L’été devait être celui de la renaissance pour la Fiorentina. Après plusieurs saisons marquées par les espoirs déçus et les rendez-vous manqués, le club toscan avait décidé de frapper fort pour changer de dimension et avait confié les clefs de son projet à Fabio Grosso. L’ancien champion du monde 2006, auréolé de son bon travail à Sassuolo, débarquait à Florence avec la mission de remettre de l’ordre, de donner une identité claire à cette équipe et surtout de transformer les ambitions de la direction en résultats concrets. Pour accompagner son nouvel entraîneur, la Viola n’a pas lésiné sur les moyens. Le mercato a été particulièrement spectaculaire, avec plus de 150 millions d’euros investis dans les indemnités de transfert, pour un montant global annoncé autour de 165 millions d’euros en prenant en compte les différents coûts de l’opération. La Fiorentina s’est notamment offert Christ Inao Oulaï pour 26 millions d’euros, Arthur Atta pour 25 millions et Mateo Pellegrino pour 22,5 millions. Beto a également débarqué pour 18 millions d’euros, tandis que le jeune défenseur brésilien Viery a coûté 15 millions. Giovanni Fabbian et Marco Brescianini ont, eux aussi, renforcé l’entrejeu contre 13 et 10 millions d’euros. Sans oublier Wilfried Gnonto, Franco Mastantuono, Radu Drăgușin, João Mário, Alieu Njie, Víctor Valdepeñas, Pedro Gonçalves et Álex Jiménez. Sur le papier, tous les ingrédients semblaient donc réunis pour faire de cette nouvelle aventure l’une des belles histoires de la saison italienne.

Cette frénésie estivale avait rapidement nourri une véritable attente autour du projet florentin. La Fiorentina avait donné le sentiment de vouloir passer à la vitesse supérieure, en recrutant massivement et en offrant à Grosso un groupe profondément renouvelé. L’objectif n’était plus simplement de bâtir une équipe compétitive, mais bien de créer une formation suffisamment armée pour regarder plus haut au classement et retrouver une place correspondant aux ambitions historiques du club. Les dirigeants avaient accepté de prendre des risques financiers importants pour donner à leur entraîneur les moyens de ses ambitions. Le marché florentin ressemblait à celui d’un club qui voulait changer de statut, tandis que l’arrivée de Grosso renforçait encore l’idée d’un nouveau départ. Dans l’environnement violet, l’enthousiasme était palpable et les attentes avaient logiquement grimpé en flèche. Avec un investissement aussi conséquent, un entraîneur auréolé d’une certaine cote et un effectif largement remodelé, la Fiorentina abordait cette saison avec l’étiquette d’un club qui devait rapidement montrer des signes de progression. Mais quelques semaines seulement après cette euphorie estivale, le contraste est saisissant. Le rêve d’un nouveau cycle est déjà en train de virer au cauchemar et le spectaculaire mercato réalisé par la direction commence surtout à ressembler à un immense gâchis.
Trois défaites en trois journées
Car sur le terrain, rien ne fonctionne. La Fiorentina a totalement manqué son début de championnat et reste sur trois défaites en trois journées de Serie A, ce qui la condamne déjà à occuper seule la dernière place du classement. L’ampleur du désastre est d’autant plus frappante que les attentes étaient élevées après un mercato aussi coûteux. Face au Torino, la Viola a pourtant cru tenir le scénario idéal lorsqu’elle a ouvert le score au retour des vestiaires grâce à Pellegrino, profitant notamment d’une erreur de Perri. Cette réalisation aurait dû permettre aux hommes de Grosso de se libérer et de retrouver enfin de la confiance, mais elle n’a finalement fait que retarder l’inévitable. Le Torino, qui restait sur trois revers de suite dont une humiliante élimination prématurée en Coppa Italie face à Monza, a rapidement renversé la situation grâce à Rolando Mandragora, ancien joueur de la Fiorentina, puis Che Adams a donné un avantage supplémentaire aux visiteurs. Incapable de réagir alors qu’elle avait pourtant pris les devants, la Fiorentina s’est progressivement enfoncée dans la peur et l’impuissance.
Dans les tribunes du Franchi, la frustration a alors laissé place à une colère massive. Les sifflets ont accompagné chaque minute de la fin de rencontre et Fabio Grosso a été directement visé par la Curva Ferrovia, avec des chants réclamant bruyamment son départ. Le coup de sifflet final a ainsi déclenché une véritable explosion de mécontentement, à la hauteur de la désillusion provoquée par ce début de saison catastrophique.« Est-ce que je me sens encore capable de travailler ? Je m’en remets aux décisions de mes supérieurs. C’est dommage de perdre ce match, nous aurions pu faire tellement mieux, surtout en première mi-temps. Puis, en seconde période, nous avons débloqué le score et les choses ne tournent plus en notre faveur. Dès la première action, nous n’avons pas réussi à contrôler le match. Nous sommes très déçus, cette ambiance mérite un autre résultat», s’est lamenté Grosso sur DAZN. La scène qui a suivi résume presque à elle seule l’état de crise dans lequel se retrouve déjà la Fiorentina.
Après le coup de sifflet final, le stade Artemio-Franchi s’est transformé en tribunal, les supporters de la Viola conspuant copieusement leur équipe et surtout un Grosso désormais au cœur de toutes les critiques. L’entraîneur a tenté de se rapprocher du public avec ses joueurs, a brièvement applaudi les tribunes avant de rejoindre rapidement les vestiaires, laissant ses hommes subir seuls la bronca. Un contraste saisissant est alors apparu puisque les joueurs du Torino ont, eux, reçu une véritable ovation à leur retour aux vestiaires. Les supporters florentins ont également réservé un accueil chaleureux aux hommes d’Ignazio Abate, symbole des liens particuliers qui unissent les deux clubs. Mais le moment le plus fort est venu lorsque Rolando Mandragora, accompagné de Cristiano Biraghi, s’est avancé vers la Curva. L’ancien milieu de la Viola, pourtant buteur contre son ancien club, a été applaudi et célébré par un public qui lui a lancé des « Merci les gars » et un vibrant « Rolando, tu es l’un des nôtres ». La soirée aurait difficilement pu être plus cruelle pour Grosso. Battue une nouvelle fois après avoir mené au score, lanterne rouge avec zéro point et déjà contestée par ses propres supporters, la Fiorentina voit son énorme investissement estival se retourner contre elle. À peine lancé, le projet de Grosso ressemble déjà à une catastrophe industrielle.
ဖီအိုရင်တီနာ
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