La victoire à Anderlecht en ouverture de Ligue Europa (2-1, mercredi soir) est venue récompenser un début de saison plutôt satisfaisant à l’OL. Paulo Fonseca avait pris un risque en mettant la plupart de ses cadres au repos (seuls Niakhaté, Morton et Openda ont démarré en Belgique) mais ça n’a pas empêché son équipe de l’emporter au forceps, portée par sa dernière recrue Keito Nakamura ou encore Noah Nartey et Kaïl Boudache. Il y a bien sur cette ombre au tableau avec l’élimination douloureuse en barrage de Ligue des Champions par Fenerbahçe. Mais pour le reste, avant de recevoir le Stade Rennais ce samedi, l’OL est 4e de Ligue 1 et est toujours invaincu.

Fonseca dispose de quelques certitudes à tous les postes. Il y a tout de même celui de latéral gauche qui pose encore souci et c’est un paradoxe. C’est aussi celui qui est le plus fourni au club avec la présence de trois éléments capables d’y évoluer : Mohamed Ouédraogo, Abner et Nicolas Tagliafico. Arrivé cet été d’Altach (Autriche), l’international burkinabé a connu un calvaire dans un rôle de piston gauche face au Sparta Prague lors du 3e tour de barrage de C1, où Abner avait été titularisé comme milieu offensif droit. Le Brésilien a repris son poste lors des rencontres suivantes, sans pour autant dégager une grande sérénité. Il a par exemple souffert face à Kebbal et le PFC.

Abner a pris les devants

«La concurrence est toujours bonne. Surtout pour le club, ça apporte de la qualité au collectif, expliquait l’international auriverde (4 sélections) en conférence de presse ce vendredi. Depuis qu’il y a Paulo Fonseca, je joue de plus en plus. J’évolue et je m’adapte en fonction de ce que l’on me demande. Cela me fait du bien en tant que joueur.» Arrivé dans l’anonymat il y a deux ans en provenance du Betis, Abner a progressé mais il reste encore un peu juste pour devenir un taulier de l’effectif, surtout face à des adversaires dominants. Le gaucher est toujours perfectible sur le plan défensif et n’offre pas toujours de grandes garanties, malgré les louanges de son coach.

« C’est un grand professionnel et je pense que quand je suis arrivé ici il avait des difficultés sur le plan défensif. Il a énormément progressé. C’est un joueur de grand niveau pour moi qui a une grande attitude mentale. » Avec 7 apparitions toutes compétitions confondues (541 minutes), il a pris les devants sur la concurrence, notamment sur Ouédraogo (5 apparitions, 216 minutes). Ce dernier était titulaire pour la 3e fois depuis le début de la saison en Belgique. Comme Clinton Mata, il a souffert dans son couloir au sein de cette défense à quatre, avant d’être remplacé à la pause par Tagliafico notamment en raison d’un carton jaune. Le vice-champion du monde n’a pas vraiment fait mieux.

Ouédraogo et Tagliafico en difficulté

« Son dernier match était positif et je crois en lui. Il a toutes les conditions pour être un grand latéral : il est rapide et physique », décrivait le coach. Selon le Portugais, son changement de club et de niveau est encore en phase de digestion. « Arriver à Lyon a sûrement été difficile pour lui et je pense que je suis en partie responsable de la pression qu’il a pu ressentir. Nous parlons beaucoup ensemble et je crois en lui pour le futur. C’est un joueur que je voulais, il a simplement besoin de confiance et de temps pour s’adapter. » Face à cette situation, l’OL a tout de même le luxe d’avoir de la ressource. Cette solution ne pourrait-elle pas venir du 3e larron ?

Tagliafico ne doit sa présence à l’OL qu’en raison d’un transfert manqué à l’Atlético dans les dernières heures du mercato. Revenu plus tard que le reste de l’effectif après le Mondial, l’Argentin de 34 ans, qui sera absent en raison d’une blessure ce soir (20h45), peine pour le moment à donner satisfaction. Avec 3 apparitions (129 minutes), il est encore à la recherche de sa plénitude physique. Son entrée en jeu contre Anderlecht a mis en avant ses manques du moment. On peut aussi se demander s’il est toujours très motivé à jouer pour un club qu’il devait quitter cet été, à quelques mois de sa fin de contrat ? La question de son avenir se reposera forcément cet hiver. En attendant, Fonseca doit trouver une formule fiable et durable. Elle pourrait même venir de Ruben Kluivert, qui a déjà dépanné à ce poste par le passé.