Le RC Lens a ouvert un nouveau chapitre de son histoire de la meilleure des manières. Quelques mois après une saison exceptionnelle conclue par une deuxième place en Ligue 1 et une victoire en Coupe de France, les Sang et Or ont déjà ajouté un nouveau trophée à leur palmarès en dominant le Paris Saint-Germain à Bollaert. Pourtant, l’été artésien avait commencé avec une incertitude majeure sur le banc. Pierre Sage, artisan de cette formidable campagne, a choisi de quitter le Racing pour rejoindre Crystal Palace, laissant derrière lui un groupe qui avait énormément adhéré à son discours et à sa méthode. Son départ n’a pas été digéré facilement dans l’environnement lensois, d’autant que le club devait également composer avec plusieurs changements importants dans son effectif. Le choix de Dino Toppmöller, ancien entraîneur de l’Eintracht Francfort et ex-adjoint de Julian Nagelsmann au Bayern Munich, représentait donc un véritable pari pour une équipe qui devait apprendre à vivre sans celui qui l’avait menée si haut.

La mission de l’Allemand était d’autant plus délicate qu’il ne s’agissait pas simplement de remplacer un entraîneur. Il fallait succéder à un technicien devenu extrêmement apprécié dans le vestiaire et qui avait laissé une véritable empreinte humaine auprès de ses joueurs. L’ancien joueur Ferdinand Coly reconnaissait d’ailleurs récemment qu’il aurait aimé voir Sage poursuivre l’aventure à Lens pour la Ligue des Champions, preuve que son départ a suscité quelques regrets dans l’environnement du club. Toppmöller devait arriver sans chercher à effacer brutalement ce qui avait été construit avant lui, tout en imposant progressivement sa propre personnalité. Pour sa première grande soirée officielle, le contexte était particulièrement exigeant avec le PSG comme adversaire et un Bollaert qui attendait forcément beaucoup de son nouveau coach. Et malgré une expulsion dès la 39e minute, Lens a tenu bon pendant plus d’une mi-temps à dix, grâce aussi à un Florian Thauvin des grands soirs qui a offert la victoire aux siens. Un premier test grandeur nature parfaitement négocié.
Déjà un effet Toppmöller !
Ce succès ne permet évidemment pas encore d’affirmer que Toppmöller a totalement effacé le souvenir de Sage. Il serait beaucoup trop tôt pour tirer de telles conclusions après une seule rencontre officielle. Mais le symbole est fort et le début de mandat particulièrement prometteur. Le technicien allemand a conservé certaines bases du fonctionnement de la saison dernière, tout en apportant progressivement ses propres idées, et surtout il semble déjà avoir réussi à créer une connexion avec son groupe. «C’est quelque chose de très spécial. C’était mon premier match officiel ici avec les supporters. C’est vraiment une victoire collective, joueurs et staff. L’ambiance nous a énormément aidés à gagner ce titre pour le club. Je ressens une très grande fierté parce que les joueurs ont tout donné. On savait qu’on allait beaucoup souffrir face à une équipe très forte techniquement, très dangereuse dans la zone de vérité. On savait qu’on pouvait faire quelque chose sur les phases de transition. Aujourd’hui, on a joué avec le cœur. On l’a vu et c’est, pour moi, le plus important. Je le répète, on ne peut jamais garantir un résultat positif. En revanche, on doit se donner à fond tout le temps. Et avec ce public, on peut battre tout le monde» a déclaré l’entraîneur allemand en conférence de presse. Et c’est peut-être là que Toppmöller est déjà en train de gagner son pari.
Les joueurs lensois semblent avoir rapidement adhéré à son discours et à sa manière de travailler, alors même qu’il était particulièrement difficile de passer après Sage. Le nouveau coach n’a pas tenté de faire table rase du passé. Il s’est appuyé sur une identité collective déjà solidement installée et a cherché à y ajouter sa patte. La victoire contre le PSG, obtenue dans des circonstances particulièrement difficiles, constitue forcément un formidable accélérateur pour cette nouvelle aventure. «On a une relation extraordinaire, à peine nommé, il m’a appelé direct. On a dîné ensemble, je suis un relais important pour lui. Je rends la confiance qu’il m’accorde, mais c’est plaisant d’avoir cette relation. Premier match officiel et premier trophée, cela annonce la couleur. C’est un entraîneur qui vit football. Aujourd’hui, c’était compliqué à dix contre onze, mais vous verrez cette saison», a déclaré le capitaine lensois. Le Racing va désormais devoir confirmer sur la durée, notamment avec la Ligue des champions et un championnat qui s’annonce exigeant. Mais après avoir longtemps dû composer avec la nostalgie du départ de Sage, Lens peut déjà regarder vers l’avenir avec davantage de sérénité. Toppmöller n’a pas encore fait oublier son prédécesseur, mais il vient de franchir une première étape essentielle pour écrire sa propre histoire dans l’Artois.
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