Dans les dernières heures du mercato, le dossier Lamine Camara a enflammé le marché de la Ligue 1, au même titre que celui de Malick Fofana. Alors qu’un accord total avait été trouvé peu après 22h, l’opération a finalement capoté à la surprise générale. Si Thiago Scuro a livré sa version des faits en conférence de presse ce mercredi, différents protagonistes de l’histoire révèlent une réalité quelque peu différente. Retour sur la journée de mardi, théâtre d’un scénario complètement fou aux multiples rebondissements.

Lamine Camara sur le départ, Chelsea joue sur deux tableaux
Mardi matin, tout semblait pourtant commencer normalement au centre d’entraînement de La Turbie. Lamine Camara était bien présent dans les locaux de l’AS Monaco, partageant le petit-déjeuner avec ses coéquipiers avant de prendre part à la séance collective. Mais dans la tête du milieu international sénégalais en contact avec Chelsea depuis plusieurs jours, la décision était prise depuis longtemps : il voulait quitter le Rocher. Une volonté fermement exprimée à Thiago Scuro, parfaitement au courant des intentions de sa pépite depuis plusieurs jours.
Pourtant, en milieu de journée, la direction monégasque s’impatientait face au silence radio des Blues et prenait l’initiative de relancer le club londonien. Pour cause : en sous-marin, Chelsea travaillait d’arrache-pied depuis trois jours sur la piste menant à Manu Koné, devenu sa priorité dans l’entrejeu. Passé au second rang des cibles britanniques, le dossier Camara tournait au ralenti. Mais lorsque les négociations pour Koné ont commencé à prendre du plomb dans l’aile, la direction londonienne s’est rabattue en urgence sur le Monégasque.
Enchères, coup de pression et quiproquo
Chelsea est alors revenu à la charge avec une première offre formelle de 45 millions d’euros envoyée sur la table des dirigeants princiers, immédiatement balayée par Thiago Scuro. Ambitieux et bien décidé à profiter de la panique du dernier jour de marché pour réaliser une vente record, le dirigeant brésilien réclamait une somme de 70 millions d’euros. Une seconde proposition londonienne, avoisinant les 55 millions d’euros, a subi le même sort, essuyant un nouveau refus ferme du board monégasque.
Face à cette gourmandise jugée démesurée, le clan Camara a décidé d’intervenir. Les agents du joueur sont montés au créneau auprès du dirigeant monégasque pour exprimer leur sidération. Droit dans ses bottes, Scuro a alors feint la surprise, affirmant qu’il ignorait les envies de départ du Sénégalais et que ce dernier ne lui en avait jamais parlé directement. Un argument aussitôt balayé par l’entourage du joueur, qui lui a vivement rafraîchi la mémoire en lui rappelant que Lamine Camara lui avait pourtant signifié ses intentions de vive voix.
Le billard à trois bandes avec Balogun et la volte-face de Scuro
Pendant que la tension montait d’un cran autour de Camara, un autre dossier brûlant agitait les coulisses monégasques : le départ potentiel de Folarin Balogun vers Everton. Lorsque les discussions pour l’attaquant américain ont commencé à se compliquer sérieusement, Thiago Scuro a soudainement changé de posture. Craignant de manquer sa grosse vente estivale, le dirigeant princier a recontacté en urgence les dirigeants de Chelsea pour savoir si leur offre de 55 M€ pour Lamine Camara était toujours valable.
Devant la réponse positive des Blues, Scuro a enfin lâché du lest et a fini par accepter de laisser filer l’international sénégalais en Premier League. Il était aux alentours de 22h. La machine s’est alors emballée pour finaliser les documents tripartites dans le temps imparti. Mais alors qu’une simple signature de l’AS Monaco aurait permis d’obtenir un délai supplémentaire précieux (un deal sheet) auprès des instances pour boucler la paperasse administrative, Thiago Scuro a subitement disparu des radars.
Malgré les relances incessantes des différentes parties, le dirigeant princier est resté totalement muet, refusant de signer sa partie du contrat. La raison de ce soudain revirement de situation ? Le dénouement du dossier Balogun. Une fois le transfert de l’attaquant vers Everton définitivement tombé à l’eau, Scuro est sorti de son silence pour annoncer la douche froide à Chelsea : Monaco faisait machine arrière et refusait de libérer Lamine Camara.
Stupeur à Londres, malaise en Principauté
Du côté de Chelsea, cette soudaine volte-face a provoqué la stupeur et une immense colère comme l’a d’ailleurs expliqué la presse anglaise ce matin. En interne, l’AS Monaco pourrait elle aussi regretter amèrement d’avoir tiré un trait sur un chèque de 55 millions d’euros, une manne financière considérable au vu de la conjoncture économique actuelle du club de la Principauté.
Une chose est sûre : cet épisode rocambolesque laissera de profondes traces. Contrairement aux déclarations de Thiago Scuro face à la presse ce mercredi assurant que le joueur n’avait jamais réclamé son bon de sortie, le Sénégalais voulait bel et bien rejoindre Stamford Bridge. La relation entre le joueur, son entourage et la direction sportive monégasque s’annonce particulièrement glaciale pour les semaines à venir. Quant au joueur, étincelant face à l’OM ce dimanche, il va devoir digérer et se remettre en selle très rapidement. Reste à savoir s’il sera dans de bonnes dispositions psychologiques pour la rencontre de vendredi soir face au PSG au Parc des Princes…
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