Le dernier jour du mercato a été particulièrement mouvementé à l’AS Monaco. Présent en conférence de presse à La Turbie mercredi après-midi, Thiago Scuro est revenu en détail sur les deux dossiers qui ont animé les dernières heures du marché : les départs finalement avortés de Lamine Camara vers Chelsea et de Folarin Balogun à Everton. Le directeur sportif monégasque a notamment voulu remettre les choses au clair concernant Camara, alors que Monaco a été présenté comme le principal responsable de l’échec du transfert, tout en expliquant que le dossier Balogun avait connu un retournement de situation totalement inattendu lors de sa visite médicale. « Je pense que c’est un bon point de départ pour parler non seulement des deux derniers jours, mais aussi des dix derniers. J’ai répété que notre stratégie pour cet été est très claire. Nous devons générer des revenus, comme nous l’avons dit, contraints par la réglementation et par tout ce que nous avons discuté ces dernières années concernant les contraintes financières de notre championnat », a expliqué Scuro.

Le dirigeant a ensuite détaillé le plan initial de l’ASM, qui consistait notamment à conserver Camara tout en ouvrant la porte au départ de Balogun. « Nous avions un plan précis pour aborder ces deux sujets. Nous avons également clairement indiqué que notre priorité était de conserver Lamine au sein du club. Ce sera sa troisième saison ; c’est le cycle habituel. Nous essayons aussi de préserver les performances, car elles sont étroitement liées à la situation financière du club », a-t-il poursuivi. Concernant Balogun, Monaco était en revanche préparé à son départ et avait anticipé son remplacement. « Bien entendu, nous étions ouverts à la discussion et à la recherche d’un transfert pour Balogun. Il venait de terminer sa troisième saison. Nous avions déjà anticipé son remplacement et étions parfaitement préparés. Cette stratégie a porté ses fruits jusqu’à ce que nous soyons presque au but. »
Everton a douté des examens médicaux de Balogun
Pour Camara, plusieurs clubs s’étaient manifestés durant l’été, mais Monaco avait toujours affiché la même position. « Notre message a toujours été le même : notre priorité est qu’il reste », a assuré Scuro, qui précise même avoir échangé avec le joueur le matin du dernier jour du mercato. « Nous avons eu une conversation directe avec Lamine, qui s’est très bien déroulée dans une ambiance cordiale. Il a également exprimé son désir de rester et son bonheur au club. » Dans le même temps, tout semblait parfaitement engagé pour Balogun. « Aujourd’hui, nous avions un accord clair pour le transfert de Balogun à Everton. Il a pris l’avion hier matin pour passer sa visite médicale et signer son contrat. Notre plan a parfaitement fonctionné jusqu’à présent en termes de génération de revenus, de gestion de l’effectif et de transferts », raconte le directeur sportif.
Le départ de Thilo Kehrer avait notamment permis à Monaco de récupérer de la marge sur le plan financier. « Le départ de Thilo Kehrer, comme annoncé, a libéré la masse salariale dont nous avions besoin auprès de la DNCG. Outre son salaire, Balogun représentait également une source de revenus importante pour le club, ce qui nous a permis d’équilibrer notre budget saisonnier. Et puis, Lamine reste », détaille Scuro. Mais la situation va totalement basculer dans l’après-midi. « Voilà où nous en étions jusqu’en milieu d’après-midi. Chelsea n’arrêtait pas de tester différentes options. Et Lamine ? Et Lamine ? J’étais en contact avec eux depuis dix jours. Hier, vers 16 h, Chelsea nous a contactés. On nous a dit : “On a vendu un joueur à ce poste. C’est fait. Monaco serait-il prêt à vendre Lamine ?” La réponse a été la même : non. » À ce moment-là, Balogun se trouvait pourtant à Liverpool pour sa visite médicale et, selon Scuro, « tout se passait bien ».
Le volte-face de Balogun a bloqué Camara
Quelques heures plus tard, nouveau rebondissement. « Vers 19 h, Everton nous a contactés pour poser des questions sur la visite médicale de Balogun, ce qui, pour notre staff médical comme pour celui du joueur, était totalement absurde », affirme le dirigeant. Les échanges médicaux vont alors s’intensifier entre les différents clubs et les médecins concernés. « Les explications fournies étaient insuffisantes pour justifier la situation ou susciter des inquiétudes quant à l’avenir du joueur, ce qui n’est d’ailleurs pas le cas. Des échanges ont alors eu lieu entre les services médicaux des différents clubs. Everton a consacré environ deux à trois heures à une évaluation approfondie et à la consultation d’autres médecins. Il s’agit d’une procédure courante lorsque le médecin du club exprime des inquiétudes », explique Scuro. Monaco assure donc avoir attendu les conclusions de ces discussions, alors que l’information d’un échec de la visite médicale commençait déjà à circuler.
Et cette situation a rapidement offert une nouvelle opportunité à Chelsea, qui cherchait toujours une solution pour Camara. « Entre-temps, comme pour tous ces derniers jours, l’information a rapidement fait la une des journaux. On savait déjà que Balogun avait échoué à sa visite médicale. Et puis, bien sûr, Chelsea a vu l’opportunité. “OK, Monaco a besoin d’argent. Balogun est en difficulté là-bas. Allons-y. Essayons.” C’est le jeu », raconte Scuro. Vers 20 heures, Monaco a donc accepté d’ouvrir la porte aux discussions avec les Blues. « Chelsea est venu nous appeler. “Tiens, je peux peut-être être là pour trouver une solution.” Et à ce moment-là, nous devions ouvrir la porte à la discussion. » Scuro assure avoir immédiatement prévenu toutes les parties : « J’ai informé le joueur directement. Je l’ai appelé. J’ai également informé son agent, comme toujours. En toute transparence. Nous avons discuté des conditions du transfert de Lamine à Chelsea. »
Monaco pense à l’avenir
Pendant ce temps, le dossier Balogun n’était toujours pas définitivement enterré. « Vers 22 h, heure locale, peut-être un peu plus tôt, Everton a réalisé que tout était en ordre. “OK, il n’y a pas de problème. Nous sommes prêts. Signons le contrat.” Dès que nous avons eu l’information, nous sommes retournés à Chelsea et nous nous sommes dit : « D’accord, l’affaire est conclue. » Il n’y a pas d’accord à ce sujet. Parce que c’est aussi juste de procéder ainsi. Cela fait partie du jeu. », poursuit le directeur sportif qui explique donc que puisque le deal Balogun était conclue, Monaco n’avait plus besoin de vendre Camara. Scuro refuse ainsi de faire porter à Monaco la responsabilité de l’échec des deux opérations : « Il n’y a aucune raison que ce genre de discussions, si animées, se déroulent le dernier jour du mercato, jour que nous avions tous choisi pour trouver des solutions, alors que le temps presse, et que ce genre d’interaction nous fasse passer pour les méchants. Que l’on dise : « Monaco n’est pas juste, Monaco a tort. Tout le monde est très juste et sympathique dans le monde du football. Seul Monaco ne l’est pas. » C’est exagéré. »
Finalement, malgré une prolongation exceptionnelle accordée pour permettre aux clubs de terminer les formalités, aucun des deux transferts n’a abouti. « La Premier League dispose d’une procédure permettant de demander une heure supplémentaire pour finaliser les formalités administratives. Cela a été fait. Cinq minutes pour fermer le mercato, le temps de finaliser tous les documents entre Monaco, Everton et Balo. J’ai signé le contrat. Everton a signé le contrat. Au dernier moment, le joueur a décidé de ne pas signer », révèle Scuro. Selon lui, Balogun a finalement refusé de s’engager avec Everton après les doutes exprimés par le staff médical du club anglais : « Balogun prétend qu’il ne se sens pas bien à cause de la façon dont le club l’a traité. "Je ne me sens pas bien car le staff médical d’Everton a émis des doutes quant à mon avenir et ma santé. Je n’ai aucun problème de santé, donc je ne suis pas à l’aise avec l’idée de signer un contrat longue durée ici.""» Et Scuro de conclure : « La réalité, c’est que nous sommes très heureux que Lamine soit resté. Nous voulons être performants sur le terrain. Nous voulons progresser cette saison, et nous mettons tout en œuvre pour cela. Nous attendons toujours le retour de Balo pour pouvoir nous réunir, discuter et définir ensemble la suite des événements. D’autres pistes sont encore explorées, et nous sommes en discussion avec différents joueurs, dont Balo. Voyons ce qui peut encore se produire d’ici jeudi, car certains marchés ont encore la capacité financière d’agir. »
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