Avant de s’installer autour de la table du Canal Football Club, Medhi Benatia sort d’un passage à l’OM pour le moins mouvementé. Porteur d’un projet ambitieux surtout lors des deux dernières saisons, son bilan reste assombri par saison 2025-2026 manquée et sans qualification en Ligue des Champions, sur fond de vives tensions avec les supporters. Malgré la frustration des tribunes et le sentiment d’un gâchis vu l’effectif qui était sous la houlette de Roberto De Zerbi en août 2025, ce départ en eau de boudin n’a pas empêché l’ancien conseiller sportif de poser un diagnostic lucide pour ses débuts de consultant sur Canal+.

Forcément interrogé sur l’OM qui a perdu 3 de ses 4 premiers matches de Ligue 1, Benatia a tenu à affirmer qu’il était confiant pour la suite de la saison phocéenne. «Je pense que le coach est arrivé avec beaucoup d’ambition, explique l’ancien défenseur marocain. Les départs se sont faits sur le tard. L’OM n’a pas pu se renforcer. J’ai regardé leur début de saison, dans le contenu, je trouve ça cohérent. Contre Rennes, tu peux gagner 2-0, y’a rien à dire. Malheureusement, il n’y a pas la profondeur de banc pour aller gagner. L’actionnaire a pris des décisions importantes cet été. Après 10 ans de déficit, je pense qu’il a décidé de couper les robinets. C’est ça, la vérité et elle a forcé à vendre pour alléger la masse salariale. Il faut être franc avec les supporters. Il faut éviter de faire ce qu’il s’est fait avec nous. Il faut rester alignés. Genesio, c’est le top coach que l’OM pouvait avoir cet été. J’ai tout suivi, c’est vraiment encourageant. Il faut être patient et indulgent, c’est une année de transition. Ils vont gagner des matches, je leur souhaite.»
«Je peux me regarder dans une glace, je n’ai jamais triché pour ce club»
Poursuivant sa réflexion sur le climat olympien, il est revenu sur la fragilité de cet environnement et sur la responsabilité collective de l’échec précédent : «l’équilibre à Marseille est très sensible. Tu peux avoir un problème d’effectif… L’année dernière, on avait un effectif pour être sûr d’être top 2. On s’est plantés. C’est ça la vérité, on a fini cinquièmes. On a raté l’objectif de LDC. L’effectif est plus réduit cette saison avec un super coach. Il faut rester calme et éviter de mettre le feu comme ce fut le cas.»
Invité à adresser un mot au public marseillais, Benatia a préféré ne pas se livrer à cet exercice complexe et a tenu à défendre son bilan de manière assez lunaire : «un message aux supporters ? Je ne peux pas, dans ma position, adresser un message aux supporters. C’est trop frais. Les 10-15 dernières années de disette, c’est notre faute. Je l’ai compris ça. Je sais que du premier au dernier jour, j’ai tout donné. C’est pour ça que je suis là à parler football. Je peux me regarder dans une glace, je n’ai jamais triché pour ce club. Maintenant, ce n’est pas à moi de délivrer des messages. Si je peux parler aux joueurs, c’est de rester tranquilles. Il y a de bons joueurs, revanchards.»
Medhi Benatia raconte les coulisses du mercato de l’OM
Le nouveau consultant de Canal+ a également détaillé la réalité des négociations du mercato. Alors qu’il les gérait encore jusqu’à juillet, il a suivi l’été marseillais de près par la suite. Alors que le club était sous contrainte du fair-play financier et a dû vendre en masse, Benatia a révélé les coulisses de certains transferts cet été : «vendre dans une position défavorable ? C’est toujours difficile. Quand on vend Luis Henrique à l’Inter et qu’on est obligé de le vendre pour le fair-play financier, je ne suis pas serein avant de voir Ausilio. Ça dépend aussi de la volonté du joueur. Par exemple, Mason Greenwood était plus enclin à rejoindre Fenerbahce, j’ai mis en relation les deux entités. J’ai mis Atlético, Al-Ahli et Fenerbahce pour aider le dossier. Si le joueur est plus ouvert, ils auraient pu le vendre plus cher.»
Interrogé sur les départs d’éléments offensifs qui n’ont pas eu lieu lors de ce mercato, il a salué la fermeté de l’entraîneur et des fans qui se sont faits entendre pour conserver Amine Gouiri et Igor Paixao. Relancé également sur la nécessité du club de vendre d’ici juin, l’ancien roc du Bayern Munich s’est voulu plus énigmatique et a envoyé un petit message à Frank McCourt : «Gouiri et Paixao qui ne partent pas ? Heureusement. Ce qu’il s’est passé sur la fin, pour avoir suivi, même s’ils avaient vendu Paixao, je pense qu’ils n’étaient même pas sûrs de le remplacer numériquement. Heureusement que les supporters et le coach ont réussi à se faire entendre. Après te dire qu’ils vont devoir vendre avant le 30 juin, je ne sais pas. Ça dépend de l’actionnaire de mettre aussi un peu de sa poche.»
Pour conclure, Medhi Benatia a été légèrement mis face à ses responsabilités et a été questionné pour savoir s’il n’était pas responsable de ce marasme. Face à cette question piégeuse, il a tenu à rappeler qu’il avait été contraint de recruter de la sorte pour nourrir l’ambition du club : «les salaires depuis 10 ans, je crois que l’OM est la deuxième masse salariale de France derrière le PSG. Si tu veux de la qualité, si tu veux faire des matches comme face au Real Madrid, au PSG et essayer de s’assurer une deuxième place, tu dois faire un mix de joueurs expérimentés et de qualité. On a fait tout ça avec le coach, qui était d’accord et ça a toujours été validé par les gens d’en-haut. Le coach ou le directeur sportif avec le carnet de chèques, ça n’existe pas. C’est important de le rappeler. Si tu veux rester compétitifs, tu es obligé. La Coupe d’Europe, tu dois être compétitif car à Marseille, il y a beaucoup de pression.»
Olympique Marsiglia
Medhi Benatia
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