Le Championship n’a décidément plus grand-chose d’une deuxième division sur le marché des transferts. Alors que ses clubs avaient déjà déboursé environ 324 millions d’euros cet été, l’arrivée d’Anel Ahmedhodžić en provenance de Feyenoord a fait grimper l’addition autour de 331 M€. Un chiffre colossal qui place le deuxième échelon anglais au sixième rang des championnats les plus dépensiers du mercato, derrière la Premier League (2,48 milliards d’euros), la Serie A (930 M€), la Liga (605 M€), la Bundesliga (590 M€) et la Ligue 1 (495 M€). Surtout, le Championship devance désormais largement plusieurs premières divisions : la Süper Lig turque (276 M€), la Saudi Pro League (235 M€), le championnat portugais (231 M€) ou encore la Jupiler Pro League belge (126 M€).

Un modèle économique unique en Europe
Et à titre de comparaison avec notre pays, les clubs de Ligue 2 n’ont investi qu’environ 25 M€. Cette puissance financière s’explique en grande partie par l’écosystème unique du football anglais, assure The Guardian. Les clubs fraîchement relégués de Premier League bénéficient notamment des "parachute payments", destinés à amortir le choc économique d’une descente. Lors de leur première saison en Championship, ces formations peuvent percevoir l’équivalent d’environ 55 % de certains revenus audiovisuels de Premier League, soit une manne considérable. À cela s’ajoutent le contrat de diffusion de l’EFL avec Sky Sports et les "solidarity payments" versés par la Premier League. Un environnement financier sans véritable équivalent parmi les autres deuxièmes divisions européennes.
En plus de cela, certains actionnaires n’hésitent pas à injecter des capitaux, tandis que les clubs anglais profitent d’un marché domestique où les joueurs peuvent être valorisés à des montants considérables. Les ventes permettent ainsi de financer de nouvelles opérations et d’entretenir cette circulation massive d’argent. Résultat, le Championship peut attirer des joueurs à des tarifs normalement associés à l’élite européenne. Burnley a par exemple investi autour de 24 M€ sur Florentino Luís, tandis que West Ham a recruté Arne Engels (25 M€) et Middlesbrough a obtenu Will Lankshear pour 12 M€. Des montants pratiquement inimaginables pour la majorité des clubs de deuxième division sur le continent.
316 millions de dépenses en plus que la Ligue 2
Et pour les clubs habitués à faire l’ascenseur, une promotion dans l’élite anglaise peut représenter un jackpot supérieur à 234 M€ en cumulant les nouveaux revenus audiovisuels et commerciaux. Une perspective suffisamment lucrative pour pousser les propriétaires à prendre des risques importants afin de construire un effectif capable de monter. Cette course à l’armement a toutefois son revers : les masses salariales sont considérables et les clubs qui échouent plusieurs saisons consécutives peuvent rapidement se retrouver fragilisés, à l’instar de Leicester City par exemple, déjà mal embarqué en League One après avoir connu le succès en Premier League.
Middlesbrough mène la danse avec près de 45 M€ investis, suivi de près par Stoke City, Southampton, les Wolves et Burnley, tous situés entre 25 et 30 M€. West Ham complète ce top 6 grâce notamment à l’arrivée d’Arne Engels, même si les Hammers ont surtout brillé par leurs ventes massives. Avec désormais environ 341 M€ investis, en comptant la prochaine arrivée de Jacques Ekomé, qui est sur le point de quitter Angers pour Wrexham, contre environ 10 M€, le Championship fait donc mieux sur ce mercato que des championnats de première division disposant pourtant d’une exposition européenne. La comparaison avec les 25 M€ de la Ligue 2 permet d’accentuer le monde d’écart entre la France et l’Angleterre, mais le phénomène dépasse largement le football français, car seuls les cinq grands championnats européens dépensent actuellement davantage que la D2 anglaise.
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