Dans les moments où l’OL était en difficulté, le club rhodanien a toujours su s’en sortir grâce à son centre de formation. Tolisso, Lacazette, Fekir, Cherki, Umtiti, Barcola, Gusto, Benzema ou encore Caqueret, les exemples pullulent ces dernières années. Cette année ne déroge pas à la règle. Après un été mouvementé où Lyon a dû vendre en masse et perdre plusieurs joueurs importants, le centre de formation a encore pointé le bout de son nez. Alors que Khalis Merah et Mathys De Carvalho ont eu pas mal de temps en première partie de saison, Rémi Himbert a montré de grandes qualités ces dernières semaines tandis qu’Adil Hamdani enchaîne les entrées pertinentes. Après un 2005, un 2007, un 2008 et même un 2009, il fallait quand même un représentant de la génération 2006 dans toute cette histoire. Et ce dernier s’appelle Steeve Kango.

Steeve Kango, un pur produit de Vaulx-en-Velin
Il y a des baptêmes du feu qui consument, et d’autres qui révèlent. Jeudi dernier, sur la pelouse du Celta de Vigo, l’OL a peut-être assisté à la naissance d’une belle promesse d’avenir. Lancé par Paulo Fonseca suite à la blessure de Maitland-Niles et l’incapacité de qualifier Hateboer lors de ce 8e de finale de Ligue Europa, Steeve Kango a réalisé une performance assez remarquable pour une première. Solide sur ses appuis défensifs et d’une justesse rafraîchissante dans ses montées, le Gone a régalé et a été congratulé par tous les observateurs du club rhodanien malgré le match nul des siens (1-1). Sa belle partition aurait même pu être gratifiée d’un but si sa frappe puissante n’avait pas touché le poteau en seconde période. En conférence de presse, Paulo Fonseca ne cachait d’ailleurs pas son admiration pour le culot de son nouveau protégé : «pour moi, il a été l’un des meilleurs joueurs de l’équipe. Il a montré beaucoup de caractère. C’est un jeune joueur qui est confiant, agressif et n’a peur de rien. Ce n’est pas facile de jouer son premier match ici, avec cette pression à l’extérieur. Il a montré beaucoup de personnalité.»
Pour comprendre d’où vient cette maturité, il faut quitter les projecteurs du haut niveau et revenir à Vaulx-en-Velin, terre de football qui a déjà poli les talentueux Nabil Fekir, Rachid Ghezzal ou Kurt Zouma. C’est justement au FC Vaulx que Steeve s’est forgé. À l’époque, en U15, il évoluait sous les ordres de Peguy Mokoko, adjoint de Samir Mertani. Pour son ancien éducateur, avec lequel nous nous sommes entretenu, le voir briller si tôt n’est pas un hasard, tant le garçon était "formaté" pour l’élite : «Steeve déteste perdre, même dans les petits jeux, il veut toujours gagner», se remémore Peguy Mokoko. «Il était capitaine de la belle génération 2006, il s’est révélé en défense centrale. S’il était prêt pour le haut niveau ? Honnêtement oui, car il a toujours eu ce truc en plus par rapport aux joueurs plus talentueux : LA GRINTA. Cette qualité fait partie de son ADN. C’est un travailleur acharné.» Ce leadership, on l’a vu dès ses premières minutes en pro : malgré son statut de cadet sur le terrain, Kango n’a pas hésité à replacer et encourager ses partenaires.
Quelle limite pour le "solaire" Kango ?
Pourtant, derrière ce guerrier de 90 minutes se cache un tout autre profil en dehors du pré. À l’OL, plusieurs sources nous l’ont décrit comme un garçon extrêmement solaire. Toujours le premier à chambrer, à diffuser de la bonne humeur et à dynamiser la vie de groupe, il est l’élément moteur de l’ambiance au quotidien. Une dualité parfaite entre le calme social et la tempête qui a soif de victoires sur le terrain. Sa progression au sein de l’Academy témoigne d’ailleurs de cette force de caractère. Cette saison avec la réserve, il s’est imposé comme un cadre incontournable, faisant partie du triumvirat des capitaines. Sous la houlette de Jordan Gonzalez en U19, il a appris à alterner entre l’axe et le couloir droit, développant une polyvalence qui fait aujourd’hui le bonheur du staff professionnel. Le week-end dernier, il a encore été récompensé de son sérieux avec une entrée au Havre. Alors qu’il ne dispose pour l’instant que d’un contrat stagiaire, Steeve Kango a déjà envoyé un message fort à la concurrence.
Avec ses qualités de percussion et son impact physique, les comparaisons avec Malo Gusto commencent inévitablement à fleurir dans les travées du Groupama Stadium. Mais jusqu’où peut-il aller ? Peguy Mokoko est catégorique : «la suite logique, c’est qu’il participe à la rotation et qu’il finisse par s’imposer comme titulaire. L’appétit vient en mangeant, je ne lui vois aucune limite. Un latéral avec ses qualités pourra faire de lui un joueur de niveau international.» Sur la scène internationale justement, l’avenir s’annonce riche en possibilités. S’il est éligible pour la France et la Centrafrique, Steeve a déjà porté le maillot de l’Algérie en U17. Un lien avec les Fennecs qui reste très fort, le joueur étant enclin à l’idée de représenter à nouveau la nation algérienne à l’avenir selon certaines sources avec lesquelles nous avons pu parler. Néanmoins, d’autres nous ont indiqué que le joueur n’était pas encore focalisé sur cet avenir international pour le moment. Et même s’il doit encore progresser et rentrer définitivement dans la rotation des Gones, le joueur de 19 ans semble déjà promis à un avenir prometteur. À Lyon comme en sélection, le dossier Kango ne fait que commencer, mais une chose est sûre : il a désormais toutes les cartes en main pour s’imposer durablement.
ချယ်လ်စီ
အယ်လ် ဂျာဇီရာ
Nabil Fekir
ဂူစတို
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