Le retour de José Mourinho au Real Madrid a pu faire naître pas mal de craintes. On le disait (dit) en fin de carrière, un peu fatigué, moins capable de mener une équipe sur le long terme et d’obtenir des résultats. Sa gestion du vestiaire est pour le moment réussie, et c’est déjà bon à prendre. La Casa Blanca a certes déjà perdu un match cette saison (face au Betis vendredi dernier en Liga) et les performances du Real laissent encore sur notre faim, en témoigne le dernier match face à l’Inter en Ligue des Champions, mais pour ce qui est des relations avec les stars du groupe, et il y en a beaucoup, le Portugais tient pour le moment la barre.

Il a été recruté pour cela, mettre fin aux guerres d’ego et faire évoluer tout ce petit monde sur la même longueur d’onde. Pour AS, il a déjà atteint son objectif, là où ses prédécesseurs ont échoué. Xabi Alonso voulait imposer sa palette tactique et sa manière de jouer, quitte à se mettre un joueur comme Vinicius à dos. Mbappé et Güler ont vite épousé les préceptes de l’actuel coach de Chelsea, pas Bellingham et Valverde. Alvaro Arbeloa n’a pas fait mieux. Il est parvenu à se mettre le Brésilien dans la poche, mais cette fois c’est avec la star française que ça n’a pas collé, sans parler d’un groupe particulièrement sous tension à l’image de la bagarre entre Tchouameni et Valverde.
Adoubé par les stars du vestiaire
En première mission, Mourinho a dû renouer les liens avec Vinicius, quelques mois après l’affaire Prestianni lors de Benfica-Real Madrid où le Portugais était assis sur le banc d’en face. Preuve que les deux hommes ont bien voulu nouer leur destin ensemble, l’attaquant, même s’il n’affiche pas encore sa grande forme, est au diapason. Sur son côté gauche, il fournit les efforts défensifs nécessaires. Contre l’Inter, le joueur de 26 ans a tout de même récupéré 9 ballons. Il est sorti en toute fin de match sous quelques sifflets, immédiatement soutenu par son coach qui l’a pris dans ses bras et incité le public à l’applaudir. L’intéressé a dû apprécier le geste.
Kylian Mbappé n’est pas encore au sommet lui non plus mais le Special One en a fait son leader d’attaque. Cette confiance se caractérise sur le terrain où l’ancien Parisien compte déjà 5 buts. « Ce qui caractérise Mourinho, c’est qu’il vous donne l’impression d’être vivant, a expliqué le meilleur buteur de l’histoire de la Coupe du Monde. Il vous donne envie de vous investir pleinement dans votre travail, il vous fait sentir important. Il met beaucoup de pression, impose une grande intensité à l’entraînement, et communique beaucoup avec les joueurs. Nous savons où nous voulons aller, nous savons ce qu’il attend de nous. Quand un entraîneur vous donne cette confiance et cette soif de réussite, vous ne voulez pas le décevoir, vous voulez donner le meilleur de vous-même. »
Limiter le réveil des égos
Une déclaration qui confirme cette sensation de groupe uni, vent debout contre les critiques extérieures. Jude Bellingham a droit lui aussi à son traitement particulier. Mourinho l’a replacé derrière l’attaquant, plus proche de la surface et non pas dans l’entrejeu ou sur un côté comme ce fut le cas ces derniers mois. Il s’y était senti frustré. « Nous savons très bien comment il veut que son équipe joue. Aujourd’hui, nous avons vu les valeurs qu’il prône. Sur les deux buts, ce pressing haut. Il y a beaucoup de points positifs, mais aussi des aspects à peaufiner. Il reste du travail à faire, ce qui me motive et me stimule », lâchait l’Anglais après l’Inter. Ses statistiques sur le terrain s’en ressentent. Le voilà déjà à 2 buts et 3 passes décisives depuis le début de saison en Liga.
Autre facteur à prendre en ligne de compte. Le Portugais laisse ses stars sur le terrain pour ne pas réveiller les égos. Aucune des trois n’a été remplacée face au Betis. Contre l’Inter, Vinicius n’a été remplacé qu’à la 87e minute et Mbappé à la 90e. Cela facilite son travail de meneur d’hommes et c’est tout le vestiaire qui répond présent. D’autres leaders comme Federico Valverde, le capitaine, et Thibaut Courtois sont sous le charme, conscients de devoir se fondre dans le moule pour renouer avec la victoire. « C’est un entraîneur très exigeant, abonde le Belge. Il exige de la discipline et privilégie l’équipe aux individus. Ce sont des choses importantes pour moi afin de gagner. C’est un grand entraîneur et, en tant que personne, il est très accessible. Il est franc. Je pense que c’est la voie à suivre. » Avoir le vestiaire avec soit, c’est déjà une première victoire au Real.
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