Comme souvent, lorsqu’un club étranger se rend en Turquie, une certaine appréhension existe à l’heure d’affronter les géants turcs dans leurs antres à l’ambiance assourdissante. Hier, l’Olympique Lyonnais pouvait donc redouter le pire en se rendant au stade Şükrü Saracoğlu, enceinte bouillante de Fenerbahçe, pour son barrage aller de Ligue des Champions. Outre l’ambiance de feu qui était promise aux hommes de Paulo Fonseca, le club stambouliote faisait office de favori grâce à son effectif composé de plusieurs noms bien connus de la planète football (Ederson, Aké, Skriniar, Kanté, Guendouzi, Asensio, Talisca, Greenwood, Lukaku, Muriqi).

Mais comme souvent avec les clubs turcs, la présence de stars, pour la plupart trentenaires, ne garantit pas le succès. Et encore moins le beau jeu. Hier, les Gones se repartis d’Istanbul avec un bon match nul (1-1) après avoir mené au score en première période. Surtout, cet OL en reconstruction a fait plus que résister aux Stambouliotes. Grâce à un Loïs Openda en feu, les Rhodaniens auraient largement pu s’imposer face à une équipe turque sans inspiration et très souvent coupée en deux. À l’issue du match, le coach du Fener, Ismail Kartal, a pourtant estimé que ses joueurs avaient rendu une bonne copie, ajoutant même qu’ils avaient su jouer au niveau d’un match de Ligue des Champions.
La presse pas du même avis que le coach
« Nous avons bien commencé le match. Mes joueurs se sont très bien battus du début à la fin, en respectant la discipline tactique. Nous nous sommes également créés de belles occasions. Mes joueurs ont joué aujourd’hui en sachant comment il fallait jouer en Ligue des Champions. Le match s’est terminé sur un score nul, mais nous aurions pu le remporter ! Aujourd’hui, nous avons livré un beau match, en faisant preuve d’une belle discipline tactique, et je tiens à féliciter mes joueurs pour cela. Il ne nous reste plus qu’un match à disputer pour nous qualifier pour la Ligue des Champions. Nous voulons remporter la victoire grâce à un beau jeu, nous qualifier pour la Ligue des Champions et faire plaisir à nos supporters. Aujourd’hui (hier), du début à la fin du match, nos supporters nous ont apporté un soutien formidable. Je tiens à les remercier chaleureusement. »
Un point de vue pas vraiment partagé par les journalistes locaux. En plus des stars actuelles de l’équipe, beaucoup espéraient voir un réel changement après le mercato XXL réalisé cet été (Greenwood, Lukaku, Aké, Muriqi). Au final, Fenerbahçe n’a rien montré excepté l’éclair de génie de Mason Greenwood à la 47e minute. Journaliste à Hürriyet, Mehmet Ayan parle même de défaite pour ce match nul. « Nous avons perdu contre l’équipe française, contre laquelle nous avions un meilleur bagage technique. Lyon a obtenu ce qu’il voulait. Nous abordons le deuxième match avec déception, et non avec espoir. Nous avons perdu contre l’équipe française, face à laquelle nous avions un arsenal technique supérieur. Lyon a fait ce qu’il voulait et a gagné. Notre tâche n’est pas facile. Nous avons gâché l’occasion qui s’offrait à nous avec un match qui s’est dégradé à chaque minute qui passait. »
Des stars mais pas de jeu
Un constat partagé par son collègue Ugur Meleke. « Fenerbahçe n’a pas réussi à se créer la moindre occasion franche. Asensio a été remplacé, laissant deux attaquants sur le terrain (Muriqi-Talisca). Les autres se contentaient de centrer depuis les ailes. Il y avait de bons joueurs sur le terrain, mais pas de jeu. Ou plutôt, pas de plan de jeu. Il n’y avait aucune connexion entre le milieu et l’attaque. Il manque un joueur capable de créer le lien. Fenerbahçe peut gagner un match avec Muriqi, un autre avec Lukaku et un autre avec Greenwood. C’est normal. Mais pour un succès durable, les superstars ne suffisent pas ; il faut un plan, une stratégie. » Enfin, le journal Fanatik a lui aussi envoyé quelques piques, incrédule face au choix de Kartal de laisser Marco Asensio sur le banc de touche au coup d’envoi.
« Lyon, avec un budget salarial annuel de 55 millions d’euros, a semblé plus serein et plus plaisant à jouer face à Fenerbahçe, qui a investi 170 millions d’euros dans un budget équivalent. Asensio est déjà une superstar que presque tous les entraîneurs rêveraient d’avoir dans leur équipe et autour de laquelle ils bâtiraient leurs stratégies. Luis Enrique, lors de sa précédente saison victorieuse en Ligue des champions, malgré un effectif pléthorique, l’utilisait souvent en pointe lorsque le PSG manquait d’un attaquant de pointe. Pourtant, l’entraîneur Ismail le laisse sur le banc. Je suis certain que l’entraîneur de Lyon, Fonseca, était ravi de cette décision hier soir. Dans le dispositif d’Ismail, sans Asensio, un grand espace s’était créé entre Vedat (Muriqi) en pointe, aux côtés de Talisca, et Kanté et Guendouzi au milieu de terrain. Lyon a comblé ces espaces avec Tolisso, Morton et Tessman, empêchant ainsi Fenerbahçe de se créer des occasions de tir. » Fenerbahçe saura-t-il rectifier le tir dans une semaine ?
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