Sur le papier, Manchester United avait, pour une fois, fait preuve de cohérence. Après avoir réussi à boucler la saison 2025/2026 à la troisième place, synonyme de retour en Ligue des Champions, les Red Devils décidaient de conforter Michael Carrick au poste d’entraîneur en prolongeant l’ancien milieu de terrain jusqu’en 2028. MU a misé sur la stabilité et un mercato plutôt raisonnable pour rester sur sa lancée. En effet, le club cher à Sir Alex Ferguson a certes dépensé 173 M€ pour faire venir les milieux de terrain Carlos Baleba (76 M€), Andrey Santos (56 M€), Youri Tielemans (41 M€) et le gardien Karl Darlow (libre), mais il a récupéré 55 M€ grâce notamment à la vente de Rasmus Hojlund au Napoli (44 M€).

La balance des transferts reste négative (-118 M€), mais pour une fois, Manchester United n’a pas fait d’énormes folies comme ont pu le faire les trois promus Coventry City (-155 M€), Hull City (-155 M€) et Ipswich Town (-201 M€), ou certains cadors tels que Liverpool (-238 M€), Manchester City (-189 M€) ou Tottenham (-202 M€). Malheureusement pour le champion d’Europe 2008, le début de saison n’est pas bon. MU n’a gagné qu’un match en cinq rencontres et a évité de justesse une défaite sur le terrain de Fulham ce week-end (1-1). Douzièmes du classement, les hommes de Carrick semblent repartis pour une saison galère. À l’issue du match, le coach mancunien a pourtant voulu tranquilliser les fans du club.
MU n’y arrive plus
« Il y a encore une longue saison devant nous, pour être honnête. C’est une saison longue, on traverse forcément des périodes plus ou moins fastes au fil de la saison. Ça fait partie du parcours. Ce n’est pas un sprint, c’est un effort de longue haleine. Bien sûr, je ne minimise pas la situation, on aurait voulu en tirer plus de points. Je ne dis donc pas que tout va pour le mieux. Je comprends la frustration, bien sûr que je la comprends, car nous voulions faire mieux et nous voulions réaliser d’autres objectifs. Mais le découragement n’est certainement pas ce qui règne au sein du club et au sein du groupe. Les joueurs n’ont pas montré cela sur le terrain aujourd’hui et c’est ce qui nous permettra de tenir le coup jusqu’à la fin de la saison, sans aucun doute. » Buteur salvateur en toute fin de match, Matheus Cunha n’en menait pas large face aux médias au moment d’expliquer la faillite collective de son équipe. Si l’attaquant brésilien pointe un manque de chance, il concède que lui et ses partenaires n’ont pas la bonne attitude.
« On n’a pas marqué, pas de chance, et eux ont marqué sur une action difficile à expliquer. Beaucoup de chance. Puis on revient dans le match et c’est frustrant parce que, honnêtement, j’ai l’impression qu’après avoir encaissé ce but, on a beaucoup mieux joué, avec beaucoup d’enthousiasme et d’efforts. Ce n’est qu’un point. On essaie de ne jamais jouer pour un seul point. C’est difficile à expliquer. J’ai l’impression qu’après la première mi-temps, nous avons bien joué. C’était ce que nous avions prévu de faire en début de seconde mi-temps. J’ai l’impression qu’ils se sont davantage investis que nous et nous ne pouvons pas l’accepter. Nous jouons toujours mieux après avoir encaissé un but, mais ça ne peut pas se passer comme ça. Nous avons manqué un peu de chance. J’ai touché le poteau. Bruno a touché le poteau. Nous avons eu d’autres occasions. Nous devons nous créer davantage d’occasions, et alors la chance viendra et nous marquerons plus de buts. Tout ce que nous pouvons faire pour aider l’équipe est acceptable. Quand j’ai le ballon, cela ne change pas grand-chose. Bien sûr, nous devons nous améliorer à tous les postes. S’il y a quelque chose que je peux faire pour aider, je le ferai. »
Carrick doit réagir sinon…
Un discours pas franchement rassurant, même si les jérémiades mancuniennes n’ont attendri personne. Bien au contraire. Entraîneur des Cottagers, Alvaro Arbeloa fulminait après avoir dû concéder le partage des points. « Il y avait tellement de choses en leur faveur. Chaque décision leur était favorable. Je savais, dès le match contre Manchester City, qu’ils (les arbitres) n’aimaient pas voir Manchester United perdre. Nous étions tellement, tellement près de notre première victoire que nous sommes un peu déçus maintenant. » De son côté, l’ancienne gloire du club, Gary Neville n’a pas épargné son équipe fétiche. « Je dis rarement que les équipes ne font pas d’efforts, car c’est la critique ultime. Pendant ces 15 premières minutes de la seconde mi-temps, et plus généralement pendant les 60 premières minutes, Manchester United a été une véritable honte. Je suis les matchs de Manchester United depuis l’âge de cinq ans et ce sont les 15 minutes les plus catastrophiques que j’aie jamais vues. C’était absolument pathétique. Je n’ai jamais vu un tel manque d’engagement. Il faut tout repenser au niveau de l’organisation. Ils ne veulent pas s’occuper des aspects les moins reluisants du jeu. Je n’ai jamais vu une équipe de Manchester United marcher autant que ça. Michael (Carrick) doit cesser de les défendre. S’ils continuent comme ça, ils encaisseront énormément de buts semaine après semaine. Ils ont eu de la chance de n’en encaisser qu’un. Je ne vois que de l’apathie et des joueurs qui traînent les pieds sur le terrain. Ils peuvent tous travailler plus dur que ça, ils se font distancer à chaque match. »
De quoi mettre Carrick sous pression ? Interrogé sur son avenir il y a quelques jours, le jeune technicien de 45 ans avait déclaré qu’il considérait comme ridicules les rumeurs sur son éventuelle éviction. « Cela n’a aucune importance pour moi. Je connais le club, je connais mon rôle, je sais ce qu’on attend ici en termes de niveau de jeu. Quant à l’avenir, à la propriété du club et au temps qu’il me reste, cela n’a absolument aucune importance. C’est ridicule de penser ainsi dans la situation où je me trouve. Ce n’est tout simplement pas à l’ordre du jour. Cela fait deux ou trois matchs où nous n’avons pas obtenu les résultats escomptés. Nous devons être performants et nous avons encore beaucoup de matchs à préparer. » Mais ce matin, le Telegraph lui a fait une petite piqûre de rappel. « Carrick peut bien affirmer qu’il serait ridicule de remettre en cause son poste d’entraîneur principal. Cela en dit long sur ce qui se passe au sein du club et sur la façon dont il est géré, mais Carrick sait que c’est l’entraîneur qui est le premier à devoir assumer les conséquences et qu’il ne peut pas non plus être déchargé de toute responsabilité. » À bon entendeur…
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