Près de trois mois après la disparition d’Éric Roy, Grégory Lorenzi s’est confié sur la relation très particulière qui les unissait à Brest. Dans L’Équipe, l’ancien directeur sportif brestois, aujourd’hui à Marseille, révèle avoir appris la maladie de son entraîneur quelques jours seulement après son arrivée en janvier 2023. Des examens avaient alors détecté des métastases liées à un cancer du pancréas. « Il demande à me voir avec son épouse au bout d’une semaine pour m’annoncer qu’il a un cancer. J’ai deux personnes en face de moi qui pleurent. Tu te sens impuissant. » Lorenzi lui avait immédiatement proposé de rentrer auprès de sa famille, mais Roy avait choisi de continuer à entraîner. Pendant près d’un an, seuls Lorenzi, le président Denis Le Saint et le médecin du club étaient au courant. « Éric était très pudique. Quand il y avait des bruits qui circulaient, ça le mettait hors de lui. » Même ses joueurs et son staff ignoraient son combat, l’entraîneur refusant catégoriquement d’être plaint.

Malgré la maladie, Lorenzi n’a jamais cessé de considérer Roy comme un entraîneur à part entière, allant jusqu’à prolonger son contrat à deux reprises. Même très affaibli dans les derniers mois, le technicien refusait de s’éloigner du terrain : « Quand je lui disais de rentrer à la maison, il me répondait : “Ça va changer quoi ? Tu veux que je regarde la télé, allongé dans mon canapé ? Je vais mourir à rien foutre.” » Ensemble, les deux hommes ont accompagné la période la plus faste de l’histoire récente de Brest, avec une troisième place en Ligue 1 puis une campagne en Ligue des champions. Une aventure qui avait progressivement transformé leur relation professionnelle en véritable amitié. « Avec Éric, ça dépassait le cadre professionnel, on se voyait après les matches, on partageait des week-ends. » Lorenzi retient notamment les mots de la mère de Roy lors des obsèques : « Tu lui as donné trois ans de vie et je te remercie du fond du cœur. » Et conclut : « Je suis fier de lui avoir donné la possibilité d’entraîner, car c’était son rêve. »
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