Devenu l’année dernière face à Tottenham le premier club français à remporter la Supercoupe d’Europe (2-2, 4-3 aux t.a.b.), le Paris Saint-Germain a de nouveau affirmé sa domination (au prix de quelques frayeurs) ce mercredi face à Aston Villa (2-1). Cette rencontre européenne marquait les grands débuts de Maghnes Akliouche sous le maillot parisien, avec à la clé une place de titulaire, mais aussi le retour à la compétition de plusieurs champions d’Europe (Hakimi, Zaïre-Emery, Doué…).

Sans le moindre galop d’essai collectif dans les jambes avant ce rendez-vous, les titulaires parisiens ont confirmé l’adage selon lequel l’appétit venait en mangeant, et qu’ils avaient cette année encore la ferme intention de ne laisser aucune miette à la concurrence. Reparti sur des bases affamées, Kvaratskhelia concrétisait la période de maîtrise de son équipe en déclenchant une frappe surpuissante sous la barre de Bizot (20e, 1-0). C’était le premier but parisien de cette saison 2026/2027.
Doué fait la différence
Paradoxalement, les hommes de Luis Enrique allaient traverser un long tunnel derrière, mangés et étouffés par l’intensité des Anglais, bien plus en jambes et avancés dans leur préparation. A plusieurs reprises, la puissance de l’ancien Messin Brian Madjo allait mettre à mal un Pacho à la peine physiquement, et souvent dépassé dans l’impact. En exploitant mieux ses opportunités, l’attaquant de 17 ans aurait même pu boucler sa partition avec deux ou trois buts. Il avait d’abord trop piqué sa tête en étant seul aux huit mètres (28e), avant de gâcher trois autres grosses situations (35e, 41e, 44e). Mais la réussite sourit aux plus déterminés et c’est lui égalisait sur un centre téléguidé de McGinn, après avoir encore tourmenté Pacho (45e, 1-1).
A la pause, Luis Enrique sortait un Maghnes Akliouche assez timide, peinant à se rendre disponible et à s’intégrer aux circuits de passes parisiens pour sa première. Ousmane Dembélé effectuait, lui, sa première apparition de la saison, mais c’est bien des pieds de Désiré Doué que la différence allait se faire. Lancé dans le dos de la défense anglaise, l’international tricolore pénétrait dans la surface et ajustait Bizot d’un plat du pied gauche (61e, 2-1). Il était d’abord signalé hors-jeu, avant intervention du VAR. En parallèle, Safonov s’employait à plusieurs reprises, Zaïre-Emery sauvait un but d’un tacle courageux, tandis qu’Achraf Hakimi dévorait son couloir comme s’il avait une préparation complète derrière lui. Une nouvelle fois, cette équipe parisienne a prouvé qu’elle avait du caractère lorsqu’elle était bousculée. Et elle a rappelé qu’à la fin, c’était elle qui gagnait.
- l’homme du match : Désiré Doué (6,5) : de retour à la compétition il y a deux jours, Désiré Doué a semblé à court de rythme, peu inspiré et dans le dur physiquement dans le premier acte. Sa première période a été très compliqué avec quasiment aucune différence faite ni aucune occasion marquante. On pensait alors qu’il allait être remplacé dès la mi-temps mais Luis Enrique a préféré sacrifier Akliouche. Un choix payant puisque Désiré Doué, fixé à droite, sur son côté préférentiel, a été plus en jambes et s’est offert le but du 2-1 (60e) avec beaucoup de sang froid. Libéré et plus à l’aise, il a fini très fort avec un renouveau physique et une fraîcheur technique utile pour son équipe. Remplacé par Mayulu (88e).
PSG
- Matvey Safonov (6,5) : le portier russe, même quand son équipe subissait, n’avait pas grand chose à faire dans un premier temps. Puis il s’est montré. Une soirée très rassurante pour le portier russe, qui a longtemps maintenu le PSG dans le match lorsque les Parisiens ont commencé à subir les assauts d’Aston Villa. Il réalise notamment une magnifique parade sur une frappe de McGinn, déviée au passage par Nuno Mendes, avant de s’imposer des poings devant Hemmings quelques minutes plus tard sur une frappe puissante ou encore devant Alison, Majdo et Abraham. Solide dans ses interventions, il a répondu présent dans les moments où son équipe était la plus en difficulté.
- Achraf Hakimi (6) : plutôt actif dans son couloir droit, où il a régulièrement tenté d’apporter le surnombre avec ses montées. Il a toutefois manqué de justesse dans le dernier geste et dans certaines transmissions, avec un déchet technique important. Un manque de rythme assez logique pour un joueur qui reprenait à peine la compétition, mais qui l’a empêché d’avoir son influence habituelle sur le jeu parisien. Mais sur le plan purement physique, le Marocain a encore été impressionnant avec une grosse débauche d’énergie jusqu’au bout.
- Marquinhos (5) : compliquée dans l’impact physique, notamment face à Madjo qui l’a régulièrement mis en difficulté dans les duels. Le capitaine parisien a néanmoins su compenser ses difficultés athlétiques par son expérience et son placement, en essayant d’anticiper les déplacements adverses et de couper certaines situations dangereuses. Plus rassurant par sa lecture du jeu que par sa capacité à répondre dans les duels.
- Pacho (4) : le défenseur équatorien s’est fait complètement malmené par Madjo dans le duel. Le jeune attaquant anglais lui en a fait voir de toutes les couleurs et Pacho a semblé dépassé sur tous les aspects. Sur le but de Madjo, il défend très mal sans prendre l’information et l’Anglais aurait pu finir avec 3 buts en première période. Au retour des vestiaires, il a semblé plus inspiré, bien aidé par la maitrise parisienne.
- Nuno Mendes (4) : le latéral gauche portugal a eu beaucoup de mal défensivement sur ce match. Ce soir, sur son couloir, il a évidemment apporté offensivement avec plusieurs montées intéressantes même s’il a manqué de précision dans le dernier geste. Mais pour le reste, il a laissé bien trop d’espaces et de temps aux attaquants adverses et toutes les occasions d’Aston Villa (elles ont été nombreuses) sont passées par son côté. C’est sur un énième centre de McGinn depuis son côté que Majdo a égalisé. Epuisé et dans le dur physiquement, il a cédé sa place à Lucas Hernandez (75e).
- Vitinha (5,5) : moins rayonnant que d’habitude avec le ballon, notamment dans sa capacité à casser les lignes et à donner du rythme aux offensives parisiennes. Il a parfois semblé manquer de solutions autour de lui et n’a pas pesé autant qu’à son habitude dans la construction. Il a néanmoins conservé sa qualité technique, avec peu de déchet et une volonté constante de jouer juste, même dans une rencontre où le PSG a beaucoup souffert en première période. Il a aidé en seconde période par sa maitrise technique.
- Joao Neves (5) : une prestation intéressante dans l’activité et le volume, même s’il a parfois été moins en vue que certains de ses partenaires dans la construction. Le Portugais a beaucoup travaillé pour accompagner les phases de possession mais aussi pour tenter de récupérer rapidement le ballon lorsque le PSG le perdait. Dans une rencontre où Aston Villa a imposé davantage d’impact physique après la demi-heure de jeu, son activité au milieu a été précieuse pour permettre au PSG de conserver un minimum de maîtrise. Remplacé par Fabian Ruiz (75e).
- Zaire-Emery (6) : le jeune milieu français a montré pourquoi il était si précieux au PSG. S’il a semblé moins impactant que d’habitude avec le ballon, sa grosse débauche d’énergie lui a permis de soulager complètement son équipe. Il a été l’auteur de plusieurs interventions décisives avec notamment un tacle ravageur devant Joao Gomes qui était à bout portant (75e). Il a terminé très fort avec une montée en puissance physique qui a fait du bien aux siens. C’est le seul parisien arrivé en début de semaine à avoir joué tout le match avec Hakimi.
- Akliouche (4) : premier match et première titularisation pour l’international français sous ses nouvelles couleurs. Tout juste avec sa nouvelle équipe, Akliouche a manqué encore un peu de jus physiquement et d’une maitrise tactique du système de Luis Enrique pour s’illustrer pleinement. Peu trouvé, même s’il a eu des séquences intéressantes avec des décalages bien senti, il a cédé sa place dès la mi-temps à Ousmane Dembélé (6). Entré à la mi-temps dans un rôle de faux 9 qu’il maîtrise désormais parfaitement, il a rapidement apporté davantage de fluidité au jeu parisien. Passeur décisif, il a surtout été précieux dans ses déplacements et sa capacité à décrocher, permettant à ses partenaires, notamment Désiré Doué, de bénéficier de plus d’espaces et de se retrouver dans de bonnes conditions. Il a toutefois manqué de précision dans l’exploitation de certaines situations, notamment lorsqu’il a pu profiter d’espaces intéressants. Une entrée globalement très convaincante, avec une vraie influence sur le visage du PSG.
- Doué (6,5) : voir ci-dessous.
- Kvaratskhelia (6) : le Géorgien était probablement le joueur avec le plus de rythme puisqu’il avait repris l’entraînement il y 15 jours après un long mois de vacances. Et sur le début de rencontre, cela s’est remarqué puisqu’il a fait la différence et même trouvé la faille (20e). Un but qui a confirmé ses bonnes premières minutes. Mais par la suite, il a peu à peu disparu des radars et ne s’est plus montré dangereux. Mais il n’a pas compté ses efforts sur son couloir. Remplacé par Beraldo (88e).
Aston Villa
- Bizot (5) : quelle première période paradoxale pour le portier néerlandais. Choisi par Unai Emery pour garder les cages d’Aston Villa en l’absence d’Emiliano Martínez, l’ancien gardien de Brest a d’abord vécu une entame plutôt tranquille, se contentant notamment de capter un centre de Nuno Mendes dans les dix premières minutes. Il a ensuite sorti le grand jeu à la 19e minute avec un réflexe exceptionnel sur une frappe de Doué, maintenant les siens dans le match. Malheureusement pour lui, il n’a rien pu faire une minute plus tard face à Khvicha Kvaratskhelia, qui l’a crucifié d’une frappe d’une puissance folle (1-0, 20e). Une première période où il a donc été peu sollicité, mais où il a déjà dû sortir un arrêt de très haut niveau. Ensuite, il a encaissé le but du 2-1 face à Doué, imparable (61e).
- Maatsen (5) : l’ancien joueur de Chelsea va sans doute devenir un titulaire indiscutable cette saison après le départ de Lucas Digne, malgré l’arrivée imminente de Ruggeri. Aligné sur le couloir gauche face à Maghnes Akliouche, le Néerlandais a d’ailleurs parfaitement lancé sa rencontre. Dès la 3e minute, il a réalisé un joli slalom dans la défense parisienne, provoquant un corner, avant de stopper nettement Désiré Doué deux minutes plus tard. Une soirée particulièrement convaincante, où il a affiché beaucoup d’activité et de personnalité face à l’armada parisienne.
- P.Torres (4,5) : placé à gauche de la défense centrale, l’Espagnol a dû gérer un duel permanent avec Maghnes Akliouche, particulièrement actif dans le pressing. Le Parisien a régulièrement alterné entre une position très large à droite et un rôle de faux numéro neuf, dans un registre qui rappelle celui d’Ousmane Dembélé lorsqu’il est titulaire. Torres a donc surtout dû rester attentif aux déplacements du jeune Parisien et gérer ses nombreux changements de position, dans une première période où il n’a pas été particulièrement mis en difficulté. Il a été averti après une faute à la 51e, avant d’être bien trop laxiste en seconde période, à l’image de son manque d’agressivité sur le but de Doué. Il a été remplacé par Mings à la 79e.
- Lindelöf (5) : replacé en défense centrale après avoir évolué une grande partie de la saison dernière au milieu de terrain, le Suédois composait la charnière avec Pau Torres. Il n’a absolument rien pu faire sur l’ouverture du score, et a davantage été spectateur du premier acte, le PSG ayant choisi d’évoluer sans véritable avant-centre de métier. Il a devancé Dembélé à la 54e, sur un service de Kvara. Une soirée finalement assez calme pour l’ancien défenseur de Manchester United, qui n’a que très peu eu à intervenir directement.
- Cash (4) : il savait qu’il allait souffrir face à l’un des meilleurs ailiers de la planète, mais Matty Cash a tout simplement passé sa première période à courir derrière Kvaratskhelia. L’international polonais, cadre de cette équipe d’Aston Villa, a subi les appels incessants du Géorgien et a souvent été contraint de défendre en reculant. Kvara a multiplié les appels dans son dos et a fini par faire la différence sur l’ouverture du score. Une première période particulièrement compliquée pour Cash, qui n’a jamais réellement réussi à contenir son vis-à-vis. Il est coupable sur le but du 2-1 du PSG : très loin de l’action, c’est lui qui couvre le hors-jeu sur l’appel en profondeur de Désiré Doué.
- Kamara (5) : de retour après une lourde blessure la saison passée, l’ancien Marseillais retrouvait ce soir son ennemi juré, le PSG, au cœur de l’entrejeu. Face au trio Vitinha-Neves-Zaïre-Emery, il a surtout cherché à tenir sa position et à résister au jeu de possession parisien. Plutôt tranquille en début de rencontre, il a même tenté sa chance de loin dès la 20e minute, sans trouver le cadre. Une première période sérieuse dans l’impact, mais où il a forcément eu du mal à peser face à la maîtrise technique du milieu parisien. Il a été remplacé par Bogarde à la 73e.
- Gomes (5) : recruté cet été en provenance de Wolverhampton pour compenser les départs de Youri Tielemans et Douglas Luiz, le milieu brésilien formé à Flamengo avait une lourde responsabilité pour sa première grande soirée avec Aston Villa. Il a montré ses qualités dans les phases défensives, notamment grâce à son agressivité et à son côté très rugueux, mais son influence est restée bien trop limitée dans le reste du jeu. Une première période où il a davantage subi le rythme parisien qu’il ne l’a imposé. Il a écopé d’un carton jaune à la 65e suite à un vilain geste sur Mendes. Il a été remplacé par Gomes à la 79e.
- Buendía (4) : fantomatique ce soir. Pourtant héros d’Aston Villa lors de la finale de la Ligue Europa quelques mois plus tôt, l’Argentin était attendu comme l’un des principaux dépositaires du jeu des Villans. Pourtant, il a complètement disparu des radars face à Achraf Hakimi. Lui qui aime habituellement poser le pied sur le cuir et permettre à son équipe de conserver la possession a été largement surclassé par le milieu de terrain parisien ce soir.
- McGinn (6) : capitaine et véritable cadre d’Aston Villa avec plus de 300 matches sous le maillot du club, l’Écossais était positionné sur le couloir droit de l’attaque. Et quelle première période compliquée pour lui. Il a perdu la majorité de ses duels face à Nuno Mendes et a semblé constamment en retard sur le Portugais. À la 37e minute, il s’est même montré beaucoup trop tranquille : Mendes l’a devancé très largement pour remporter un nouveau duel. Il a néanmoins sauvé son premier acte avec un superbe centre à la 45e minute pour Madjo, qui a su égaliser (1-1). Il a même failli mettre les siens devant à la 50e, mais Safonov a repoussé son tir. Il a été remplacé par Alysson à la 73e.
- Hemmings (3) : révélé la saison passée, le jeune milieu de 19 ans vivait lui aussi une soirée particulière en étant titularisé un cran plus bas que Madjo. Malgré une qualité technique supérieure à la moyenne, il a livré un premier quart d’heure extrêmement décevant, à l’image de sa très mauvaise transmission à la 19e minute. Il a ensuite complètement manqué une occasion franche à la 34e, venant confirmer une première période très compliquée. Beaucoup trop imprécis et sans véritable impact encore en seconde période, le jeune Villan est passé à côté de son rendez-vous.
- Madjo (6) : quelle première mi-temps pour le jeune attaquant de 17 ans ! Recruté cet été en provenance de Metz, il disputait ce soir sa grande première avec Aston Villa et a d’abord semblé dépassé par l’intensité du très haut niveau. Battu à deux reprises dans ses duels avec Pacho, il a aussi complètement manqué une première occasion à la 35e minute, avant de rater une nouvelle fois sa tête sur un centre de McGinn (41e). Mais malgré ces difficultés, il n’a jamais cessé de monter en puissance. Après avoir trouvé le poteau de Safonov à la 44e minute, il a finalement été récompensé dans les dernières secondes de cette première période : parfaitement trouvé sur un nouveau centre, il a pris le dessus sur Pacho dans le duel et a parfaitement conclu du pied gauche pour égaliser. À seulement 17 ans, il a été maladroit par moments, mais il a surtout montré un caractère et un talent assez impressionnants pour son âge. Il a été remplacé par Tammy Abraham à la 71e.
Астон Вилла
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