De champion d’Angleterre en 2016 à pensionnaire de troisième division dix ans plus tard, la chute de Leicester semble ne plus avoir de fin. Après sa nouvelle relégation, le club espérait profiter de son passage en League One pour repartir immédiatement de l’avant. C’est pour l’instant tout l’inverse. Leicester ne compte que cinq points après cinq journées et occupe la 17e place sur 24. La victoire contre Plymouth (2-0) avait pourtant offert une première éclaircie, rapidement effacée par l’humiliation subie contre Oxford (0-4) au King Power Stadium ce week-end. Après la rencontre, Russell Martin a parlé d’un « vrai signal d’alarme » et regretté le manque « d’intensité », « d’agressivité » et « d’énergie » de son équipe. « Nous avons détruit toute l’énergie que nous avions construite et maintenant, nous devons la reconstruire », reconnaissait l’entraîneur des Foxes. Une sortie forte alors que Leicester a également déjà été éliminé de la Carabao Cup par Ipswich (3-1).

Pourtant, Leicester avait largement renouvelé son effectif pour retrouver rapidement le Championship. Quatorze joueurs sont arrivés cet été, mais cette reconstruction s’est accompagnée de nombreux départs, parmi lesquels Harry Winks et Abdul Fatawu, tandis que Stephy Mavididi a été prêté. Russell Martin doit donc créer des automatismes avec un groupe profondément remanié. Mais les difficultés actuelles ne peuvent pas uniquement être attribuées à ce chantier. Le modèle qui avait permis à Leicester de s’installer parmi les meilleures équipes anglaises s’est progressivement déréglé. Pendant plusieurs années, les Foxes avaient excellé en recrutant des joueurs à fort potentiel avant de les revendre très cher, comme Kanté, Mahrez, Maguire, Chilwell ou Fofana. À partir de 2021, les investissements ont continué sans que les résultats sportifs et les ventes ne suivent au même rythme. La première relégation de 2023 a ensuite considérablement réduit les revenus. Leicester est remonté immédiatement, avant de connaître deux nouvelles descentes et de se retrouver aujourd’hui en League One.
Un modèle sportif et financier qui s’est effondré
La chute est aussi financière. Selon la BBC Sport, Leicester a accumulé environ 435 millions d’euros de pertes depuis 2019. Le club avait même anticipé une partie de ses futurs revenus pour obtenir des financements, alors que son fonctionnement restait longtemps celui d’une formation de Premier League. La descente en League One rend forcément l’équation encore plus compliquée avec des revenus télévisuels considérablement réduits. La sanction de six points infligée la saison dernière pour avoir enfreint les règles financières de l’EFL avait déjà montré l’ampleur du problème. Leicester paie donc aujourd’hui plusieurs années durant lesquelles son train de vie et ses performances sportives ont progressivement cessé d’avancer au même rythme. Une situation bien éloignée du club champion d’Angleterre en 2016, quart de finaliste de Ligue des Champions en 2017 et vainqueur de la FA Cup en 2021.
Même l’avenir de King Power à Leicester est désormais incertain. La famille Srivaddhanaprabha possède le club depuis 2010 et restera associée à la plus belle période de son histoire, mais les relégations successives et les difficultés financières ont détérioré sa relation avec une partie des supporters. Les propriétaires thaïlandais envisagent désormais de vendre Leicester pour une somme supérieure à 230 millions d’euros. Une possibilité inimaginable il y a encore quelques années et qui illustre le changement d’époque au King Power Stadium. Le 4-0 encaissé contre Oxford n’est finalement qu’un nouveau symptôme d’une crise beaucoup plus profonde. Leicester voulait faire de la League One une simple étape avant de remonter. Après cinq journées, la priorité est déjà devenue plus urgente : stopper une chute qui dure maintenant depuis plusieurs saisons.
เลสเตอร์ b9uh
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Russell Martin
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