Deux petits matches pour se prendre le mur. Lors de la Coupe du Monde 2026, la Turquie a été le deuxième pays à être éliminé de la compétition. Balayée 2-0 par l’Australie et battue 1-0 contre un Paraguay réduit à 10, la sélection turque a été un symbole d’inefficacité et d’impuissance. 62 tirs en deux matches et une moyenne de possession de balle de 70% n’auront pas subi. Stérile, l’équipe de Vincenzo Montella - qui aura néanmoins remporté son 3e match contre les États-Unis (3-2) pour sauver l’honneur - n’a pas fait honneur à sa première participation à la Coupe du Monde depuis 2002.«Je suis désolé. Il y avait de grandes attentes. Cela fait 35 ans que je suis dans le football professionnel, et ce qui arrive une fois tous les 50 matchs nous est arrivé deux fois de suite. Le destin n’était pas de notre côté», confiait le coach italien après la défaite face au Paraguay.

Les joueurs étaient également abattus à l’image d’Arda Güler qui se voulait revanchard : «nous présentons nos excuses à l’ensemble du peuple turc. Tout au long de ma carrière en équipe nationale, je ferai tout mon possible pour faire oublier ce tournoi. Nous jouons dans de très grandes équipes, nous aurions dû le montrer sur le terrain.» Le capitaine Hakan Çalhanoglu affichait lui aussi une grosse déception du haut de ses 32 ans : «c’est peut-être mon dernier tournoi, mais prenons soin de nos jeunes. Les mots sont difficiles à trouver. On a tout donné, mais ça n’a pas suffi. On tirait et ça ne rentrait pas.» Quart de finaliste de l’Euro 2024 deux ans plus tôt, la Turquie arrivait avec de bonnes références et un statut de favori du groupe partagé avec les États-Unis. Loin de tenir ce rôle, la Turquie va devoir réagir en tant qu’outsider sur ce rassemblement automnal. En effet, le tirage de la Ligue des Nations 2026/2027 ne lui a pas fait de cadeau avec la Belgique, la France et l’Italie dans le groupe 1 de la Ligue A. Surtout que les trois premières places permettent d’être chapeau 1 pour les éliminatoires de l’Euro 2028, une compétition où la Turquie voudra être et briller.
La Turquie a un plan contre les Bleus
Quand on regarde la liste du technicien italien, il n’y a pas de gros bouleversements. Les cadres sont bien là à l’image d’Uğurcan Çakır, Merih Demiral, Ferdi Kadioglu, Zeki Çelik, Orkun Kökçü, Arda Güler, Can Uzun, Barış Alper Yılmaz ou encore Kerem Aktürkoğlu. Seuls absents de taille, Hakan Çalhanoglu et Kenan Yildiz sont blessés. On retrouve quatre nouvelles têtes à l’image d’İlhan Fakılı (Besiktas) qui a fait mal à l’Olympique de Marseille en Ligue Europa, mais aussi Adil Demirbağ (Konyaspor), Bartuğ Elmaz (Fenerbahçe) et Melih Kabasakal (Trabzonspor). Cependant, on ne devrait pas avoir un gros bouleversement et l’équipe va devoir régler ce qui ne s’est pas bien passé aux États-Unis. «On repart avec enthousiasme pour un nouveau cycle, nos débuts en Ligue A de la Ligue des nations et la volonté d’insérer petit à petit des joueurs plus jeunes. Malheureusement, il nous manque trois éléments fondamentaux, Kenan Yildiz, Hakan Çalhanoglu et Mert Müldür», a confié Vincenzo Montella dans un entretien pour L’Équipe.
Conservé malgré des doutes l’entourant, Vincenzo Montella n’aura pas le droit à l’erreur et il en est bien conscient comme il l’a admis à la Gazzetta dello Sport : «ils ne m’ont pas jugé sur ces deux matches, mais sur tout mon travail. Nous avons réalisé un excellent tournoi final (Euro 2024 ndlrr). Nous avons atteint la Coupe du Monde après vingt-quatre ans. Et pour la première fois, nous sommes promus en Ligue A de la Ligue des Nations. On aurait pu accepter mon licenciement, mais la fédération a vu plus loin : elle a regardé vers l’avenir.» Pour cela il faudra continuer de construire autour des leaders de la nouvelle génération à l’instar d’Arda Güler.
Et justement le plan sera de le rendre le plus libre possible. Ainsi, un double pivot composé de Salih Özcan et İsmail Yüksek devrait être mis en place pour faire le travail défensif et lui permettre d’être plus libre dans l’aspect créatif. L’objectif de la Turquie est de bien lancer son tournoi avec les réceptions de la France ce vendredi et de l’Italie lundi. «Les deux premiers matches, que nous jouerons à domicile, sont cruciaux. Nous devons bien démarrer et bien finir. Ce n’est que le début de la saison et tout le monde n’est pas encore au sommet de sa forme. Par conséquent, celui qui mérite le maillot le portera», a annoncé Vincenzo Montella. La Turquie se présente comme revancharde quelques semaines après sa Coupe du Monde ratée.
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