Entre Zion Suzuki et le Paris Saint-Germain, c’est l’histoire d’un rendez-vous manqué. Pourtant, il y a eu bien des occasions de s’unir. Cet été, le club de la capitale avait identifié le Japonais comme un renfort idoine au poste de gardien. Il faut dire que Luis Enrique est tombé amoureux du jeu au pied du portier nippon. L’idée était de le recruter avant que le technicien espagnol décide d’en faire un n°2 et un concurrent sérieux à Matvey Safonov ou bien de l’envoyer en prêt une saison. La Juventus, qui a longtemps lutté pour sa signature, espérait finalement l’accueillir en prêt. Mais tout est finalement tombé à l’eau alors qu’un accord avait été trouvé pour le transfert du joueur de Parme. Les dirigeants franciliens ont jugé excessives les ultimes demandes du clan Suzuki, à savoir des commissions très élevées pour ses agents.

En Italie, on a aussi avancé le fait que le joueur de 24 ans voulait évoluer dans une équipe où il avait l’assurance d’être titulaire. Ce que Lucho et Paris ne lui garantissaient pas. C’est aussi pour cette même raison qu’il avait recalé Manchester United il y a de cela 3 ans. Les Red Devils voulaient faire de lui la doublure d’André Onana. Ce qu’il avait refusé. Un choix qu’il ne regrette absolument pas avec le recul. « Ma priorité était de jouer, c’est pourquoi j’ai pris cette décision. J’ai joué un an en Belgique et deux ans à Parme. J’ai progressé. C’était très important pour moi de jouer deux ans en Serie A. Maintenant, j’ai confiance en moi et je crois en mes capacités.» Des qualités qu’il met au service d’Aston Villa, qu’il a rejoint cet été pour 30 M€ (+ 5 M€ de bonus).

Un pari réussi

Interrogé après son arrivée, Suzuki a confié : «j’ai progressé et me voilà enfin à jouer pour ce club. Je savoure ce moment. Je veux aider l’équipe autant que possible. Je joue pour Villa. Je rêvais de venir ici et maintenant, je veux simplement jouer pour ce club.» À Birmingham, il se savait très attendu puisqu’il devait succéder à Emiliano Martinez, parti du côté de Chelsea. «Oui, bien sûr, il y a énormément d’attentes. Ce n’est pas facile de passer après lui, mais je veux aider l’équipe et je veux être comme lui. C’est un beau défi pour moi. Je me suis un peu entraîné avec lui. C’est quelqu’un de bien et j’ai appris de lui. Ça n’a pas duré longtemps, mais j’ai appris beaucoup. J’ai hâte de jouer contre lui maintenant.» Pour cela, il évolue sous les ordres d’Unai Emery. Un coach qui a poussé pour sa signature.

«Je prends beaucoup de plaisir à jouer pour lui. Ce qu’il recherche est vraiment intéressant. Cela correspond à mon style de jeu.» Son excellent jeu au pied ou encore sa puissance et sa solidité sur sa ligne sont de vrais atouts pour les Villans. Sur le banc face à Brighton quelques jours après son arrivée, il a ensuite enchaîné avec 4 matches en Premier League (Arsenal, Hull City, Nottingham Forest et Tottenham), 1 en Ligue des Champions (Club Bruges) et 1 en FA Cup face à Coventry. Hormis cette rencontre où il a passé 45 minutes sur le pré, il a joué toutes les autres rencontres en intégralité (495 minutes jouées). Unai Emery l’a donc déjà utilisé à 6 reprises, dont 5 fois en tant que titulaire. En ce qui concerne ses statistiques, il a encaissé 7 buts toutes compétitions confondues et réalisé 1 clean sheet.

Il fait déjà oublier Dibu Martinez

Au-delà des chiffres, l’ancien de Parme, qui multiplie les arrêts, a fait déjà très forte impression en Angleterre.« Zion Suzuki a réalisé des débuts impressionnants à Aston Villa et, grâce à la qualité de son jeu au pied, a ouvert de nouvelles possibilités à Unai Emery», écrit le Birmingham Mail à son sujet. Le média anglais, qui lui a donné la note de 8 pour son début de saison, ajoute : «Suzuki a réalisé d’excellents débuts à Villa après avoir pris la relève d’Emi Martinez. Il a fait preuve d’une grande qualité de relance et d’une excellente aptitude à arrêter les tirs, notamment face à Tottenham. Il représente peut-être même une amélioration par rapport à Martinez, du moins au vu du faible échantillon de matches dont nous disposons.»

La BBC est du même avis. «Suzuki s’avère un digne remplaçant pour Martinez à Villa. Le gardien de but japonais a rejoint Aston Villa en provenance du club italien de Parme. Et sa performance contre les Spurs suggère qu’il est plus que capable de prendre la relève d’Emiliano Martinez, le numéro un argentin et chouchou des supporters, parti à Chelsea. En particulier, ses deux arrêts face à Savinho à quelques secondes d’intervalle et un moment de chance lorsque la tentative d’Archie Gray a frôlé le poteau ont permis à Villa de gérer une période du match où les locaux dominaient. L’un des attraits liés à la signature du joueur de 24 ans en août était son assurance apparente balle au pied et sa capacité à envoyer le ballon vers l’avant avec très peu d’élan.»

Tout le monde est conquis

Le média britannique ajoute : «et alors que tout semblait lui sourire ce jour-là, Suzuki s’est retrouvé à l’origine du deuxième but de Villa, son long ballon depuis sa propre surface de réparation retombant profondément dans le camp de Tottenham, où Jackson l’a récupéré et a décoché une frappe imparable dans le coin gauche.» Outre la presse, le Japonais a aussi les fans des Villans dans sa poche. «Lors de ses débuts à Villa Park, les supporters de Villa ont immédiatement entonné le chant « Zion Suzuki - le numéro 1 mondial », le même chant utilisé pour son prédécesseur, signe que les supporters tournent la page sur l’Argentin et cherchent à ce que Suzuki se sente comme chez lui», apporte le Birmingham Mail.

Déjà adopté, Suzuki fait le bonheur d’un Unai Emery conquis. « Nous avions besoin du gardien. C’est un gardien qui doit nous sauver. Il doit être à la hauteur dans les buts, avec les qualités requises et les compétences nécessaires pour construire le jeu. La manière dont il procède est très importante, et il prend parfois des risques, mais c’est grâce à cela qu’il progresse et apprend. « Lors de la construction du jeu, il peut choisir de jouer de longs ballons car il possède une très bonne capacité de passe en profondeur, et il l’a fait pour le deuxième but que nous avons marqué.» Après un été très agité, le Japonais prouve sur le terrain qu’il a toutes les qualités et le potentiel pour réussir en Angleterre et en Europe. Le PSG aura l’occasion de constater ses progrès le 8 décembre prochain en Ligue des Champions.