À 23 ans, Thierno Barry est en train de se faire un nom de l’autre côté de la Manche. L’attaquant français d’Everton s’est encore illustré dimanche, lors du match nul face à Hull City (2-2), en inscrivant à la 68e minute un but qui avait permis aux Toffees de prendre l’avantage. Servi après une interception de Kiernan Dewsbury-Hall, le joueur d’1m95 a parfaitement conclu son action pour signer sa sixième réalisation de la saison en huit apparitions toutes compétitions confondues. Avec trois buts en Premier League et un triplé en Coupe de la Ligue contre Preston (0-4), le Lyonnais a déjà presque rattrapé son bilan de l’exercice précédent, bouclé avec huit buts. Everton, invaincu en championnat et cinquième au classement après six journées, peut compter sur son avant-centre, malgré un manque d’efficacité qui lui a encore valu quelques occasions manquées face à Hull.

Pour comprendre cette montée en puissance, il faut revenir sur un parcours loin d’être linéaire. Passé par Toulon, Thierno Barry rejoint Sochaux en 2021, mais ne parvient jamais à intégrer l’équipe première et évolue avec la réserve. Alors qu’il aurait pu s’enliser, il prend la direction de la Belgique et du SK Beveren à l’été 2022. C’est là qu’il explose véritablement : 20 buts et 5 passes décisives en 33 rencontres, toutes compétitions confondues, lui permettent de se révéler et de décrocher une nouvelle opportunité. Le FC Bâle lui ouvre ensuite ses portes en 2023. En Suisse, il confirme son potentiel avec 12 buts lors de sa première saison toutes compétitions confondues, avant une deuxième année plus contrastée. Il rejoint finalement Villarreal à l’été 2024 et découvre la Liga, où il inscrit 11 buts en championnat, avant enfin de découvrir la Premier League et Everton. De la réserve de Sochaux à l’élite anglaise, son ascension s’est construite étape par étape, sans passer par le chemin le plus classique…
Un parcours sinueux
Mais derrière les statistiques de l’avant-centre, il y a surtout une histoire de persévérance. Dans une vidéo publiée sur YouTube par le créateur de contenu Just Riadh, l’international espoir est revenu sur ses débuts, marqués par plusieurs changements de poste. « Quand j’étais petit, j’avais dit à mon entraîneur que je voulais être attaquant, il m’avait dit : "Tous les jeunes veulent faire attaquant, tu vas être défenseur." J’ai terminé meilleur buteur malgré tout de ma catégorie en U11. Ensuite, j’ai fait latéral droit et latéral gauche en U16. Ensuite, quand je suis arrivé à Toulon, j’ai dit que j’étais numéro 10 : ils m’ont laissé au milieu de terrain, mais je dribblais trop… Du coup, j’ai commencé à jouer sur le côté et devant. Et il y a un agent qui est venu regarder et il me dit : "Ton profil pourrait intéresser un club, mais est-ce que t’as déjà joué attaquant dans ta vie ?" J’ai répondu oui. Et après, c’était Sochaux. » Une anecdote révélatrice d’un parcours où il a dû s’adapter avant de trouver sa place devant le but.
Son caractère commence également à se faire remarquer en Angleterre. Face à Hull, Barry a célébré son but avec un "dab", geste popularisé dans le football français par Paul Pogba. L’ancien milieu de terrain a d’ailleurs réagi à la publication du Français. Sur le terrain, son association avec Jack Grealish, Brennan Johnson et Kiernan Dewsbury-Hall contribue aux ambitions d’Everton. Ce dernier, passeur décisif sur le but de Barry, a résumé leur relation avec humour au micro de Sky Sports : « nous avons une relation amour-haine parce que j’attends tellement de lui ! » Une phrase qui fait écho aux occasions manquées par l’attaquant avant de trouver la faille. Barry affiche, lui aussi, un tempérament affirmé, comme le résume cette déclaration : « je ne sais jamais contre qui on joue à l’avance. Je regarde pas le calendrier, je m’en fous. »
Une mentalité à la CR7
Cette franchise se retrouve lorsqu’il est interrogé sur les grandes figures actuelles du football. Au sujet de la candidature de Kylian Mbappé au Ballon d’Or, Barry n’a pas caché son soutien à l’attaquant français : « Mbappé : meilleur buteur de la Coupe du Monde, de la Liga, de la Ligue des Champions… dans la même année ! Mais est-ce que c’est déjà arrivé ? Dis-moi où est-ce que c’est déjà arrivé. (…) En vrai, pour moi, tout le monde a sa chance de gagner. (…) C’est un Ballon d’Or que je kiffe, parce que tout le monde a ses chances. » Une prise de position assumée, à l’image d’un joueur qui ne cherche pas à lisser ses opinions. Dans le même entretien avec Just Riadh, il a aussi raconté son admiration pour Lamine Yamal : « le meilleur que j’ai affronté ? Lamine Yamal, sans hésiter… À l’aller comme au retour, j’ai commencé les deux matchs sur le banc (avec Villarreal). Il nous a vraiment impressionnés par ce qu’il était capable de faire sur le terrain. Dès qu’il touchait le ballon, les supporters se levaient de leurs sièges. Il était tout simplement exceptionnel. Et en plus, il est encore très jeune… Pour moi, c’est clairement lui. »
Enfin, Barry assume une préférence nette lorsqu’il s’agit de choisir entre Cristiano Ronaldo et Lionel Messi. Le Français se reconnaît davantage dans le Portugais, notamment pour son rapport au travail : « je pense que je suis plus pro CR7. (…) Je suis dans la même matrice que lui. Moi, je me réfère plus à un joueur comme lui parce que c’est le travail qui est fait. Mais il a quand même du talent. T’as beau travailler, j’en connais plein des frérots qui ont travaillé, ça marche pas. » Une vision qui colle à son propre parcours : celui d’un attaquant qui n’a pas été propulsé très tôt au premier plan, qui a dû se réinventer et qui avance désormais avec ambition. À 23 ans, Thierno Barry a encore beaucoup à prouver, mais son début de saison en Premier League lui offre une occasion de s’installer durablement parmi les attaquants à suivre en Premier League.
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