Il faut peut-être arrêter de se raconter des histoires : non, l’Olympique de Marseille n’est pas réellement un candidat au podium cette saison. Le problème, c’est que Marseille continue d’être jugé à l’aune de son nom, de son public et de son histoire, plutôt qu’à celle de son véritable niveau sportif. On parle d’ambition, de Ligue des Champions, de retour au sommet… pourtant, le terrain raconte, à l’heure où nous écrivons ces lignes, une histoire beaucoup moins flatteuse. Vendredi soir, au Roazhon Park, les troupes de Bruno Genesio ont ainsi enchaîné un troisième revers de rang après les défaites concédées face à Monaco et contre le Paris FC. Résultat ? Une onzième place provisoire et le spectre d’un exercice 2026-2027 plus que jamais angoissant. Englué dans une situation financière préoccupante et inactif lors du dernier mercato estival (tout du moins dans le sens des arrivées), l’OM voit finalement son statut dans la hiérarchie des écuries de Ligue 1 totalement remis en cause.

L’OM de retour dans le peloton
Interrogé sur les ambitions du club à revoir à la baisse par Guillaume Hoarau après la défaite à Rennes, le nouveau coach des Olympiens n’a d’ailleurs pas hésité à répondre de manière froide. « Ce n’est pas à moi de dire que ce n’est pas notre championnat, ce n’est pas à moi de le dire. Nous, on doit être ambitieux, c’est ce qu’on essaye de faire, avec des joueurs qui répondent présent, qui tentent de faire ce qu’on demande, qui le réalisent par séquences, mais il en manque, c’est sûr. Mais sur les objectifs, ce n’est pas à moi de vous le dire, moi, je les ai en tête depuis le début et ils sont clairs pour moi, je le savais déjà. Si c’est à la direction d’en parler ? Ce n’est pas à moi, c’est tout. Moi, j’analyse le match et l’équipe, c’est ce que je fais, mais sur l’équipe, le championnat, ce n’est pas à moi de parler des objectifs dans le championnat ni de ce qui a été fait avant d’ailleurs. » Un message clair envoyé à sa direction confirmant, par ailleurs, un ressenti général : le déclassement sportif à venir d’une institution du football français.
Et pour cause. Si le Paris Saint-Germain, champion de France en titre et double vainqueur de la Ligue des Champions, joue toujours dans une autre dimension, Lens, Lille, Rennes, Monaco ou encore Lyon présentent, eux aussi, des arguments que l’OM ne possède pas forcément. Dès lors, la formation présidée par Stéphane Richard ressemble désormais davantage à un prétendant parmi d’autres qu’à un candidat naturel au podium. Et c’est sans doute là que se situe le premier malentendu de cette saison : l’OM veut être considéré comme un cador alors qu’il doit surtout se battre pour ne pas sortir du wagon européen. Le mercato n’a d’ailleurs pas vraiment permis de masquer cette réalité. Ces dernières semaines, l’OM a perdu des joueurs importants (Medina, Rulli, Aubameyang, Greenwood…), a renouvelé une partie de son effectif et a demandé à Bruno Genesio de construire rapidement quelque chose qui ne semble pas encore totalement abouti. Dans le même temps, certains concurrents ont, eux, conservé des bases solides ou ont affiché une vraie continuité et le constat est dorénavant implacable : peu importe le logo, un chantier ne devient pas miraculeusement une maison prête à accueillir la Ligue des Champions.
Un déclassement à assumer ?
Après le départ du duo Longoria-Benatia, la nouvelle direction a, en effet, fait des choix que le staff doit, aujourd’hui, assumer. Malheureusement, le recrutement réalisé par les Olympiens n’a, lui, pas renforcé l’idée que Marseille avait changé de dimension. Loin s’en faut. Il a plutôt confirmé celle d’un club en transition et contraint de reconstruire. Mais le plus inquiétant dans ce tableau déjà peu reluisant est surtout de constater que la concurrence ne se limite pas aux habituels candidats à l’Europe. Certes, Lens, Lille, Monaco, Rennes et Lyon constituent une première ligne de danger, mais l’OM doit désormais également regarder derrière lui avec des équipes telles que le Paris FC ou Strasbourg pouvant profiter du moindre trou d’air pour tirer leur épingle du jeu. Autrement dit, Marseille ne dispose plus de cette fameuse marge qui permet de considérer une place européenne comme presque acquise mais se retrouve à la lutte, et ce contre beaucoup plus de monde qu’il ne voudrait l’admettre. Et le véritable déclassement se situe très certainement à cet endroit : ne plus être cette équipe qui regarde les autres se battre pour leur place dans le Top 5, mais celle qui doit surveiller son rétroviseur tout au long de la saison.
Une question se pose alors : après 4 journées de Ligue 1 et un été plus que jamais mouvementé, où se situe le réel championnat de l’OM ? Au regard des éléments précédemment avancés, probablement entre la sixième et la huitième place. Nul doute qu’un tel constat fera forcément grincer des dents à Marseille mais c’est peut-être la seule lecture honnête de la hiérarchie actuelle. Sans profondeur de banc et contraint sur le plan économique, l’OM compose désormais avec trop d’incertitudes pour être considéré comme un favori crédible au podium. Cela ne signifie pas qu’une sixième place constituerait une catastrophe sportive absolue mais pour un club qui annonce régulièrement vouloir retrouver les sommets, ne plus viser le podium mais simplement essayer d’accrocher l’Europe ressemble forcément à une forme de déclassement. Reste qu’à l’OM, l’urgence du résultat fait partie du climat ambiant et qu’une place non-européenne en fin de saison viendrait, un peu plus, aggraver la situation financière. Encore faut-il que la direction ait le courage d’assumer cette nouvelle réalité…
马赛
布鲁诺-热内西奥
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