Affirmer qu’Aleksander Ceferin et Gianni Infantino ne s’apprécient pas est un doux euphémisme. Le président de l’UEFA et son homologue de la FIFA se font la guerre depuis des années, mais Ceferin compte profiter de la mauvaise passe que traverse Infantino pour pousser le Suisse au départ. Présent à l’assemblée générale de l’EFC (l’association des clubs européens), le Slovène, qui a été encouragé par Nasser al-Khelaïfi à se représenter aux élections présidentielles de l’UEFA en avril prochain, a signé une attaque très dure à l’encontre du patron de la FIFA.

« Il y a près de 200 ans, il (Hans Christian Andersen) a écrit Les Habits neufs de l’empereur ». Nous connaissons tous cette histoire. Un empereur est persuadé qu’il porte des habits magnifiques, des habits que, selon ce qu’on lui dit, seuls les imbéciles ou les indignes ne peuvent voir. Sa cour fait semblant de croire à tout cela jusqu’à ce qu’un enfant dise tout simplement à voix haute ce que tout le monde peut voir : l’empereur est nu. Peut-être que la morale de cette histoire est que des mots commodes ne peuvent pas changer des réalités dérangeantes. Or, le monde du football a récemment entendu des mots très commodes. “Développement”, “démocratisation”, “consultation”, des mots utilisés en réalité pour décrire le contraire. Vendre une partie de l’avenir du football ne devient pas du « développement » simplement parce qu’on dit que c’est du « développement ». Imposer un fait accompli aux fédérations nationales ne signifie pas la « démocratisation », même ⁠si on l’appelle ainsi. Quelle que soit la somme du chèque. Et le secret ne devient pas une « consultation » simplement parce qu’on l’appelle ainsi. Combien de fois cela devra-t-il se produire dans vos clubs avant que le monde ne dise « ça suffit » ? Eh bien, mes amis, je pense qu’il est temps de dire “ça suffit”. »