Surnommé le «Zizou du cécifoot», Frédéric Villeroux n’en finit plus d’impressionner. Quelques heures avant de disputer une nouvelle finale européenne face à l’Angleterre, la figure emblématique de l’équipe de France du cécifoot - d’ores et déjà auréolée de trois médailles d’or européennes (2009, 2011, 2022) - continue, en effet, de marquer l’histoire de son sport. Masque opaque sur ses yeux bandés, l’éducateur sportif choque par sa dextérité, ses conduites de balle, ses changements de direction et surtout cette capacité à éliminer plusieurs adversaires. Cette semaine, le numéro 10 des Bleus a d’ailleurs confirmé l’étendue de son talent.

Une technique déroutante
Quatre buts contre l’Angleterre pour lancer l’Euro, puis l’unique réalisation de la demi-finale face à l’Italie, vendredi, au terme d’un slalom dont lui seul semble avoir le secret. Pourtant, derrière ce génie, le capitaine tricolore ne cesse de rappeler une réalité beaucoup plus collective. «Cette finale à l’Euro, c’est l’apogée de notre travail, pas d’un supposé talent», a ainsi rappelé l’intéressé dans un entretien accordé à L’Équipe. Une phrase résumant parfaitement le joueur qu’il est devenu : spectaculaire balle au pied, mais profondément attaché au collectif. Et la demi-finale contre l’Italie en a d’ailleurs été une parfaite illustration.
Malgré un début de match compliqué, Villeroux a ainsi pu compter sur ses partenaires avant de faire basculer la rencontre. «Je me sentais à l’ouest au début, mais les gars m’ont porté», avouait-il après la victoire. Dans un sport où la communication et la confiance entre joueurs sont essentielles, cette solidarité constitue finalement l’une des grandes forces des Bleus. Face à l’Italie, il a longé la barrière, s’est recentré, a éliminé trois défenseurs et trompé le gardien du gauche. Quelques jours plus tôt, contre l’Angleterre, il avait déjà signé un quadruplé retentissant. Des gestes qui alimentent la comparaison avec Zinédine Zidane, mais que l’intéressé préfère manifestement replacer dans une aventure collective.
Le collectif au centre du projet
«C’est appréciable, mais je le prends pour le collectif. Dépasser les trois millions de vues sur un extrait vidéo France TV, ça ne va rien m’apporter. Mais si ça convainc des gens de venir nous voir, là, ça me plaît. Je trouve que le foot, à l’image du Ballon d’Or, est trop basé sur des statistiques individuelles. Je suis content que Rodri l’ait eu (en 2024, ndlr) parce que c’est un milieu de terrain. Beaucoup d’attaquants veulent juste mettre leurs buts, et je pense qu’ils se perdent un peu là-dedans. Si je marque, c’est parce qu’un copain m’a fait une passe efficace», notait le fer de lance de cette équipe de France, qui a également détaillé le secret de ces incroyables slaloms.
«Je les ai énormément travaillées avec des ballons classiques, sans grelots, pour me concentrer sur le toucher. L’ouïe, je m’en sers plutôt pour capter ce qui se passe autour. C’est comme quand l’entraîneur demande à un valide d’être tête haute pour voir au loin, derrière, devant, autour. Pour nous, déficients visuels, c’est pareil, mais avec les oreilles. Si je suis tête baissée, je prends moins d’informations». Une chose est sûre, avant de retrouver l’Angleterre - que la France a terrassé en ouverture de la compétition (4-1) - Frédéric Villeroux reste sur ses gardes. «Contre les Anglais, c’est toujours un crunch, comme au rugby. On est en France, on se doit de gagner». Après l’or paralympique de Paris 2024, Villeroux peut donc écrire une nouvelle page de son immense histoire avec les Bleus. Et si ses dribbles continueront évidemment d’attirer les regards, son ambition est ailleurs : faire gagner une équipe. Dimanche, le « Zizou du cécifoot » aura, quoi qu’il en soit, une dernière fois l’occasion de montrer que le talent peut émerveiller, mais que c’est le collectif qui permet de décrocher les titres.
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