La fronde commence à s’épaissir, et même sérieusement. Après les communiqués de l’UEFA, puis de la Concacaf ces dernières heures, c’est au tour de la Confédération asiatique (AFC) de rejeter le projet de la FIFA de créer une société commerciale pour vendre une minorité de parts et développer son potentiel économique. Celle-ci vient de publier un message où elle soutient ses homologues européennes, d’Amérique du Nord, du centre et des Caraïbes, affirmant vouloir «protéger la Coupe du monde». Gianni Infantino comptait notamment sur cet important contingent de pays pour mener son plan d’action à bien.

«L’AFC se joint à l’UEFA et à la Concacaf pour exprimer sa profonde inquiétude face à la proposition de la Fifa d’introduire des investissements privés dans ses compétitions phares et dans le processus décisionnel relatif au FFE. Le fait que la situation ait atteint un point tel que la possibilité réelle d’un boycott de la Coupe du monde de la FIFA fasse désormais l’objet d’un débat public devrait préoccuper tous ceux qui ont à cœur l’avenir de notre sport. Le football n’aurait jamais dû se retrouver dans une telle situation», affirme l’institution.
Infantino est maintenant en minorité
Elle en appelle à revoir la réflexion globale de la FIFA, estimant que les menaces de boycott sont suffisamment importantes «risquant de porter atteinte à l’unité et au caractère universel». C’est un réel coup dur pour le patron suisse de la FIFA. Il a besoin d’une simple majorité de voix des 211 fédérations pour approuver son projet et pensait les obtenir facilement, malgré le désaccord majeur et prévisible de l’UEFA. Les 55 membres européens ne sont pas assez nombreux pour bousculer l’ordre établi, mais avec l’aide de la Concacaf et désormais des 47 pays asiatiques, la bascule est train de s’opérer.
Au décompte, on retrouve 143 voix contre sur 211 d’après Sky Sports. La direction de la FIFA se retrouve en minorité et court un vrai risque pour la suite. Si elle est désapprouvée dans son projet, c’est l’élection de l’année prochaine qui pourrait lui échapper. La création de FIFA Forward Enterprise (FFE), la fameuse société commerciale dont une partie serait rachetée par des investisseurs privés proches de Donald Trump, est l’axe principal de la campagne électorale d’Infantino. Grâce aux retombées économiques projetées, il promet 40 millions de dollars à chaque membre pour le prochain cycle de quatre ans.
Les coups durs s’accumulent
Dans l’état actuel des choses, le plan de la FIFA ne passera pas, malgré l’existence de voix discordantes au sein des confédérations contestataires, à l’image du Mexique en Concacaf ou de la Tchéquie en zone UEFA. The Athletic évoquait déjà hier la position de plus en plus précaire d’Infantino. La majorité des membres de la Concacaf par exemple ont perdu confiance. The Times va même plus loin ce matin, après la prise de position officielle de l’AFC, affirmant qu’Infantino est «maintenant contraint de lutter pour son avenir». Il y a quelques minutes, Carlos Cordeiro, son conseiller principal, a même démissionné en signe de protestation contre les plans de son désormais ex-patron…
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