C’est un échec cuisant pour Gianni Infantino. Dans la nuit, la FIFA a communiqué pour finalement renoncer à son projet de société commerciale ouverte à des investisseurs privés. « Après avoir écouté attentivement tous les points de vue exprimés, force est de constater que ce projet a suscité des clivages qui, indépendamment du niveau de soutien, ne servent plus l’objectif initialement fixé. Notre objectif a toujours été - et sera toujours - d’unir et de progresser. En conséquence, cette proposition n’ira pas de l’avant ». La projection de disputer le Mondial de 2030 à 64 équipes n’est-elle pas écartée.

C’est donc déjà la fin du grand plan du président de la FIFA de vouloir développer le potentiel économique de l’instance qu’il dirige. Ce dernier en avait fait l’annonce soudaine il y a quelques jours, sans aucune consultation. Il souhaitait la création de FIFA Forward Enterprise (FFE), estimée à 20 milliards de dollars, société commerciale dont une partie serait rachetée par des investisseurs privés proches de Donald Trump, pour en espérer environ 4,2 milliards de dollars. Infantino promettait 40 millions de dollars à chaque membre de la FIFA pour le prochain cycle de quatre ans (2027-2031).
Infantino a perdu la bataille
Pour adopter ce plan, il fallait une simple majorité (sur 211 voix) des votes réunis lors de la prochaine assemblée. En filigrane, il faut y avoir la prochaine élection qui se déroule l’an prochain. En présentant ce projet, et en l’adoptant, Infantino se garantissait une réélection facile en 2027. Mais l’adhésion n’a pas du tout opéré comme on pouvait l’imaginer. Alors que le président de la FIFA semblait confiant, pas très inquiet de voir les seuls Européens (55 membres) agiter le chiffon rouge quand le reste du monde allait être avec lui, pensait-il alors.
C’était sans compter sur une très large contestation de son projet. L’UEFA a menacé de boycotter les prochaines compétitions de la FIFA, à commencer par les prochaines Coupes du monde féminine (2027) puis masculine (2030), organisées en partie sur son sol (Portugal, Espagne). La Concacaf a suivi (Amérique du Nord, du centre et des Caraïbes) et la Confédération asiatique a donné le coup de grâce, ses 47 membres faisant pencher définitivement la balance des votes (143 sur 211). L’Américain Carlos Cordeiro, conseiller principal d’Infantino, a même présenté sa démission en guise de contestation, et Kevin Lamour, numéro 3, s’est désolidarisé du projet.
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