Gennaro Gattuso pensait sans doute avoir trouvé à Rome l’occasion idéale de relancer sa carrière sur un banc après une expérience particulièrement douloureuse avec la sélection italienne. Arrivé à la Lazio avec l’ambition de reconstruire une équipe appelée à retrouver de la stabilité, l’ancien milieu de terrain a pourtant découvert un chantier autrement plus complexe qu’il n’y paraît. Son arrivée intervient après l’échec retentissant de l’Italie, éliminée en Bosnie dans la course à la Coupe du Monde 2026, et dans un contexte où la Lazio traîne toujours de lourdes contraintes économiques. Le club de Claudio Lotito n’a pas obtenu le feu vert pour mener un mercato classique et doit composer avec le fameux principe du solde nul. La commission chargée de contrôler l’indicateur du coût du travail élargi a estimé que les Biancocelesti ne respectaient pas le seuil de 0,7 %, obligeant le club à équilibrer ses opérations de recrutement par des ventes ou des économies équivalentes. La Lazio avait ainsi besoin de réduire considérablement sa masse salariale et, selon les estimations publiées cet été, près de 19,5 millions d’euros auraient été nécessaires pour totalement débloquer la situation.

Autant dire que Gattuso a hérité d’une mission particulièrement délicate. Le technicien italien doit travailler avec un effectif affaibli par plusieurs départs, et avec une marge de manœuvre extrêmement réduite sur le marché. Les ventes de Mario Gila, d’Ivan Provedel ou encore celle à venir d’Alessio Romagnoli ont permis de dégager des ressources, mais ces recettes servent avant tout à maintenir le fonctionnement du mercato plutôt qu’à offrir à l’entraîneur les renforts dont il aurait besoin. La Lazio a dû privilégier les joueurs libres, avec les arrivées de Danilho Doekhi et Alfonso Pedraza, tout en tentant de construire un effectif compétitif à moindre coût. Sur le terrain, la préparation n’a pas davantage rassuré. Les Biancocelesti ont certes signé quelques larges succès face à des adversaires d’un calibre inférieur, mais les prestations contre Frosinone (2-1) et Ascoli (2-1) ont déjà montré une équipe capable de se compliquer sérieusement la tâche. Sans oublier les trois buts encaissés par Avellino malgré le succès final (6-3). Le véritable coup de massue est finalement arrivé dès le premier rendez-vous officiel. Trois mois seulement après avoir disputé la finale de la Coppa Italia face à l’Inter, la Lazio a été éliminée dès les 32es de finale par Mantoue, formation de Serie B, à l’Olimpico. Une défaite (2-0) qui transforme déjà les interrogations en véritable crise.
Une humiliation dans un stade vide
Le symbole est terrible pour Gattuso et pour une institution qui rêvait de repartir sur de nouvelles bases. Devant seulement 5 528 spectateurs présents dans un Olimpico largement déserté avec la fronde populaire des ultras contre la direction, la Lazio a retrouvé la même compétition dans une atmosphère presque irréelle. En face, Mantoue, pensionnaire de Serie B, a parfaitement profité des failles d’une équipe romaine beaucoup trop déséquilibrée. La Lazio a monopolisé le ballon et affiché des intentions offensives, mais elle a manqué de tranchant dans les deux surfaces, avant de céder sur les transitions lombardes. Ruocco a ouvert le score avant que Cajazzo ne parachève l’exploit dans le temps additionnel, à la suite d’une fin de match désespérée durant laquelle le gardien Mandas était monté pour tenter d’arracher l’égalisation. Le contraste avec la finale disputée quelques mois plus tôt est saisissant et résume à lui seul la chute vertigineuse du club. Gattuso n’a pas cherché à esquiver ses responsabilités. « C’est un coup dur, je l’admets, c’est clair. C’est comme recevoir un coup de poing en plein visage. Maintenant, on passe à autre chose, j’assume mes responsabilités. On savait qu’on avait beaucoup de travail, mais on avance. Ça fait mal, on doit s’excuser. Il y a trois mois, on jouait une finale, ils sont en Serie B, mais on avance, c’est notre responsabilité. Les gars se donnent à fond, on doit progresser dans de nombreux domaines, on avance. Aujourd’hui, on cherche des excuses, on ne parle pas du mercato, on parle de qui était sur le terrain. C’est trop facile de parler du mercato et des absents. On assume et on verra ce qu’on peut faire dans les prochains jour », a reconnu le nouvel entraîneur, parfaitement conscient de l’ampleur du chantier.
La situation devient d’autant plus préoccupante que cette élimination intervient alors que Gattuso n’a toujours pas obtenu l’effectif qu’il espérait. Alessio Romagnoli et Nuno Tavares étaient absents, avec des départs toujours à l’ordre du jour, tandis que les deux recrues arrivées libres, Doekhi et Pedraza, ont été directement titularisées dans une défense qui a rapidement montré ses limites. Davide Frattesi, arrivé de l’Inter sous la forme d’un prêt payant de 5 millions d’euros avec une option de 10 millions assortie d’un pourcentage à la revente, a effectué ses débuts en seconde période, mais son arrivée ne suffit évidemment pas à régler les problèmes structurels de l’équipe. La Lazio cherche encore un défenseur central et surtout un véritable avant-centre, avec plusieurs pistes étudiées après l’échec de certaines options. Mais les finances imposent toujours une extrême prudence et rendent chaque mouvement dépendant d’une sortie préalable. Le président Claudio Lotito se retrouve déjà contraint de revenir au premier plan alors qu’il était absent de l’Olimpico lors du naufrage contre Mantoue, en vacances à Cortina. Le constat dressé par la presse italienne est particulièrement sévère et l’expression « dalle stelle alle stalle » résume parfaitement la situation. Quelques mois après une finale, la Lazio est déjà éliminée par une équipe de deuxième division et Gattuso apparaît sous pression avant même le début de la Serie A. La Gazzetta dello Sport évoque même désormais une possible menace sur son poste.
လာဇီယို
Gennaro Gattuso
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