Engagée de longue date en faveur de la cause palestinienne, l’Irlande a joué un match sous haute tension ce dimanche contre Israël. Alors que la guerre à Gaza suscite une émotion considérable au sein de la société civile irlandaise, les appels au boycott de cette rencontre s’étaient multipliés ces derniers jours, portés par le collectif Irish Sport for Palestine et plus de 160 athlètes. Face au risque de lourdes sanctions de l’UEFA en cas de forfait, la Fédération (FAI) a finalement maintenu la rencontre sur terrain neutre à Debrecen. Une sage décision lorsque l’on sait que les Irlandais se sont confortablement imposés (3-0).

Au-delà de leur prestation maîtrisée, les joueurs ont choisi d’exprimer leur solidarité sur le terrain par une protestation symbolique en ayant les têtes baissées pendant l’hymne israélien. Pour marquer le coup, les Irlandais ont même refusé de se serrer la main et ont porté un brassard noir en mémoire de toutes les victimes du conflit. Un engagement poussé jusqu’au geste du troisième buteur Jack Moylan, qui a embrassé son brassard puis son écusson après avoir marqué. Pour rappel, les derniers jours avaient déjà été marqués par le choix du gardien Gavin Bazunu, qui a préféré quitter le rassemblement en déclarant qu’il estimait inapproprié de participer à cette rencontre. Selon plusieurs sources irlandaises, cette décision a même été soutenue par plusieurs joueurs des Boys in Green.
Le Royaume-Uni salue l’Irlande, Israël la fustige
Respectant le choix de son portier remplaçant, le sélectionneur Heimir Hallgrimsson a globalement salué la voix portée par son groupe après la rencontre : «ils ont apporté leur soutien à la protestation, ils ont sensibilisé le monde entier, et pas seulement l’Irlande, à ce sujet.» De son côté, malgré une semaine sous haute pression, le président de la FAI, Paul Cooke, s’est félicité de la gestion de la crise qu’il estime menée assez bien, fustigeant la couverture médiatique du dossier, tandis que The Sun saluait un "triomphe d’équipe" ce lundi dans son édition du jour. Pourtant, toutes ces initiatives n’ont clairement pas plu du côté d’Israël.
Cette colère est incarnée par la réplique virulente du ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, qui a accusé Dublin d’être "du mauvais côté de l’Histoire". Exhumant sur X une photo de 1939 où la sélection irlandaise effectuait le salut nazi face à l’Allemagne, le ministre a fustigé : «À l’époque, ils faisaient le salut nazi. Cette fois, ils se tiennent du côté du terrorisme palestinien.» Saar a conclu sa charge en affirmant que «au-dessus des brassards noirs que les joueurs irlandais porteront ce soir flotte le drapeau noir du djihadisme». Des propos très graves qui ont été repris de volée unanimement au Royaume-Uni. Un match définitivement sous haute tension alors que le match retour est déjà prévu ce dimanche sur terrain neutre. En attendant, l’Irlande est partie gagnante sur le terrain…
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