Dans une ambiance chargée d’émotion à Francis-Le Blé, marquée par l’hommage rendu à Eric Roy décédé pendant l’été, le Stade Brestois accueillait le Paris Saint-Germain pour la fermeture de la 4e journée de Ligue 1. Forts de leur démonstration européenne au milieu de la semaine face au Slovan Bratislava (6-1), les Parisiens se présentaient en Bretagne avec une ligne d’attaque renouvelée, où Ferran Torres débutait en pointe aux côtés d’Ousmane Dembélé et Khvicha Kvaratskhelia.

Les hommes de Luis Enrique n’ont pas tardé à concrétiser leur belle entame. Dès la 5e minute, après un jeu en triangle amorcé par Joao Neves et prolongé d’une talonnade par Dembélé, Torres a ajusté Selvik d’une frappe à ras de terre des 20 mètres (0-1, 5e). Le PSG a ensuite insisté pour faire le break, mais le portier brestois s’est interposé devant Dembélé puis Kvaratskhelia (9e), avant de sortir une claquette décisive sur une frappe enroulée du Géorgien (23e). Brest a tenté de réagir avant la pause par Mboup, dont la tentative déviée a contraint Safonov à un bel arrêt réflexe (37e), quelques minutes avant la sortie sur blessure d’Achraf Hakimi (39e).

Safonov a écœuré Brest en seconde période

Au retour des vestiaires, la rencontre s’est emballée et le SB29 est clairement monté en température. Brest s’est procuré une balle d’égalisation sur une relance manquée de Nuno Mendes, mais le tir de Doumbia est venu percuter le poteau de Safonov (50e). Dans la foulée, un contre-son-camp de Locko a été annulé par l’arbitre pour une faute présente de Zaïre-Emery (52e), avant que Safonov n’effectue une manchette spectaculaire sur une tête rageuse de Doumbia (57e). Le dernier rempart breton Selvik s’est de son côté illustré en privant Neves du second but parisien sur un coup de tête (69e) puis sur une reprise en tacle au second poteau (71e).

Lors du dernier quart d’heure, Paris a montré légérement plus de choses avec les entrées de Désiré Doué et Maghnes Akliouche. Finalement, c’est encore Safonov qui a écoeuré un remuant Pathé Mboup (88e). Au terme d’un second acte rythmé par les offensives de Bretons farouches, le score n’a plus évolué. En sauvant la victoire à travers plusieurs parades, Matvey Safonov a été déterminant après des dernières semaines mouvementées pour lui. Cette victoire permet aux Franciliens de lancer leur saison avec une première victoire sans vraiment rassurer. De son côté, il s’agit de la première défaite de Brest cette saison. Les Bretons ont néanmoins été à la hauteur de l’hommage à Eric Roy.

L’Homme du match

- Safonov (8): si le PSG aura réussi à repartir de Francis Le-Blé avec un clean-sheet, c’est grâce à son gardien. En difficulté depuis le début de saison, le Russe aura multiplié les arrêts, avec notamment une très grosse parade avant la pause (37e). On l’a également vu réalisé une énorme manchette devant Doumbia (57e), avant un dernier arrêt reflèxe devant Mboup (88e). Un match XXL.

Stade Brestois 29

- Selvik (7): son début de rencontre est pourtant inquiétant, avec une relance manquée dès la première minute qui offre une occasion au PSG, puis une réaction peut-être un peu tardive sur la frappe à ras de terre de Ferran Torres qui ouvre le score à la 5e. Il se reprend immédiatement avec une superbe parade de la main opposée devant Ousmane Dembélé trois minutes plus tard. Beaucoup plus serein ensuite, il sécurise ses sorties et retrouve de la précision dans son jeu au pied, aussi bien court que long. Auteur de six arrêts, il se montre encore décisif à la 70e minute devant João Neves en parvenant à repousser le ballon sur sa ligne malgré un plongeon déclenché tardivement. Après cinq premières minutes compliquées, il aura complètement changé de visage pour maintenir Brest dans le match.

- Lala (6): fidèle à ses habitudes, il participe à la construction brestoise et apporte des solutions pour faire remonter son bloc, mais connaît davantage de difficultés défensives face à un Kvaratskhelia particulièrement remuant. Mis en difficulté sur certaines accélérations et dans les un contre un, il reste néanmoins concentré et évite de se livrer inutilement. Moins présent offensivement après la pause, il se consacre davantage à son travail défensif et s’appuie sur son expérience, son placement et sa vitesse pour mieux contenir son adversaire.

- Le Guen (6,5): solide dans les duels, il profite de son gabarit pour régulièrement prendre le dessus sur les attaquants parisiens. Beaucoup moins à l’aise balle au pied, il connaît davantage de déchet à la relance, à l’image de ses cinq dégagements en première période qui ne trouvent aucun partenaire. Il compense largement par son placement, ses contres et surtout ses qualités athlétiques. Sa vitesse fait la différence à la 71e minute avec un retour exceptionnel sur Ferran Torres, pourtant lancé seul vers le but, qu’il parvient à reprendre avant de contrer sa tentative. Encore perfectible dans l’utilisation du ballon, mais défensivement très solide.

- Lloris (6): à l’inverse de son partenaire de charnière, il se distingue surtout par sa qualité avec le ballon. Très propre à la relance, il affiche 100 % de passes réussies et permet à Brest de ressortir sereinement malgré le pressing parisien. Défensivement, il reste sérieux dans son placement et ses replis, toujours bien positionné devant son gardien pour fermer les espaces. Une prestation sobre et maîtrisée.

- Locko (7): très concentré et solide défensivement, il laisse peu d’espace à son vis-à-vis et impose également son impact physique dans les duels. Mais c’est surtout son apport offensif qui marque sa prestation : il multiplie les montées et les centres dangereux, particulièrement en seconde période lorsque Brest pousse davantage. Très entreprenant, il n’hésite pas non plus à rentrer dans l’axe pour se positionner comme un milieu supplémentaire et créer du surnombre dans les phases de possession. Son activité constante dans le couloir offre ainsi de nombreuses solutions à ses partenaires. Un match très complet, avec la même intensité défensive qu’offensive et une vraie influence dans le temps fort brestois. Il est remplacé par Bourgault (88e).

- Chotard (4,5): fautif sur l’ouverture du score parisienne, il manque complètement son renversement de jeu et offre au PSG la transition rapide qui amène le but. Plus en difficulté que son partenaire dans le double pivot, il souffre dans les un contre un et joue trop souvent latéralement ou vers l’arrière, sans prendre les risques nécessaires pour faire progresser Brest. Son activité ne compense pas ses difficultés : beaucoup de courses, mais un placement souvent approximatif et ce petit temps de retard qui permet aux milieux parisiens de prendre le dessus. Une soirée décevante, marquée par une erreur coûteuse et trop peu d’influence dans l’entrejeu. Il est remplacé par Tousart (78e).

- Magnetti (7): véritable moteur de l’entrejeu brestois, le capitaine ne compte pas ses efforts et avale les kilomètres des deux côtés du terrain. Défensivement, il vient constamment épauler sa ligne arrière, crée des prises à deux et se montre particulièrement précieux devant sa surface, où il multiplie les récupérations et les ballons contrés. À la récupération, il est également l’un des premiers à se projeter pour donner l’impulsion et permettre à son bloc de remonter. Solide dans les duelles et toujours disponible, il imprime le rythme par son activité incessante.

- Versini (6,5): très virevoltant sur son aile, il est l’un des rares Brestois capables d’apporter cette touche d’imprévisibilité pour désorganiser la défense parisienne. Sa vitesse, sa conduite de balle et son goût du un contre un font notamment souffrir Nuno Mendes, régulièrement mis en difficulté face à ses accélérations. Tout n’est pas encore parfaitement maîtrisé et certaines situations restent brouillonnes dans le dernier geste, mais son envie d’aller constamment vers l’avant est irréprochable. Pour une première titularisation en Ligue 1, il aura affiché beaucoup de personnalité et de culot face à un adversaire de ce calibre. Rattrapé par la fatigue, il est remplacé par Nonge (66e), beaucoup plus discret et moins dangereux dans son couloir.

- Doumbia (6,5): fidèle à son très bon début de saison, il est le véritable moteur du jeu brestois. Très libre dans son positionnement, il décroche pour organiser les sorties de balle, s’excentre pour provoquer et devient le joueur de son équipe qui touche le plus de ballons. Il est surtout le Brestois le plus dangereux : à la 49e minute, il profite d’une erreur parisienne mais ouvre trop son pied et trouve le poteau, avant de voir Safonov sortir une superbe parade sur sa tête à la 57e. Beaucoup de personnalité et de générosité pour faire avancer son équipe, mais il lui aura manqué l’efficacité pour récompenser sa prestation. Il est remplacé par N’Guessan (78e).

- Mboup (6): auteur de la première frappe brestoise dès la 10e minute, trop axiale pour inquiéter Safonov, il connaît ensuite une première période beaucoup plus discrète. Bien contenu par Hakimi et rarement trouvé dans son couloir gauche, il doit régulièrement dézoner pour toucher le ballon et, lorsqu’il le reçoit, joue trop souvent vers l’arrière pour réellement déstabiliser Paris. Son visage change après la pause : plus agressif et davantage recherché, il multiplie les courses offensives et devient nettement plus percutant. Il lui manque toutefois encore de la lucidité dans la dernière passe et de la précision dans ses tentatives pour concrétiser ses bonnes situations.

- Ajorque (6,5): précieux à la pointe de l’attaque brestoise, il donne le ton au pressing et multiplie les efforts pour gêner la première relance parisienne, même si tout n’est pas toujours parfaitement coordonné. Sa présence se fait également sentir dans les duels aériens, où il impose constamment un combat aux défenseurs du PSG. Très généreux, il n’hésite pas à redescendre pour participer au travail défensif avant de servir de point d’appui à la récupération. Dos au but, son jeu en pivot permet surtout à Brest de ressortir sous pression, de renverser vers les ailes et de faire remonter son bloc. Sans être décisif, il aura pesé par son volume de jeu et son importance dans presque toutes les phases brestoises.

Paris Saint-Germain

- Safonov (8): voir ci-dessus.

- Hakimi (non noté) : blessé et remplacé à la 40e minute par Ruiz (5,5) : le milieu espagnol a pris la place de Zaire-Emery dans l’entre-jeu, mais n’a pas réussi à dynamiser le milieu de terrain parisien. Il y a eu quelques bons décalages pour Dembélé et Kvaratskhelia, mais aussi quelques imprécisions techniques pour trouver ses partenaires. Il a néanmoins été important dans le temps fort des Brestois.

- Marquinhos (5,5) : devancé par Mboup au duel (26e), le capitaine parisien a tout de même été important dans les duels, notamment en seconde période (4 gagnés). Mais malgré les bonnes situations de Doumbia et Ajorque, le Brésilien a fait preuve de calme et de maîtrise technique pour garder la cage parisienne inviolée.

- Pacho (6) : à l’instar de Marquinhos, l’Équatorien a fait son match pour aider Safonov avec un total de 4 duels gagnés et 3 dégagements importants. Mais on retient surtout ce gros sauvetage au premier poteau in extremis (61e), alors qu’Ajorque s’apprêtait à reprendre.

- Mendes (4) : actif durant la première période et même placé haut sur le terrain pour aider ses partenaires offensifs, le Portugais a changé de visage au cours de la partie. Premièrement, avec cette terrible passe ratée directement sur Mboup, qui a trouvé le poteau (50e). Mais aussi dans les duels, puisqu’il s’est fait bouger à plusieurs reprises et notamment sur une percée de Versini (60e).

- Zaïre-Emery (4,5) : match assez difficile pour l’international français, qui a débuté dans l’entre-jeu avant d’être replacé côté droit après la sortie sur blessure d’Hakimi. Il a souvent été sollicité par Mboup, qui aura réussi à lui prendre le ballon dans les pieds (61e). Mais à part cette alerte, le polyvalent milieu de terrain parisien aura été propre. Remplacé par Dro (77e).

- Vitinha (5,5) : le Portugais a beaucoup cherché ses partenaires en première période, à l’image d’Ousmane Dembélé. Tout n’aura pas été juste pour lui, mais il aura créé de belles occasions comme ce bon centre vers son compatriote Joao Neves (65e). En revanche, il a eu du mal dans le temps fort breton, où il s’est fait bouger, avec un mauvais marquage qui a obligé Safonov à sortir le grand jeu (57e).

- Neves (6) : le Portugais a été très actif pour faire déjouer le bloc adverse, notamment lors de la première période où il a tenté de jouer vers l’avant pour trouver ses partenaires. Il aurait pu s’offrir le but du break, mais a manqué de précision (71e).

- Dembélé (7) : le Ballon d’Or en titre aura été l’élément offensif le plus remuant côté Parisien. On l’a vu jouer avec Torres pour combiner, à l’image de cette très belle remise pour l’ouverture du score de l’Espagnol. Il a aussi réalisé une belle percée avant la pause (45e+9). Moins en vue après la pause, il a été remplacé par Akliouche (66e), discret pour son entrée.

- Torres (7,5) : à la conclusion d’une superbe action collective pour l’un de ses premiers ballons, le Champion du monde a ensuite eu beaucoup moins d’opportunités pour faire grimper ses statistiques. Il aura beaucoup joué avec Dembélé et Kvara, sans réussir à faire la différence. Mais l’essentiel est assuré. Remplacé par Godts (77e).

- Kvaratskhelia (6) : auteur de quatre frappes ce soir, le Géorgien aura été tout proche d’ouvrir le score sur une belle enroulée (23e), parfaitement déviée par Selvik. Mais pour le reste, il aura manqué de justesse et aura parfois fait des erreurs dans ses choix. Il aura baissé de rythme au fil du match. Remplacé par Doué (66e), auteur d’une entrée timide.