Après trois journées de Liga, les médias ibériques et les supporters peuvent déjà tirer quelques enseignements. On peut par exemple s’attendre, sans trop de surprise, à ce que le Real Madrid et le FC Barcelone roulent sur le championnat, avec une force de frappe considérable en attaque, tant chez les Merengues que chez les Blaugranas. Autre premier constat déjà tiré par beaucoup d’observateurs outre-Pyrénées : les trois promus - Deportivo de La Corogne, Racing de Santander et Malaga - ont clairement les cartes en main pour se maintenir en Liga cette saison. Il y a bien longtemps que trois promus ne donnaient pas de telles sensations de compétitivité et de pouvoir rivaliser d’entrée pour leur retour dans l’élite.

Et c’est surtout vrai pour le Deportivo. Après huit années loin de la Liga, ayant même plongé jusqu’en troisième division, l’écurie galicienne est de retour et ne vient pas pour faire de la figuration. Avec une victoire et deux nuls, les troupes d’Antonio Hidalgo pointent à la huitième position du classement, et tout indique qu’ils ont largement les moyens de terminer tranquillement en milieu de tableau… Voire au-dessus. Et pour cause, le mercato réalisé par le club galicien est plutôt impressionnant pour un promu. Le club historique du nord-ouest de l’Espagne est d’ailleurs le cinquième club de Liga à avoir le plus dépensé cet été, et ce en ayant réalisé qu’une seule vente, qui a rapporté uniquement 500.000€.
Un mercato alléchant
D’abord, le Depor a surtout réussi à conserver ses meilleurs éléments. C’est le cas du talentueux milieu de terrain Mario Soriano, ou même des ailiers David Mella et Yeremay, considéré comme un des joueurs espagnols les plus prometteurs du moment, au point où certains l’ont réclamé en sélection en étant en deuxième division. Il n’a d’ailleurs pas encore vraiment pu s’illustrer en Liga, la faute à une pubalgie qui l’handicape depuis plusieurs mois. Puis, les arrivées sont particulièrement intéressantes. Sans forcément dépenser à outrance - seulement 26 millions d’euros - les Galiciens ont par exemple enrôlé Leo Roman, un des meilleurs gardiens de la Liga de la saison dernière avec Majorque. Puis, ils ont misé sur des profils expérimentés, à l’image de José Maria Giménez, un temps taulier défensif de l’Atlético, arrivé hier soir, ainsi que sur Adama Traoré et évidemment Pierre-Emerick Aubameyang.
L’ancien attaquant de l’OM est déjà devenu, en l’espace de trois rencontres seulement, l’idole des foules à Riazor. Avec 3 buts, celui qui est déjà surnommé Aura-meyang confirme déjà être un sacré coup des Galiciens, et affiche un état physique exceptionnel malgré ses 37 ans. Les Galiciens ont aussi frappé fort avec Marc Casado, le milieu de terrain barcelonais qui était aussi convoité par des clubs de standing en Europe, alors que Lorenzo Amatucci, un des meilleurs joueurs de D2 l’an dernier avec Las Palmas, a rejoint le nord-ouest de l’Espagne. Les Galiciens se sont aussi permis de tenter des paris intéressants avec les espoirs Jonathan Asp Jensen, milieu offensif qui arrive du Bayern, et Bright Ede, défenseur central polonais de 19 ans, qui ont tous deux coûté 6 millions d’euros.
Un club bien géré
Menée par l’ancien milieu de terrain Fernando Soriano, la direction sportive du Depor a donc réalisé un mercato plus qu’ambitieux. Mais forcément, une question se pose : comment un club qui vient d’être promu peut-il dépenser autant d’argent sans avoir vendu ? Surtout avec les contraintes du fair-play financier de la Liga qui embêtent des clubs bien plus puissants financièrement. Il faut d’abord signaler que le club est propriété d’Abanca, une des banques les plus importantes du pays, originaire de la région de La Corogne. Ces dernières années, après une grosse crise financière qui a failli mener à sa disparition, le Depor a mené une politique d’austérité assez importante, misant beaucoup sur la formation. Contrairement à d’autres clubs de D2 qui offrent des salaires astronomiques dans l’espoir de remonter en Liga, La Corogne a été prudente.
La masse salariale de l’équipe était de 13 millions d’euros l’an dernier, et cette saison, avec les nouvelles entrées d’argents liées notamment aux droits TV de première division, la Liga autorise au club un total de 38 millions d’euros, ce qui a laissé à la direction énormément de marge pour recruter. Là où beaucoup de clubs étaient déjà proches de leur plafond salarial autorisé et devaient donc vendre avant de pouvoir recruter. Avec une fanbase solide, un statut de club historique outre-Pyrénées et un Riazor toujours plein, le club a aussi des revenus supérieurs à beaucoup de clubs de Liga en termes de billetterie et de sponsoring. Autant dire que du côté de la plage d’Orzán, on peut être optimiste pour ces années à venir…
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