Le feuilleton autour du report de la rencontre de la 29e journée de Ligue 1 entre le Racing Club de Lens et le Paris Saint-Germain, prévue le 11 avril au Stade Bollaert, continue de faire grand bruit. Comme attendu, le club de la Capitale a sollicité la LFP pour décaler cette affiche, afin de mieux gérer son calendrier en C1 et de bénéficier de quelques jours de repos entre les deux matchs de 1/4 de finale face à Liverpool. Une démarche déjà entreprise face à Nantes quelques semaines plus tôt, mais qui ne rencontre pas cette fois le même succès. Directement concerné, le RC Lens se montre beaucoup plus réticent à l’idée de modifier une date fixée en amont.

Car le contexte sportif pèse lourd dans ce dossier. En effet, les deux formations sont engagées dans une lutte serrée en haut du classement, donnant ainsi à cette rencontre des allures de choc décisif pour le titre. Dans ces conditions, le club artésien refuse d’accorder un avantage potentiel à son concurrent direct. En interne comme publiquement, la position du club présidé par Joseph Oughourlian a toujours été claire : pas question de bouleverser l’équité de la Ligue 1 pour répondre aux contraintes européennes du PSG.
Le RC Lens tient tête au PSG !
Dans un communiqué officiel, le RC Lens a détaillé les raisons de son opposition. Le club nordiste insiste sur le respect du calendrier, rappelant que chacun était alors tenu de s’y conformer. « Le 6 mars dernier, la programmation de la rencontre opposant le Racing Club de Lens au Paris Saint-Germain a été arrêtée, officialisant un cadre auquel chacun était alors convié à se conformer. Dans un esprit de responsabilité et de mesure, le Racing Club de Lens a, dès les premières sollicitations, fait connaître au PSG son intention de ne pas voir cette date modifiée. Fidèle à une certaine idée de la stabilité sportive, le club avait également choisi de s’astreindre à toute communication publique sur ce sujet. Cependant, la multiplication récente de prises de parole, d’interventions et de suggestions diverses nous conduit aujourd’hui à sortir de cette réserve », indiquent les Lensois dans un premier temps.
Avant de poursuivre : « il nous apparaît en effet qu’un sentiment préoccupant tend à s’installer : celui d’un championnat de France progressivement relégué au rang de variable d’ajustement au gré des impératifs européens de certains. Une conception singulière de l’équité sportive, dont on peine à trouver l’équivalent dans les autres grandes compétitions continentales. Modifier aujourd’hui la date de cette rencontre reviendrait, pour le Racing Club de Lens, à être privé de compétition pendant 15 jours puis enchainer des matchs tous les trois jours — un rythme qui ne correspond ni à celui défini en début de championnat, ni aux moyens d’un club qui pourrait absorber sans conséquence ce type de contraintes nouvelles. Il serait donc entendu que le dixième budget du championnat devrait s’adapter aux exigences des plus puissants, au nom d’intérêts qui, manifestement, dépasseraient désormais le cadre domestique, lequel a déjà été allégé ces dernières saisons (L1 à 18 clubs, arrêt de la Coupe de la Ligue). Au-delà de ce cas particulier, la question posée est plus essentielle : celle du respect dû à la compétition elle-même. Car il est permis de s’interroger lorsque, sur son propre sol, le championnat semble parfois relégué derrière d’autres ambitions, aussi légitimes soient-elles. Le Racing Club de Lens demeure attaché à l’équité, à la clarté des règles et au respect de tous les acteurs. Des principes simples, pour un football français loyal et respecté. » Reste désormais à la LFP de trancher : va-t-elle user de son pouvoir pour imposer le report ou tentera-t-elle de préserver un consensus déjà fragilisé ?
Racing Club
PSG
Todos los comentarios