Depuis son arrivée au Real Madrid en 2023, Arda Güler a vécu les montagnes russes. Au départ, le Turc âgé de 19 ans à l’époque devait trouver sa place dans un vestiaire peuplé de stars ainsi que sur le terrain. Ses premiers pas ont été plutôt timides. Il faut dire qu’il n’a pas toujours eu l’opportunité de montrer ce qu’il avait dans le ventre puisqu’il a passé pas mal de temps sur le banc et à l’infirmerie. Au final, Carlo Ancelotti ne l’a utilisé qu’à 12 reprises. Un temps qu’il a mis à profit pour marquer 6 buts. Durant le mercato, certains médias ont évoqué la possibilité de l’envoyer en prêt afin qu’il engrange du temps de jeu. Mais le natif d’Ankara, qui a pu compter sur le soutien de Fede Valverde qui l’a pris sous son aile, est resté. Les Merengues ont décidé de continuer à avancer main dans la main avec lui.

De toute façon, Arda Güler et son entourage avaient fait savoir qu’ils n’avaient pas l’intention de partir. Un choix payant puisqu’il a eu un peu plus de temps de jeu lors de l’exercice 2024-25. En effet, il a été utilisé à 49 reprises (6 buts, 11 assists). L’international turc a évolué sous les ordres du Mister, mais aussi sous ceux de Xabi Alonso qui l’a dirigé durant 6 matches lors de la Coupe du Monde des Clubs (6 matches, 1 but et 2 assists). Conquis, le technicien espagnol en a fait l’un de ses titulaires par la suite. Ce qui a pu créer quelques remous dans le vestiaire où certains n’étaient visiblement pas du même avis. Qu’importe, le joueur de 21 ans a montré un visage plutôt séduisant, enchaînant les passes décisives et les buts. Un vrai pari gagnant de la part de Xabi Alonso.
De victime annoncée à indispensable
Malgré le départ de ce dernier, Güler a encore eu des occasions de jouer avec Alvaro Arbeloa, avant de manquer 5 rencontres en fin de saison en raison d’une blessure musculaire. Il a terminé l’année avec un bilan de 6 buts et 14 assists en 51 apparitions toutes compétitions confondues. Pourtant, en Espagne, on ne donnait pas cher de sa peau cet été. Si la presse turque a évoqué quelques intérêts ici et là, les médias ibériques s’inquiétaient beaucoup pour lui. Les arrivées de Bernardo Silva puis de Yan Diomandé devaient pratiquement le condamner selon plusieurs publications. Le Turc était annoncé comme la grande victime du mercato madrilène. Finalement, il n’en est rien. On peut même dire que le Turc, dont la polyvalence est un véritable plus, est le grand gagnant de l’été.
Tout d’abord, il affiche un bon état de forme et apporte clairement à l’équipe de José Mourinho quand il est sur le terrain. Pour le moment, le Special One a fait appel à lui à 5 reprises (227 minutes de jeu), dont 3 fois en tant que titulaire. Le Turc a parfaitement répondu avec 1 but et 2 assists, dont la dernière face au Rayo Vallecano le week-end dernier. Le milieu de terrain offensif est notamment utilisé en tant qu’ailier droit. Une option qui porte ses fruits puisqu’il est à l’aise dans cette position, lui qui a notamment une excellente relation avec Kylian Mbappé. Cela permet à Mourinho de ne pas se passer de ses qualités techniques ou encore de sa vision de jeu. Outre ses talents, Arda Güler profite aussi du fait que ses concurrents ne sont pas (encore) au top.
La concurrence n’a qu’à bien se tenir
Samedi, il a remplacé Yan Diomandé, qui était titulaire et qui n’a pas brillé. En un peu plus de 20 minutes, il a fait du bien aux siens et du mal à ses adversaires. Il a délivré une passe décisive pour KM10. Après le coup de sifflet final, Mourinho s’est montré très satisfait de son joueur. « Arda… il est très bon, et évidemment qu’il apporte beaucoup. il a énormément de qualité et une influence positive sur le jeu de l’équipe. Quand il est entré, il a fait la différence.» Lundi en conférence de presse, le Portugais a de nouveau été questionné au sujet du Turc, qui montre clairement qu’il aura son mot à dire cette saison. «Il y a des personnes plus qualifiées que moi pour parler de son évolution. Des personnes qui sont là depuis son arrivée et sa transformation physique.»
Il poursuit : « mais pour moi, sa qualité de jeu est incroyable : sa vision, ses prises de décision, sa capacité à créer du jeu, la stabilité qu’il apporte à l’équipe, sa créativité… À mes yeux, c’est un joueur au potentiel fantastique qui affiche déjà des statistiques impressionnantes. Bien sûr, nous effectuons des analyses plus poussées que le simple nombre de passes décisives et de buts. C’est un joueur qui a une influence considérable. Comme vous l’avez dit, je n’oserais peut-être pas répéter trois fois "au top", mais nous en sommes certainement déjà très proches.» Dans un groupe rempli de stars, Arda Güler s’impose clairement comme l’un des joueurs les plus impressionnants en ce début de saison. Il pose de vrais maux de tête au staff, qui doit jongler entre tout le monde et donner du temps de jeu aux recrues.
Un bon "problème" pour Mourinho
Mais avec un Turc à ce niveau de forme et de confiance, la concurrence a du souci à se faire. En Espagne, la presse sportive, réputée pour être tranchante, a choisi son camp. AS écrit à son sujet : «Güler, le premier casse-tête. Grâce à lui, le Real Madrid a repris le contrôle du match. En seulement 23 minutes, il a offert la passe décisive pour le quatrième but… et bien plus encore. Il est en tête de la Liga au nombre d’occasions créées par 45 minutes de jeu. Son toucher de balle exceptionnel lui vaut une place de titulaire indiscutable.» Marca est d’accord. «L’état de grâce de Güler alimente le débat. Le Turc a révolutionné le Bernabéu en 23 minutes contre le Rayo, avec une prestation qui relance la question de son statut de remplaçant et confirme qu’il traverse actuellement sa meilleure période sous le maillot blanc.»
Marca poursuit : «le débat est plus vif que jamais, car Güler est devenu indispensable à l’équipe. C’est un joueur à part, qui évolue actuellement au sommet de sa forme depuis son arrivée à Madrid et qui, avec Bernardo Silva, est peut-être le joueur le plus talentueux de l’effectif. À ce stade, se passer du Turc serait presque une faute.» José Mourinho sait qu’il devra bien gérer son cas, mais aussi la concurrence au milieu comme sur l’aile droite, où Güler bataille avec Diomandé, Endrick, Brahim Diaz sans compter Rodrygo, toujours blessé. Pour le moment, il montre à tout le monde qu’il est très difficile de se passer de lui. En trois ans, Arda Güler, dont la simplicité et le côté anti-star sont loués, est passé par tous les états dans le roller coaster qu’est le Real Madrid. Actuellement, il semble sur la partie la plus haute.
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