L’été aura été particulièrement mouvementé du côté de l’Olympique de Marseille. Alors que le club phocéen espérait ouvrir un nouveau chapitre avec l’arrivée de Bruno Genesio sur le banc et la nomination de Grégory Lorenzi au poste de directeur sportif, la réalité économique a rapidement rattrapé les ambitions sportives. Placé sous une forte pression de la DNCG, l’OM devait impérativement réduire sa masse salariale et générer d’importantes ressources sur le marché des transferts. Le résultat a été un mercato presque exclusivement tourné vers les départs, avec aucune recrue enregistrée et une longue liste de joueurs poussés vers la sortie. Mason Greenwood, Facundo Medina, Geronimo Rulli, Leonardo Balerdi ou encore Quinten Timber ont notamment quitté Marseille, tandis que plusieurs autres éléments ont été prêtés ou transférés afin d’alléger un effectif devenu trop coûteux. L’objectif était clair pour la nouvelle direction avec le but de remettre les comptes dans une trajectoire plus compatible avec les exigences de la DNCG et réduire drastiquement la masse salariale. Stéphane Richard a depuis confirmé une baisse de l’ordre de 30 à 35 %, tout en reconnaissant que le club n’avait pas encore totalement atteint les objectifs fixés.

L’arrivée de Bruno Genesio a rapidement pris une dimension importante. Le technicien, choisi pour incarner un nouveau projet sportif après le départ de la précédente direction, a dû composer avec un effectif en perpétuelle évolution et surtout avec l’impossibilité de compenser les départs par des arrivées. Grégory Lorenzi avait d’ailleurs prévenu que même une vente d’Igor Paixao n’aurait pas nécessairement permis à l’OM d’enregistrer immédiatement une recrue, plusieurs départs étant nécessaires pour libérer suffisamment de marge. Cette situation a forcément compliqué la tâche du nouvel entraîneur, qui souhaitait disposer d’un groupe suffisamment compétitif pour disputer les différentes compétitions au programme. Le dossier Paixao a finalement symbolisé à lui seul les contradictions de cet été marseillais. Considéré comme l’un des joueurs à plus forte valeur marchande de l’effectif et courtisé notamment par la Premier League, le Brésilien semblait susceptible d’être sacrifié afin de répondre aux impératifs financiers. Genesio et Lorenzi ont cependant insisté pour le conserver, alors que Frank McCourt était davantage ouvert à l’hypothèse d’une vente. Après plusieurs semaines de discussions et de fortes tensions internes, Paixao est finalement resté, permettant au nouvel entraîneur de conserver l’un de ses principaux atouts offensifs.
Le grand bilan d’un été particulier
Stéphane Richard a donc pris le temps de revenir sur cet été hors norme au micro de Ligue 1+, alors que l’OM s’apprêtait à affronter le Paris FC. Le président marseillais a d’abord voulu rassurer sur son propre état d’esprit, tout en reconnaissant que cette période avait représenté une véritable découverte pour lui. Il a surtout insisté sur l’ampleur du travail effectué pour réduire les charges du club et sur les efforts encore nécessaires pour répondre pleinement aux attentes de la DNCG.. «Je vais bien je suis en pleine forme. C’était une période de découverte. C’est un secteur que je connais d’amateur mais que je découvre de l’intérieur dans une période particulière qui est le mercato et particulière aussi pour l’OM. Je suis calme. Je suis prêt à affronter tout ce qui doit se passer. On a fait beaucoup de choses cet été. L’effectif s’est réduit. On a réduit la masse salariale comme jamais dans l’histoire du club. Il y a en effet encore des discussions avec des joueurs. Certains se sont proposés et d’autres ont fait des efforts pour se proposer dans cet effort de guerre pour qu’on arrive à la fin de l’année avec la DNCG en étant capable de montre tout ce qu’on a fait. On n’est pas encore à l’objectif mais ça va nous aider dans notre plaidoirie à la fin de l’année». Une sortie qui illustre la priorité absolue donnée à l’assainissement économique durant ce mercato.
Le cas Igor Paixao a évidemment constitué l’un des dossiers les plus sensibles de cet été. Alors que l’OM avait besoin de vendre et que l’ailier brésilien représentait l’un des joueurs disposant de la plus forte valeur marchande, Bruno Genesio et Grégory Lorenzi se sont opposés à son départ afin de préserver l’équilibre sportif de l’équipe. Le président marseillais a reconnu avoir personnellement œuvré pour convaincre l’actionnaire américain de conserver le joueur, dans une séquence qui a également fait apparaître de fortes tensions avec le nouvel entraîneur. «Paixao ? J’écoute le coach et le directeur sportif et je regarde le terrain. J’écoute les supporters et les médias. J’ai un plan de marche. On ne se débarrasse jamais de joueurs de guetté de cœur. Si on avait pu garder d’autres joueurs aussi, on l’aurait fait. Il s’agit de trouver un plan de marche économique et une nécessite réalité sportive portée par le coach. J’ai parlé tous les jours avec Bruno et la direction sportive mais aussi l’actionnariat américain. On aurait pu se fragiliser en recrutant pour cette équipe qui doit jouer beaucoup de compétitions, cet équilibre était ma feuille de route. En accord complet on doit le retenir, on devait le retenir lui il voulait rester même s’il avait ders tentations ailleurs et l’actionnaire devait être convaincu il devait être convaincu au final on a pu théâtraliser ça on a beaucoup parle on est tous arrivé pour dire que la saison n’est pas facile on devait garder Igor».
Stéphane Richard a également détaillé la place de Frank McCourt dans les décisions prises durant cet été et fixé un cap particulièrement prudent pour la saison à venir. Le propriétaire américain, longtemps présenté comme susceptible de réduire son soutien financier au club, reste selon son président directement impliqué dans les choix stratégiques. «McCourt ? Il est très présent sur toutes les décisions. Il observe de près. C’est lui qui prend les décisions. On a une saison avec un groupe de joueurs confirmés qui ont un esprit revanchard avec des joueurs qui reviennent de prêts et des jeunes que Bruno surveillent. Ce sera une saison avec des surprises. Je ne veux pas être dans le discours "on ira en Ligue des Champions". Je n’ai pas envie d’avoir ce discours avec ce modèle économique. Il faut arrêter ça. On a le même caractère avec Bruno. On, est ambitieux. On vise une qualification européenne oui. Je préfère parler de discipline que d’austérité. On doit avoir de la rigueue. On n’a pas l’impression d’être dans l’austérité à la Commanderie. L’état d’esprit est là, comme la concentration. C’est de bon augure». Après un été particulièrement mouvementé, l’OM va désormais devoir traduire sur le terrain les nombreux choix opérés en coulisses. Bruno Genesio, Stéphane Richard et Grégory Lorenzi savent que la marge de manœuvre sera réduite, mais aussi que les attentes resteront élevées à Marseille.
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