Le début de saison n’a pas remis en cause l’identité du Paris Saint-Germain de Luis Enrique mais les deux dernières sorties des troupes du technicien espagnol ont confirmé un constat clair. À Lens comme à Rennes, Paris a, en effet, cherché à imposer son jeu, à installer son bloc haut et à récupérer rapidement le ballon mais ces deux rencontres ont surtout révélé la contrepartie de ce football : lorsque le PSG perd le ballon, il peut immédiatement devenir vulnérable. À Lens, Paris a ainsi dominé sans parvenir à renverser une rencontre qu’il a finalement perdue 1-0, malgré l’expulsion de Kyllian Antonio avant la pause. À Rennes, le problème a été encore plus visible : mené 2-0 à la mi-temps, le PSG a dû attendre l’entrée de Ferran Torres pour revenir au score (2-2).

Dès lors, le dilemme de Luis Enrique est donc moins de choisir entre possession et transition que de mieux maîtriser le moment où son équipe passe de l’une à l’autre. «Pour moi, le match à Lens était très bon. Aujourd’hui (dimanche, ndlr), non. Au niveau du rythme et des efforts, il y a une très grosse différence. Pour jouer à l’extérieur en Ligue 1, il faut être plus attentif, prêt, sinon on perd des points. C’est la première journée, mais il faut encore améliorer toute l’équipe», reconnaissait d’ailleurs l’ancien sélectionneur de la Roja au coup de sifflet final.
Le mercato peut-il apporter une réponse ?
Conscient des failles de son équipe sur les phases de transition, l’architecte du PSG n’a d’ailleurs pas hésité à mettre l’ensemble de son vestiaire face à ses responsabilités. Une chose est sûre, après cette défaite à Lens et ce nul concédé sur la pelouse du Roazhon Park, Luis Enrique se retrouve face à un premier grand défi : celui de l’équilibre. Et pour cause. Il ne s’agit pas de demander au PSG de prendre moins de risques - l’essence même du football prôné par l’Espagnol - mais de mieux les contrôler. Pour ce faire, la proximité entre les joueurs à la perte, la capacité des milieux à couvrir les sorties et la vitesse avec laquelle les défenseurs peuvent protéger la profondeur restent des conditions essentielles et demandent un état physique optimal (ce qui n’est peut-être pas le cas de tous les cadres en ce début de saison).
Dans cette optique, cette fin de mercato estival pourrait permettre aux doubles champions d’Europe de récupérer un profil capable d’oeuvrer en ce sens. Avant de filer au FC Barcelone, Rodri semblait d’ailleurs cocher toutes les cases : un milieu doté d’une intelligence de placement supérieure à la moyenne, capable de couvrir de grandes zones, de gagner des duels immédiatement après la perte et surtout de rester lucide lorsque le contre-pressing ne peut pas fonctionner. Si cette piste n’est désormais plus accessible, nul doute que la récente déclaration de Luis Campos, qui a laissé la porte ouverte à de nouvelles possibilités, s’inscrit dans cette logique car le véritable enjeu du PSG cette saison est bien là : continuer à jouer comme une équipe qui veut tout contrôler avec le ballon, sans devenir une équipe qui perd le contrôle dès qu’elle ne l’a plus.
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