Avec 5 points de retard sur Auxerre, 16e et actuel barragiste, à 4 journées de la fin, et avec un calendrier sacrément relevé, le FC Nantes parait condamné à la Ligue 2. C’est l’actuel entraîneur Vahid Halilhodzic qui en a fait lui-même le constat après la défaite face au PSG mercredi soir. Du côté des supporters nantais, on ne se fait plus d’illusion, et comme souvent dans ces cas-là, c’est la direction qui récolte les critiques. Cela tombe bien, Waldemar Kita est habitué, lui qui avait récupéré le club en 2007 et qui est invité, de manière assez abrupte, à rendre son tablier très fréquemment par les Ultras nantais.

C’est dans ce contexte tendu que l’homme d’affaires a accepté un entretien avec Eurosport, où il a lâché tout ce qu’il avait sur le coeur. Car s’il va connaître une nouvelle descente avec les Canaris, il refuse d’être désigné comme le coupable de la débandade sportive et défend sa gestion. « J’ai su gérer le moment le plus difficile du foot français (NDLR : la période du Covid). Mon héritage ? Je n’ai pas laissé Nantes dans la merde. Ça, c’est un héritage et je le dois à une bonne gestion. Il y a quand même 250 salariés, je n’en ai pas laissé un dans la merde. Au moins, j’aimerais qu’on dise : ‘il tient le club.’ Oui, je tiens le club. Comme je le peux, avec mes moyens, mais je le tiens.Même si tout le monde est contre moi : la Brigade Loire, les politiques, les droits TV. Et j’ai tenu quand même. Je suis quelqu’un avec une éthique et une responsabilité. Certains auraient fui depuis bien longtemps en disant : ‘allez vous faire foutre, je m’en vais et je vous laisse en dépôt de bilan et recommencez en CFA.’ Plutôt que de me parler des résultats sportifs, parlez de ça… Personne ne me dit que j’ai gagné la Coupe de France. »
Kita dézingue Castro
Agacé par les questions posées (consommation excessive d’entraîneurs, interventionnisme sur le mercato), Waldemar Kita reconnait une erreur. « Le recrutement de Luis Castro. On a beaucoup discuté et hésité avec Franck, j’aurais dû être plus vigilant. Ce coach (NDLR : aujourd’hui à Levante, 19e de Liga) va faire descendre deux clubs dans la même année. Je n’aurais pas dû prendre cet entraîneur sans expérience. Je l’ai dit et répété. On n’a jamais pris un entraîneur qui venait de Ligue 2. Ce type-là est à côté, c’est un éducateur. Il ne peut pas réussir. Je gueule aujourd’hui au club et tout le monde me dit que j’ai raison. Après les matches amicaux, je disais qu’il fallait le dégager.» Kita ne veut pas qu’on le juge interventionniste tout en rêvant d’être considéré comme un expert fiable du football. « Vous pensez que je n’ai pas l’œil pour le foot. C’est ça mon grand problème. J’ai l’œil mais on ne veut pas me donner raison. Il y a des entraîneurs qui sont d’accord avec moi. Vous auriez dû appeler Sergio Conceiçao pour savoir ce qu’il pense de moi », dit-il ainsi.
A l’écouter donc, la saison du FC Nantes a pris une mauvaise tournure avec ce choix initial, celui de Luis Castro, que Kita a limogé le 10 décembre dernier, pour le remplacer par Ahmed Kantari, à son tour limogé le 10 mars, pour tenter une dernière opération sauvetage avec Halilhodzic. Et tant pis pour la réputation de coupeur de têtes. De même, il réfute tout interventionnisme sur le mercato, même si… « Je n’ai jamais pris un joueur sans l’accord de l’entraîneur. Jamais. Par contre, que je me mêle du mercato, c’est mon devoir. Parce qu’on le paye. O.K. ? (insistant) On le paye. Monsieur, on le paye ! Il y a le salaire à définir et il y a le prix d’achat à définir. Vous ne pensez pas quand même que je vais laisser ça à d’autres ? Je me suis fait avoir parfois, j’ai pu céder face à des entraîneurs… Je n’aurais jamais dû me laisser faire au début de la saison avec l’entraîneur et des personnes en interne. » Il est désormais trop tard pour les regrets, et c’est très probablement en Ligue 2 que Nantes devra repartir de l’avant. Avec un nouvel entraîneur, encore.
낭트
Gonzalo Castro
모든 댓글