La soirée avait pourtant offert une illusion de répit avant de virer au scénario catastrophe. Longtemps dominé dans le jeu, l’Olympique Lyonnais a été bousculé dès les premières minutes par un Sparta Prague agressif, intense et beaucoup plus cohérent collectivement. Les Tchèques ont multiplié les situations dangereuses tandis que les hommes de Paulo Fonseca semblaient incapables de sortir proprement le ballon ou de trouver la moindre continuité dans leurs actions. Sauvé par la VAR puis par le manque de réalisme adverse, l’OL a finalement regagné les vestiaires avec un avantage totalement inattendu grâce au but contre son camp de Suchomel juste avant la pause. Ce score flatteur masquait pourtant une première période très inquiétante durant laquelle les Lyonnais ont affiché d’importantes lacunes défensives, un manque criant d’agressivité et une énorme difficulté à répondre au rythme imposé par le Sparta.

Le retour des vestiaires a confirmé que cette avance ne reposait sur aucune véritable maîtrise. Après une belle opportunité de Corentin Tolisso, l’OL a rapidement recommencé à subir les vagues tchèques jusqu’à céder logiquement sur la frappe de Rynes. Le tournant de la rencontre est arrivé quelques instants plus tard lorsque Tolisso a complètement manqué le penalty obtenu par Openda. Cette occasion ratée a totalement changé la dynamique du match puisque le Sparta Prague, porté par son public, a immédiatement poursuivi sa pression avant de prendre définitivement les commandes grâce à la tête de Mercado. Malgré les entrées de Fofana et Nuamah qui ont redonné un peu de vitesse et de profondeur aux offensives lyonnaises, les Gones n’ont jamais trouvé les ressources pour revenir. Cette défaite (2-1) en Tchéquie récompense finalement l’équipe qui a affiché le plus de maîtrise et laisse un immense sentiment de frustration du côté rhodanien.

La mauvaise gueule de bois au réveil

Ce revers place désormais l’OL dans une position particulièrement inconfortable avant le rendez-vous décisif du Groupama Stadium. Il faudra gagner pour poursuivre le rêve de Ligue des Champions et éviter une élimination dès le troisième tour qualificatif, un scénario qui constituerait un véritable coup d’arrêt pour un club revenu dans la plus prestigieuse des compétitions européennes avec de grandes ambitions. Les motifs d’inquiétude sont nombreux après cette prestation tant les difficultés aperçues pendant la préparation se sont confirmées à Prague. «Ce sera difficile mais pas impossible. On doit être positif, on aura la possibilité, avec l’aide de nos supporters, de changer les choses. Mais nous devrons mieux défendre. On aura la capacité de mettre la pression. Ce sera un match différent. Je n’ai pas été surpris par le Sparta qui est une belle équipe avec de bons attaquants», a expliqué un Paulo Fonseca aussi déçu qu’en colère. Défense fébrile, animation offensive trop stérile, manque de repères tactiques et incapacité à contrôler les temps faibles ont offert une image préoccupante d’une équipe encore loin de son meilleur niveau. Face à un Sparta qui a démontré sa capacité à presser haut et à exploiter la moindre faille, les Lyonnais devront afficher un tout autre visage sous peine de voir leur aventure européenne prendre une direction inattendue.

L’élimination ne signerait certes pas la fin du parcours continental puisque le règlement prévoit un repêchage direct en phase de ligue de la Ligue Europa pour les équipes éliminées à ce stade des qualifications de la Ligue des Champions. L’OL continuerait donc son aventure européenne aux côtés de Marseille et Rennes, mais cette perspective aurait inévitablement un goût amer pour un club qui ambitionne de retrouver durablement la plus grande scène continentale. «On savait que ça allait être une équipe difficile. Ils veulent jouer la Ligue des Champions, donc je pense que c’est normal. Contre chaque équipe qu’on rencontrera, ça va être difficile. Il n’y a aucune équipe qui vient pour jouer la qualification en se disant "on veut se faire sortir". Non, chaque équipe va donner le maximum. On est prêts pour le combat. Lors du match retour, on va montrer notre visage», a ajouté Clinton Mata. Une sortie prématurée fragiliserait également le projet porté par Paulo Fonseca dès le début de saison et alimenterait les doutes autour d’un effectif encore en construction. Le match retour ressemble déjà à un véritable examen de passage. L’environnement lyonnais sait qu’une qualification relancerait totalement la dynamique avant un éventuel barrage face à Fenerbahçe ou Sturm Graz, alors qu’un nouvel échec installerait immédiatement une pression considérable sur un exercice qui n’a pourtant commencé que depuis quelques jours.