Quatre matches, quatre victoires et déjà 12 points au compteur, l’AS Roma réalise un début de saison particulièrement impressionnant en Serie A. Les Giallorossi partagent la tête du championnat avec l’Inter, mais occupent actuellement la première place grâce à une meilleure différence de buts. Surtout, le contenu confirme les résultats. La Roma a frappé très fort dès la première journée avec un large succès 4-0 contre la Fiorentina, avant d’enchaîner contre Lecce, l’Atalanta et le Torino. Face aux Bergamasques, les hommes de Gian Piero Gasperini avaient même renversé la rencontre dans le temps additionnel, preuve d’une équipe capable de gagner de plusieurs manières.

Ce départ est d’autant plus intéressant qu’il intervient après une période où beaucoup de questions entouraient le projet de Gasperini. La saison dernière, malgré une troisième place synonyme de qualification pour la Ligue des Champions, la Roma avait connu des tensions internes importantes, notamment entre le technicien et Claudio Ranieri, alors conseiller de la présidence. En avril, leur brouille avait été exposée publiquement. Quelques mois plus tard, le contexte semble radicalement différent : Ranieri n’est plus là, Gasperini dispose d’un effectif davantage conforme à ses idées et la Roma affiche une cohésion qui se ressent directement sur le terrain. Le changement d’environnement semble avoir permis au technicien de reprendre pleinement la main sur son projet.
Un mercato réussi qui a changé le visage de la Roma
Le premier mérite de ce mercato est peut-être d’avoir réussi à conserver plusieurs joueurs essentiels. À commencer par Manu Koné, annoncé avec insistance sur le départ et notamment convoité par Chelsea dans les dernières heures du mercato. Gasperini a depuis clarifié qu’il n’avait jamais posé de veto à son transfert et qu’aucune offre officielle des Blues n’était arrivée sur sa table. Le Français est finalement resté et continue de s’imposer comme l’une des pièces maîtresses du milieu romain, régulièrement associé à Cristante. Son activité, sa puissance dans les duels et sa capacité à casser les lignes en font déjà un élément central du système de Gasperini depuis la saison passée.
La Roma a surtout réussi à conserver ses deux armes offensives majeures : Donyell Malen et Paulo Dybala. Le Néerlandais est clairement devenu le "serial killer" de cette équipe. Déjà auteur de 15 buts et 2 passes décisives en 20 matches toutes compétitions confondues la saison dernière, il affiche désormais 6 buts et 1 passe décisive en 5 rencontres cette saison. Soit déjà 21 buts en 25 matches avec la Roma. Des statistiques qui donnent une autre dimension à son statut d’arme offensive numéro une, d’autant qu’il ne dispose pas d’un concurrent direct susceptible de réellement remettre en cause sa place de titulaire, malgré l’arrivée de Santiago Castro. Gasperini lui-même reconnaît que les chiffres du Néerlandais dépassent ses attentes : « c’est difficile de penser qu’il aurait fait ces chiffres. Des chiffres extraordinaires, hors du commun. Il a fait quelque chose de spécial. »
Derrière lui, Dybala semble lui aussi avoir retrouvé une nouvelle jeunesse. Longtemps perturbé par les blessures la saison dernière, l’Argentin a finalement choisi de prolonger son aventure romaine cet été. Il a accepté une forte baisse de son salaire, avec un système de bonus pouvant lui permettre de retrouver un statut financier très important en cas de régularité. Surtout, il est redevenu un titulaire indiscutable : 5 titularisations en 5 matches possibles et déjà quatre passes décisives, alors qu’il n’avait débuté que 17 rencontres la saison dernière. Gasperini résume parfaitement son importance : « si Paulo va bien, il joue toujours, il n’y a aucun doute. »
Leonardo Balerdi, la belle pioche inattendue
Et puis il y a Leonardo Balerdi. Arrivé de l’OM cet été, l’Argentin de 27 ans n’aura pas eu besoin de beaucoup de temps pour convaincre. Après une première apparition remarquée face à l’Atalanta, il a signé une première titularisation très solide contre le Torino lors du succès 2-0 de la Roma. Sa personnalité, sa vitesse dans les retours, son agressivité et sa qualité dans la première relance collent parfaitement aux exigences de Gasperini. Le technicien italien est d’ailleurs allé très loin dans ses compliments après cette prestation, tout en prenant soin de ne pas réellement comparer son nouveau défenseur à une immense légende italienne.
« À qui il me fait penser ? C’est un défenseur fort, très fort, moderne, puissant physiquement et rapide. Maintenant, je ne peux pas me permettre de citer certains noms… La référence absolue au poste de défenseur central, c’était évidemment Baresi. Sans vouloir le comparer à lui, dans sa manière d’interpréter le poste, son agressivité, sa vitesse dans les retours défensifs et sa participation au jeu, Baresi était le numéro un absolu et personne ne peut le toucher. Mais en termes de caractéristiques, Balerdi est un défenseur qui possède ce type de qualités. » Une déclaration qui résume l’enthousiasme suscité par l’ancien Marseillais, déjà considéré comme l’un des symboles du recrutement réussi de la Roma.
L’AS Roma déjà face à un premier tournant
Balerdi n’est assurément pas le seul renfort à avoir changé le visage de la Roma. Rodrigo Mora, arrivé du FC Porto, a déjà montré une partie de son talent et sa capacité à s’intégrer aux mécanismes de Gasperini, tandis que Nahuel Molina et Santiago Castro offrent deux solutions supplémentaires dans la rotation. Le mercato romain a surtout été pensé en fonction des besoins du technicien, avec un effectif plus dense et davantage de profils capables de répondre aux exigences du 3-4-3. Le départ de Vaz participe aussi à ce rééquilibrage. Derrière, Mile Svilar poursuit sur la lancée de sa saison précédente et reste une valeur sûre. La force de cette Roma tient désormais autant à ses individualités qu’à une mentalité collective nouvelle, illustrée par la remontée contre l’Atalanta. « Quand tu gagnes comme ça, dans les dernières minutes, alors que tu es mené jusqu’au temps additionnel avant de finalement renverser le match, cela signifie que le groupe croit en lui et que l’équipe y croit. Il y a aussi de la qualité », soulignait Gasperini.
La seule véritable ombre au tableau reste pour l’instant le match nul concédé à Fenerbahçe (1-1), pour le retour de la Roma en C1. Cristante avait pourtant ouvert le score avant l’égalisation d’Archie Brown, mais Gasperini a refusé de dramatiser ce résultat, insistant sur la difficulté du déplacement et l’ambiance à Istanbul. « Ce match nul peut être important pour le classement : il faut aussi des matches nuls pour atteindre les objectifs », a aussi expliqué le technicien. Une première sortie européenne qui laisse donc quelques regrets, mais qui n’entame pas vraiment la dynamique des Giallorossi, surtout après un début de saison aussi convaincant en Serie A.
La suite va désormais permettre de mesurer la véritable dimension de cette formation italienne. Les Giallorossi recevront l’Inter le 19 septembre, avant un déplacement à Côme le 11 octobre puis la réception du Real Madrid le 14 octobre en Ligue des Champions, après la trêve internationale. Trois affiches majeures qui permettront de voir si la Louve peut réellement s’installer parmi les prétendants au titre. Avec Malen inarrêtable, Dybala retrouvé, Koné toujours présent, Balerdi derrière et un effectif plus profond, Gasperini semble en tout cas avoir les ingrédients pour inscrire cette Roma dans la durée parmi les équipes de premier plan.
Roma
Gonzalo Castro
Claudio Ranieri
Paulo Dybala
Bryan Cristante
Donyell Malen
Tutti i commenti