Pendant plus de 75 minutes, la Belgique a cru toucher du doigt la fin d’une malédiction vieille de plus de quarante ans en compétition officielle. Portée par un but de Dodi Lukebakio et un caviar de 40 mètres signé Roméo Lavia, la sélection belge affichait une assurance remarquable sur la pelouse du Stade de France. Face à des Bleus longtemps sans solution, les Diables Rouges pensaient tenir un succès fondateur. Ce mardi matin, les médias ne manquent pas de saluer cette première période héroïque où, «durant 75 minutes, la défense belge avait des airs de Tour Eiffel : solide, fière, toisant Paris de toute sa hauteur». Finalement, tout a basculé du mauvais côté.

La Belgique s’incline devant la puissance française
En l’espace de quatorze minutes seulement, le rêve s’est transformé en un cauchemar absolu sous l’impulsion des remplaçants français. L’entrée en jeu de Désiré Doué, Rayan Cherki et Michael Olise a balayé en un clin d’œil la défense adverse, plongeant la Belgique dans une nouvelle défaite face à son voisin français (4-1). Forcément, c’est la soupe à la grimace du côté de la presse belge. Comme le constate la RTBF, les Belges ont été purement et simplement "emportés par une tornade", subissant une véritable "offensive française surgie de toutes parts : par la droite, par la gauche, dans l’axe…". Alors que le rapport de force entre les deux équipes semblait équilibré il y a encore quelques années, la presse belge baisse les armes face à des Français qui semblent largement supérieurs désormais.
Face à cette fin de match apocalyptique, les commentaires oscillent entre sidération et ironie. La Dernière Heure s’interroge sur ce "trou noir" inexplicable, rappelant qu’« au plus haut niveau, la "différence entre une bonne prestation et une très grande performance se résume parfois à deux accélérations, assez pour plier un match et les espoirs de 11 millions de Belges". De son côté, Le Soir ironise sur cette "tradition des bonnes blagues belges au Stade de France racontées l’espace de 77 minutes, avant que les Français ne reprennent le crachoir et ne racontent la fin de l’histoire à leur manière".
La France reste la bête noir de la Belgique
Du côté de la presse flamande, HLN dresse un bilan tout aussi cinglant d’une rencontre où "le château de cartes belge s’est totalement effondré". Le média résume la frustration accumulée au fil des ans par un constat amer : «maintes et maintes fois, la France a donné de l’espoir aux Diables Rouges. De faux espoirs, malheureusement.» Le média suggère également à Mark Van Bommel de revoir le dernier quart d’heure plusieurs fois afin de comprendre ce qui a fait craquer à ce point les Diables Rouges. Nieuwsblad se veut plus nuancé et affirme que la Belgique s’est fait écraser par "le rouleau compresseur français."
De son côté, La Libre regrette que la France continue de "s’ériger en bête noire de la Belgique". Au-delà de la douleur d’une telle correction (4-1), les journaux s’inclinent devant la profondeur et la qualité du réservoir tricolore. Si RTL.be retient avant tout "une énorme claque", l’ensemble de la presse reconnaît la différence de talent qui sépare les deux nations dans le "craquage complet des Diables face à des Bleus en feu". Devant l’étalage de maîtrise et de talent des attaquants français, on peut fermer avec ces mots de HLN qui illustrent parfaitement la mentalité des Belges face à la France : «quel bonheur cela doit être de disposer d’autant de talent.»
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