une tête d’Odsonne Édouard, attendant le dernier instant pour intervenir. Surpris à la 72e par une frappe contrée qui retombe dans les pieds d’un Lensois sur l’égalisation, il sort ensuite une excellente parade devant Ganiou à la 86e pour maintenir le Slavia devant. Il ne peut en revanche pas grand-chose sur la tête puissante et parfaitement placée de Thauvin, avant d’être battu deux minutes plus tard sur une frappe croisée à ras de terre qui donne l’avantage à Lens. Plusieurs arrêts importants et peu de responsabilités sur les buts encaissés, malgré une fin de rencontre où il aura fini par céder sous la pression lensoise.
- Vlcek (7): patron de la défense à trois du Slavia, il impose rapidement son autorité avec cinq duels remportés sur six en première période, dont 100 % dans les airs. Concentré et propre dans la relance, il sait aussi jouer simple et dégager sans prendre de risque lorsque Lens met le feu dans sa surface. Sa lecture du jeu lui permet de multiplier les couvertures et de contrer plusieurs ballons dangereux. Son intervention majeure arrive à la 55e minute : alors que le gardien est battu sur une tête de Thauvin, il sauve le ballon sur sa ligne. Solide dans les duels et décisif dans sa surface, il aura été le véritable patron de la défense pragoise.
- Zima (4,5): chargé du marquage de Sima lorsque Lens parvient à s’installer, il souffre rapidement dans les duels. L’attaquant lensois réussit trop facilement à jouer en appui, contrôler et conserver le ballon dos au but, poussant régulièrement Zima à la faute. Avec seulement 33 % de duels remportés, il manque clairement d’impact face à un adversaire pourtant longtemps discret collectivement. Une première période trop fragile, sanctionnée dès la pause par son entraîneur. Il est remplacé par Konecny (45e, non-noté), dont l’entrée tourne au cauchemar : dès sa première intervention, il annihile une occasion de but de Sima et est directement expulsé à la 48e minute.
- Chaloupek (6,5): dans cette défense à trois, il se distingue surtout par sa lecture du jeu et sa capacité à anticiper les offensives lensoises. Trois récupérations, quatre interceptions et deux dégagements en première période illustrent son activité, tout en restant propre dans la relance avec 85 % de passes réussies. Très vocal, il gère la hauteur de son bloc, replace constamment ses partenaires et assure plusieurs couvertures importantes. Il est malheureux sur l’égalisation lensoise, lorsqu’une frappe contrée retombe directement dans les pieds d’un attaquant adverse
- Isife (7): très actif dans son rôle de piston droit, il répète les efforts avec la même efficacité des deux côtés du terrain. Sa vitesse et sa qualité de dribble lui permettent de se projeter et de provoquer, tandis que sa rigueur défensive le rend très difficile à éliminer en un contre un. Propre dans ses transmissions, il se montre surtout décisif sur l’ouverture du score avec un excellent long ballon dans la profondeur pour lancer son attaquant. Même lorsque le Slavia doit davantage défendre, il conserve sa solidité et ferme parfaitement son couloir. Il est remplacé par Schranz (84e).
- Nowak (6): plus à l’aise offensivement dans un premier temps, il permet au Slavia de remonter son bloc et accompagne régulièrement les attaques pour créer du surnombre. L’expulsion change totalement son rôle : beaucoup moins présent devant, il se retrouve pratiquement seul pour couvrir l’entrejeu et révèle alors ses qualités défensives. Très mobile, il multiplie les courses et couvre énormément de terrain pour tenter de maintenir l’équilibre d’une équipe réduite à dix. Il est remplacé par Diakité (76e) avec la sensation d’avoir tout donné.
- Sadilek (6,5): profil plus défensif que son partenaire au milieu, il se charge surtout de quadriller l’axe et de couper les offensives lensoises. Précieux à la première relance, il reste généralement plus bas malgré quelques projections et tentatives de loin, tout en multipliant les interceptions et les dégagements. Son rôle devient encore plus important après l’expulsion : repositionné devant la défense, il vient régulièrement s’insérer dans la ligne de trois pour couvrir les espaces. Très juste dans sa lecture du jeu, il récupère et contre de nombreux ballons lorsque Lens accentue sa pression. Un gros travail tactique du capitaine.
- Kubiak (6): piston très actif, il multiplie les courses dans les deux sens et affiche une vraie solidité dans les duels, avec 75 % de réussite. Propre techniquement et à l’aise balle au pied, il se montre également sérieux défensivement par ses récupérations et ses interceptions. Sa vitesse reste sa principale arme : dès qu’un espace s’ouvre, il se projette et n’hésite pas à tenter sa chance. Davantage ciblé par Lens au fil de la seconde période, il finit par subir physiquement l’enchaînement des efforts dans son couloir. Une grosse activité et peu de déchet, avant de logiquement baisser en intensité. Il est remplacé par Jurasek (76e).
- Ayaosi (6,5): très remuant en début de rencontre, il multiplie les courses, les dribbles et les prises d’initiative avant de progressivement s’éteindre lorsque Lens prend le contrôle du jeu. Il pense ouvrir le score à la 35e minute, mais son but est logiquement refusé après une main sur sa première frappe contrée. L’expulsion change ensuite son registre : dans une équipe désormais tournée vers le contre, il exploite pleinement sa vitesse pour attaquer les espaces, provoquer et obtenir des fautes. Moins influent dans le jeu placé, il reste une menace précieuse dès que le Slavia peut se projeter rapidement.
- Sturm (7,5): l’attaquant le plus dangereux du Slavia dès la première période, il multiplie les appels, les incursions dans la surface et les tentatives pour déstabiliser une défense lensoise longtemps très attentive. Toujours à la recherche de la passe cachée ou de la déviation capable d’accélérer le jeu, il est le principal créateur de danger de son équipe. Réduit à dix, Prague peut compter sur lui : à la 52e minute, il attaque parfaitement la profondeur, se défait du marquage et envoie une frappe du gauche dans la lucarne de Risser. Il frappe encore à la 88e minute en profitant d’une erreur défensive lensoise sur coup de pied arrêté pour inscrire le but de la victoire. Deux buts dans les moments clés et une menace constante : l’homme du match coté Slavia.
- Chytil (3): complètement étouffé par Ganiou et son marquage individuel, il est le joueur du Slavia qui touche le moins de ballons en première période. Jamais trouvé dans la surface et absent à la réception des centres, il ne parvient ni à servir de point d’appui ni à apporter une véritable menace devant le but. L’expulsion de Konecny rend sa seconde période encore plus pénible : avec un bloc contraint de reculer, il touche encore moins de ballons et doit multiplier les replis défensifs, un registre dans lequel il est peu à l’aise. Son 0 duel remporté sur 8 résume son impuissance face à la défense lensoise. Un véritable non-match, sans impact ni présence offensive. Il est remplacé par Chory (76e).
Lens
- Risser (5,5) : titularisé dans les buts des Sang et Or, le portier français n’a pas eu grand-chose à faire au cours du premier acte malgré la domination tchèque. Vigilant face aux appels en profondeur des attaquants adverses, le dernier rempart d’1m93 a par ailleurs profité de la maladresse du Slavia. Après la pause, il ne pouvait cependant que constater les dégâts sur la frappe lumineuse de Sturm (51e) et n’était pas exempt de tout reproche sur le second but du Slavia. Un match assez frustrant à titre personnel.
- Antonio (7) : sur le côté droit de la défense artésienne, le jeune joueur de 18 ans a rapidement failli mettre ses partenaires en difficulté en se faisant prendre sur une ouverture d’Ayaosi (1er) mais les locaux n’en profitaient pas. Une erreur de placement d’entrée de jeu qui a finalement remis le Lensois dans le droit chemin. Impérial dans le duel, solide dans les airs et précis dans ses transmissions, il a tenu son rang au cours du premier acte. Malheuresement pour lui, il ne résistait pas à Sturm, auteur d’un petit bijou pour libérer sa formation (51e). Une prestation très cohérente dans l’ensemble malgré la défaite.
- Sagnan (4) : présent au sein de la charnière à trois des Lensois, le défenseur malien de 21 ans a montré de nouveaux signes inquiétants. Après son carton rouge reçu face à Lorient, il a encore failli face aux attaquants du club tchèque. Souvent à la limite, il était battu par Ayaosi qui pensait ouvrir le score avant d’être rattrapé par le VAR (35e). Pas rassurant, il cédait finalement sa place. Remplacé par Mesloub (62e), très actif lors de son entrée en jeu et grand artisan du réveil lensois. Il était encore là pour délivrer un caviar à Thauvin. Une rentrée XXL.
- Ganiou (6,5) : impressionnant ces derniers mois, le crack lensois a confirmé ses très belles dispositions. Patron de la défense du RCL, il a montré l’exemple à ses coéquipiers en se montrant irréprochable sur chacune de ses interventions. Averti d’un carton jaune pour avoir stoppé irrégulièrement une contre-attaque adverse, il n’a pas commis d’erreurs individuelles. Une nouvelle prestation pleine qui aurait même pu être parfaite s’il avait donné l’avantage à ses partenaires en fin de match sur un contre express (86e).
- Udol (6,5) : incertain pour ce premier choc européen, l’expérimenté latéral du RCL tenait finalement bien sa place à la Fortuna Arena. Solide défensivement, il était tout proche d’ouvrir le score sur un corner de Thauvin mais sa tête puissante était repoussée par Markovic (33e). Auteur d’un nouveau centre parfait pour Thauvin (56e), il a tenté de réveiller le siens après l’ouverture du score. Toujours aussi actif, il aura participé au renouveau de Lens.
- Bulatovic (6,5) : préféré à Cuisance pour animer l’entrejeu, le prometteur milieu de terrain du Monténégro a montré une belle présence au cours du premier acte. Souvent bien placé, il a permis aux siens de tenir dans les temps faibles tout en se montrant menaçant aux abords de la surface adverse (87e). Sans l’énorme raté de Sima, il aurait même pu s’offrir une passe décisive. Trop tendre sur l’ouverture du score du Slavia, il aura dans l’ensemble fait preuve d’une belle activité.
- Haidara (3) : dans un rôle de sentinelle, l’ancien joueur de Leipzig a vécu un premier acte très compliqué. Bousculé dans le duel et souvent en infériorité numérique, il a peiné face au milieu du Slavia. Trop peu impactant et pas vraiment dans le rythme, il a raté son match. Remplacé par Kadile (76e), qui a tenté d’apporter sa vitesse et sa percussion pour forcer le verrou de la défense adverse.
- Skoras (6) : alignée en tant que piston droit, la nouvelle recrue lensoise n’a pas tremblé sur le plan défensif mais il s’est montré globalement imprécis dans ses montées offensives. Si ses quelques centres envoyés dans la surface tchèque n’ont jamais trouvé preneur, il a toutefois essayé d’apporter sa contribution. Remplacé par Aguilar (62e), sérieux lors de son entrée avant de libérer les siens d’une frappe croisée à l’entrée de la surface (90+3e).
- Ivanovic (3) : une nouvelle fois aligné sur le front de l’attaque du club nordiste, le Croate de 22 ans n’a pas du tout pesé au cours des 45 premières minutes. Très peu trouvé par ses partenaires et peu inspiré sur ses rares occasions, il n’a jamais su prendre à revers la défense tchèque. Encore bien trop discret après la pause, il était finalement remplacé à l’heure de jeu. Remplacé par Édouard (61e), qui s’est rapidement illustré mais sa tête trouvait les gants du portier tchèque. Concerné, il était finalement à l’origine de l’égalisation lensoise.
- Thauvin (7,5) : voir ci-dessus
- Sima (6) : sur le côté gauche de l’attaque du RC Lens, l’ex-joueur de Brest n’a pas été beaucoup vu en début de rencontre. Sur un centre en retrait de Bulatovic, il aurait malgré tout pu ouvrir le score mais il manquait totalement sa reprise (31e). Peu en réussite, il provoquait pourtant le carton rouge du nouvel entrant Konecny (50e) sur sa première prise de balle vers l’avant. Mieux encore, il égalisait après une première frappe d’Edouard en concluant seul aux 5m50 (73e). Remplacé dans la foulée par Sotoca (76e).
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