Le 2 septembre dernier, Malick Fofana a animé la dernière journée du mercato d’été. L’ailier gauche a très longtemps hésité entre Crystal Palace et Sunderland, avant de finalement trancher pour les Black Cats. Cela fait donc un Belge de moins chez les Gones. Car cette intersaison, deux autres Diables Rouges sont venus garnir les rangs de Lyon. Julien Duranville, acheté au Borussia Dortmund pour 5M€, «auxquels pourront s’ajouter un maximum de 3,5M€ de bonus ainsi qu’un intéressement maximum de 20% sur une éventuelle plus-value future», a été le premier à signer le 2 juillet dernier. Quelques jours plus tard, le 28 juillet, Loïs Openda est arrivé sous la forme d’un prêt payant en provenance de la Juventus.

Entre Rhône et Saône depuis quelques semaines, les deux joueurs connaissent des trajectoires différentes. Openda a rapidement su trouver sa place et apporter offensivement, lui qui avait pour mission de renforcer l’attaque après les départs d’Endrick et de Roman Yaremchuk. Si tout n’est pas encore au point, le joueur de 26 ans a déjà trouvé la mire à 2 reprises (contre Fenerbahçe et le HAC). Il a aussi délivré 1 assist face à Auxerre. Le tout en 7 apparitions toutes compétitions confondues, toutes en tant que titulaire (615 minutes de jeu). De son côté, Julien Duranville, qui est plus un pari pour l’OL, ne compte pour le moment que 2 apparitions sous le maillot frappé du lion (68 minutes), 1 seule en tant que titulaire.
Des débuts totalement différents à l’OL
Pour le moment, il n’a pas réussi à se montrer décisif. On peut dire que ses premiers pas sont plutôt timides, voire décevants. Mais il a aussi besoin d’un temps d’adaptation, lui qui a aussi été touché musculairement et qui a manqué quelques rencontres. Il pourrait être du voyage en Belgique. En effet, l’OL va défier mercredi soir Anderlecht lors de la première journée de la phase de championnat de la Ligue Europa. Un club que connaît parfaitement Duranville, puisqu’il a évolué entre 2012 et 2022 au sein des catégories jeunes, avant d’y faire ses débuts chez les pros entre 2022-23. Journaliste et chef de la rubrique football pour La Dernière Heure et ancien suiveur d’Anderlecht, Christophe Franken revient sur le passage de l’ailier chez les Mauves.
«Les souvenirs que j’ai du passage de Duranville à Anderlecht sont très courts, mais bons. Quand il est arrivé en équipe première, il a directement cassé la baraque. Pour la petite anecdote, l’équipe B d’Anderlecht jouait en 2e division, l’équipe A en 1ère. Il avait joué un match le samedi avec l’équipe B. Ce n’était pas son premier match, il avait déjà marqué avant avec eux. Donc il avait joué ce samedi-là avec l’équipe B. Puis, il avait été sélectionné le lendemain dans le groupe de l’équipe A. Il était monté en toute fin de match et il avait réussi à marquer. Il avait été buteur en D1 et en D2 en 24 heures. Ce qui a été assez exceptionnel. Il a déboulé comme un immense talent à Anderlecht. Mais il y a eu une période très difficile pour le club, aussi bien sportivement que financièrement.»
Duranville, l’ancien crack d’Anderlecht
Il poursuit : «donc il a dû être vendu très vite parce qu’Anderlecht avait besoin d’argent et qu’il était la plus grosse valeur marchande du club, malgré son jeune âge. Honnêtement, en tant que suiveur d’Anderlecht à ce moment-là, j’avais rarement vu un joueur aussi fort aussi jeune. Je n’avais plus vu ça depuis Jérémy Doku. Mais je trouve que son évolution est décevante. Le choix d’aller à Dortmund est arrivé beaucoup trop tôt dans sa carrière. Ce n’est pas uniquement sa faute. Il aurait pu continuer à évoluer dans le championnat belge, car il lui restait des choses à apprendre. Domenico Tedesco, qui était l’ancien sélectionneur des Diables Rouges, l’aimait beaucoup. Il lui avait même offert sa première cape contre Israël. Mais là aussi, il est arrivé lors d’une période un peu compliquée pour les Diables Rouges.»
Christophe Franken ajoute : «il n’y a pas eu trop de suivi. Ensuite, il a eu beaucoup de blessures. Il était très fragile. On ne trouvait jamais la solution et ça a freiné totalement son passage à Dormtund. À présent, il essaye de se relancer. J’espère pour lui, pour le football belge ou congolais, car il a la possibilité de jouer pour la RDC, que ça se passera bien. C’est un très bon joueur, ambidextre, ce qui est rare. On ne sait pas s’il est gaucher ou droitier. J’espère que Lyon sera un bon choix. Il risque d’avoir du temps de jeu avec tous les matches à jouer. J’espère qu’il aura la possibilité de se refaire, même si ses débuts ont été difficiles.» Loïs Openda, lui aussi, est attendu au Plat Pays explique le journaliste de la DH.
Openda, une carrière surtout bâtie à l’étranger
«On l’a beaucoup moins vu en Belgique. On l’a vu un peu à Bruges, où il était en fin de formation. On avait tout de suite vu quelques qualités, mais pas énormément. Il n’était pas encore connu. Il est parti tôt vers les Pays-Bas où il a explosé au Vitess Arnhem, puis en France où il a confirmé qu’il était très prometteur. Très vite, il a été un joueur belge de l’étranger. Malheureusement pour lui, la courbe chez les Diables n’était pas la même. Il arrivait difficilement à confirmer, il ne marquait jamais. Evidemment, être dans l’ombre de Lukaku n’était pas facile. Il marquait quasiment à chaque match de la Belgique, donc c’était difficile d’avoir du temps de jeu derrière lui. Quand Openda jouait, il se mettait rarement en évidence. »
Il conclut : «en Belgique, tout le jeu tournait autour de Lukaku, qui est un attaquant complet et qui sait garder le ballon, partir en profondeur. Openda a un registre plus petit. Ce qui ne l’empêche pas d’être fort dans ce qu’il sait faire. Il faut jouer plus dans la profondeur, donc il avait peu de ballons qui pouvaient lui convenir. Le choix de la Juventus a été très difficile à comprendre, parce qu’il y avait peu de chances qu’il puisse réussir là-bas. À Lyon, c’est clairement l’attaquant qui peut briller.» En Belgique justement, on craint l’avant-centre pour sa vitesse selon Christophe Franken, qui a aussi évoqué l’autre joueur belge de Lyon : «Duranville, on le craint moins à court terme vu qu’il ne joue pas beaucoup et qu’il a encore du chemin avant de retrouver son vrai niveau.» Ce qui est sûr, c’est qu’on les attend au pays, surtout l’attaquant comme l’a avoué Léo Pétrot. «On sait que c’est un très bon joueur. Il n’y a pas que moi qui vais l’arrêter, on est une équipe. On est onze joueurs sur le terrain, en plus avec les finishers qui sont sur le banc. C’est à nous de bien défendre, d’être attentifs pendant tout le match parce qu’on sait que face à ce genre d’adversaire, on doit être en alerte pendant tout le match, pendant 90 ou 100 minutes. Donc ça va être un travail de groupe, un travail collectif.» Le danger viendra de partout demain soir.
Anderlecht
Fenerbahçe
Romelu Lukaku
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