L’OM sort d’un été qu’il sera difficile de comparer aux précédents. Alors que le club phocéen avait changé de structure avec l’arrivée de Grégory Lorenzi à la direction sportive et de Bruno Genesio sur le banc, l’ambition affichée a rapidement été rattrapée par les contraintes économiques. Placé sous surveillance de la DNCG et soumis à des contraintes financières importantes, l’OM a dû réduire drastiquement sa masse salariale et multiplier les départs afin de retrouver une trajectoire plus soutenable. Le club a ainsi perdu plusieurs joueurs majeurs de son effectif, notamment Mason Greenwood, Pierre-Emerick Aubameyang, Facundo Medina, Geronimo Rulli ou encore Quinten Timber, sans pouvoir leur trouver de remplaçants sur le marché. Une situation particulièrement inhabituelle pour une formation de ce standing, puisque Marseille a terminé le mercato estival sans enregistrer la moindre recrue. Grégory Lorenzi avait d’ailleurs reconnu publiquement que même une vente supplémentaire n’aurait pas forcément permis à l’OM d’enregistrer immédiatement une arrivée, plusieurs départs étant nécessaires pour libérer suffisamment de marge.

Et en ce sens, Bruno Genesio a dû revoir une partie de ses plans et surtout accepter de construire avec un groupe considérablement remanié. Le technicien français avait été choisi pour relancer le projet sportif olympien, mais il a rapidement compris que les impératifs économiques primeraient durant cette première période. Le dossier Igor Paixao a parfaitement résumé les difficultés rencontrées par Marseille. L’ailier brésilien était l’un des joueurs les plus convoités de l’effectif et représentait une potentielle rentrée financière considérable, alors même que son départ aurait encore affaibli un secteur offensif déjà largement amputé. L’OM a finalement réussi à le conserver après plusieurs semaines de discussions, une décision importante pour Genesio qui souhaitait préserver des joueurs capables d’apporter immédiatement des garanties sportives. Le nouvel entraîneur a également dû composer avec la situation de Pierre-Emile Højbjerg, dont le brassard de capitaine lui a été retiré au profit de Timothy Weah après une décision de la direction. Au moment de recevoir le Paris FC, Genesio pouvait donc enfin se concentrer sur le terrain avec un effectif désormais stabilisé, même s’il aurait souhaité disposer de davantage de solutions pour aborder les trois compétitions au programme.
Un été très fatiguant pour le staff marseillais
Invité par Ligue 1+ avant la réception du Paris FC, Bruno Genesio est revenu sans détour sur les coulisses de cet été particulièrement éprouvant. L’ancien entraîneur de Lyon et de Lille reconnaît avoir sous-estimé l’ampleur des difficultés financières rencontrées par l’OM lorsqu’il a accepté de rejoindre le club. Surtout, il rappelle que son inquiétude ne concernait pas uniquement le dossier Igor Paixao, mais l’ensemble des pertes enregistrées par l’équipe durant le mercato. Avec les départs de plusieurs cadres et l’absence totale de renforts, Genesio avait conscience du risque de voir son groupe perdre en compétitivité. Son rôle a été d’alerter sa direction et de défendre les intérêts sportifs du projet, avec une volonté claire de ne pas simplement accompagner une saison de transition. Il estime aujourd’hui avoir été entendu par Frank McCourt, propriétaire du club et principal décideur sur les grandes orientations de l’OM. « Je savais que la situation était compliquée mais je ne savais pas qu’elle allait être aussi difficile. Je ne savais pas qu’on allait pas recruter. C’est la première fois que je le vis. Aucun club français l’a vécu depuis 20 ans. Mais je suis maso. Paixao ? Pas que sur Igor. On a perdu nos deux meilleurs buteurs, on a perdu notre gardien, on a perdu Medina. Des joueurs d’expérience. Mon rôle était d’alerter. Je ne suis pas venu pour jouer le milieu de tableau. La chance que j’ai eu est que j’ai été entendu ici. Le propriétaire m’a entendu, c’est lui qui arbitre ».
L’autre sujet sensible abordé par Genesio concerne Pierre-Emile Højbjerg, dont la situation a animé l’été marseillais après la décision de lui retirer le brassard. Le milieu danois reste pourtant un élément majeur du vestiaire et conserve toute la confiance de son entraîneur, malgré les tensions apparues autour de son statut. Genesio avait déjà fait savoir qu’il n’était pas à l’origine de la décision de confier le capitanat à Timothy Weah et continue de considérer Højbjerg comme l’un des leaders de son groupe. À quelques heures du match face au Paris FC, le technicien a donc voulu calmer le jeu tout en rappelant qu’un vestiaire fonctionne aussi sur la confiance et le respect des prérogatives de chacun. « Hojbjerg ? Je ne sais pas s’il peut redevenir capitaine. Je n’ai pas la réponse. J’en ai pas reparlé depuis. Ce n’est pas le plus important. Cette décision concerne le terrain et doit être prise par le sportive mais ça a crée une relation avec le staff et Pierre. Pierre a encore pris la parole ce matin. Il reste important. Il reste un capitaine de l’équipe. Je suis calme et serein. J’ai du sang froid pour ce club. Mais il y a des limites si on franchit des limites. Si la confiance est respectée, ça se passe bien. Ancelotti m’avait dit pendant ma formation au Real Madrid qu’un bon entraîneur est un entraîneur qui sait gérer les conflits par consensus ». Au-delà du brassard, Genesio pose les bases de son fonctionnement avec son groupe, dans une saison où la cohésion sera particulièrement importante pour permettre à l’OM de dépasser les conséquences d’un mercato aussi particulier.
မာဆေး
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