Passé par l’un des centres de formation les plus réputés de France, Jordan Semedo Varela poursuit aujourd’hui sa progression loin des projecteurs de la Ligue 1. Après une expérience au Cercle de Bruges, le latéral gauche de 23 ans a choisi de relancer sa carrière en Bulgarie, où il s’est progressivement imposé sous les couleurs du Slavia Sofia, au point d’attirer, selon nos informations, plusieurs clubs qui se sont montrés intéressés ces derniers mois. Entre l’adaptation à un nouveau championnat, les ambitions qui continuent de l’animer, son attachement au Cap-Vert et le regard qu’il porte sur les années fondatrices passées à l’AS Monaco, l’international capverdien (1 sélection) revient avec franchise sur son parcours, ses choix et les étapes qui l’ont façonné.

« J’aime beaucoup Sofia »
Foot Mercato : comment s’est passée la suite de ta carrière après ton départ de l’AS Monaco et pourquoi avoir choisi la Bulgarie ?
Jordan Semedo Varela : j’ai résilié mon contrat avec Monaco à mon retour du Cercle de Bruges. J’y ai passé une saison très enrichissante. Je n’ai pas beaucoup joué, mais j’y ai appris beaucoup de choses. Quand je suis revenu à Monaco, le club m’a expliqué que l’aventure s’arrêtait et qu’il valait mieux que je trouve un nouveau projet. Pendant le mercato, je n’ai reçu aucune offre, donc j’ai préféré résilier mon contrat. Rester avec la réserve n’était pas mon objectif. Mon agent m’a ensuite présenté le projet en Bulgarie. Il m’a dit que c’était une bonne opportunité et j’ai décidé de tenter l’aventure. J’ai mis un peu de temps à m’adapter à cette nouvelle culture et à ce nouveau pays, mais je trouve que c’est un très bon championnat. Comme je n’avais pas beaucoup joué au Cercle de Bruges ni en professionnel avec Monaco, cette expérience me permet d’accumuler du temps de jeu et de progresser.
FM : comment s’est passée ton intégration en Bulgarie, sur le terrain comme dans la vie quotidienne ?
JSV : je suis venu tout seul. Au début, c’était un peu compliqué, notamment à cause de la langue. Le fait d’être à Sofia m’a aidé, car beaucoup de personnes parlent anglais. Je me débrouille dans cette langue et je peux facilement communiquer. C’était une nouvelle culture et je n’avais pas l’habitude de partir seul, puisque ma famille m’avait accompagné lors de mon passage au Cercle de Bruges. Aujourd’hui, je me suis très bien adapté. J’aime beaucoup Sofia et tout se passe bien.
FM : comment décrirais-tu le championnat bulgare ?
JSV : je trouve que c’est un championnat difficile. Même les équipes considérées comme plus modestes peuvent poser beaucoup de problèmes. C’est un championnat très physique. Par rapport à la France, il y a un peu moins de technique, mais davantage d’intensité dans les duels, le pressing et l’impact. C’est un football très exigeant.
FM : qu’est-ce que cette expérience t’apporte dans ta progression ?
JSV : mon passage au Cercle de Bruges m’avait déjà permis de découvrir un football différent. Là-bas, le coach demandait un pressing constant pendant 90 minutes, beaucoup d’intensité, de duels et de travail sur les deuxièmes ballons. À Monaco, où j’évoluais avec la réserve, le jeu était plus basé sur la possession. En arrivant en Bulgarie après cette expérience en Belgique, je me suis finalement bien adapté, car les deux championnats se ressemblent dans l’intensité et l’engagement physique.
FM : le fait d’avoir plusieurs francophones dans le vestiaire facilite-t-il ton adaptation ?
JSV : oui, forcément. Quand on est à l’étranger, on a tendance à rester davantage ensemble. On échange plus facilement parce qu’on parle la même langue. Mais malgré cela, tout le groupe est très soudé. Il y a beaucoup de jeunes joueurs et comme tout le monde parle anglais, l’intégration se fait bien. Avoir des Français dans l’effectif aide aussi dans les moments plus compliqués de la saison, car on peut discuter entre nous et se soutenir.
FM : quels sont tes objectifs pour la suite de ta carrière ?
JSV : mon objectif est de franchir un nouveau cap. Cela fait maintenant deux ans que je suis en Bulgarie. Je connais le championnat et j’aimerais désormais rejoindre un autre club ou découvrir un autre pays (plusieurs clubs sont intéressés, nldr). Pour le moment, je reste concentré sur ma saison. Si une opportunité se présente, tant mieux. Sinon, je continuerai simplement à travailler avec mon club.
« J’ai suivi le Cap-Vert pendant la Coupe du Monde »
FM : tu as choisi de représenter le Cap-Vert. Quel regard portes-tu sur le parcours de la sélection et quelles sont tes ambitions ?
JSV : j’ai évidemment suivi le Cap-Vert. C’est mon pays et j’ai le passeport capverdien. J’ai été déçu de ne pas être retenu, parce que je suis compétiteur et j’ai des ambitions, mais ce sont les choix du sélectionneur. Malgré tout, j’ai suivi la sélection qui a réalisé une très belle Coupe du Monde. Je suis fier d’eux et fier de nous. Je vais continuer à tout faire pour être appelé à l’avenir et pourquoi pas participer à la prochaine CAN.
FM : es-tu toujours en contact avec la sélection capverdienne ?
JSV : en ce moment, je n’ai pas eu de discussions avec le sélectionneur ou un membre du staff. Je ne sais pas si je fais toujours partie de leurs plans, mais j’y crois. Je sais que j’ai les qualités pour être sélectionné. À moi de continuer à travailler afin que le sélectionneur puisse me rappeler.
FM : quel souvenir gardes-tu de ton passage au centre de formation de Monaco ?
JSV : pour moi, c’est l’un des meilleurs centres de formation en France. J’y ai vécu des années très enrichissantes et j’y ai pris énormément de plaisir. Grâce à Monaco, j’en suis là aujourd’hui. Sportivement, c’est une académie qui forme de très bons joueurs. Sans ce club, je ne serais pas à ce niveau aujourd’hui.
FM : qu’est-ce que Monaco t’a apporté personnellement ?
JSV : j’ai eu la chance d’être entraîné par Manuel Dos Santos, un ancien latéral gauche, qui m’a énormément conseillé et appris le poste. J’ai aussi travaillé avec Frédéric Barry Laro, qui est un très bon coach. Le centre de formation m’a beaucoup appris et m’a fait progresser. Quand je suis arrivé à Monaco, j’étais numéro dix ou ailier. C’est au club que l’on m’a repositionné au poste de latéral gauche. Lors de ma deuxième année en U17, j’ai réussi à faire mes preuves et j’ai ensuite été sélectionné en équipe de France. À partir de ce moment-là, les choses se sont enchaînées naturellement.
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