Le Brésil n’en finit plus de décevoir. Opposée à l’Australie ce vendredi à Townsville, la Seleção a, certes, arraché le match nul au bout du temps additionnel grâce à une réalisation de l’attaquant de Bournemouth, Rayan, entré à un quart d’heure du terme. Une réalisation qui ne remettra toutefois pas en cause le nouveau visage décevant affiché par les Brésiliens. Imprécise dans le dernier geste malgré de nombreuses occasions et trop friable sur le plan défensif, la sélection auriverde a même évité de peu une nouvelle défaite embarrassante. Auteur d’un coup franc splendide peu après l’heure de jeu, Nestory Irankunda pensait, en effet, offrir la victoire à des Socceroos qui ne semblaient guère effrayés par ce Brésil en perdition. Un résultat confirmant, par ailleurs, que le chantier brésilien est encore loin d’être terminé.

Car derrière, les carences ont une nouvelle fois sauté aux yeux. La défense brésilienne a manqué de sérénité et de constance, à l’image d’un Douglas Santos particulièrement décevant. Déjà peu convaincant dans son apport offensif, le latéral a également affiché des difficultés dans son placement et dans les duels, symbole d’une arrière-garde qui peine encore à dégager une véritable solidité. Face à une équipe australienne disciplinée et capable de se projeter rapidement, le Brésil a trop souvent laissé des espaces et s’est exposé inutilement. Le magnifique coup-franc d’Irankunda est venu sanctionner ces approximations, mais il ne doit pas masquer les problèmes plus larges affichés par la Seleção.
Ancelotti n’y arrive pas
Et forcément, Carlo Ancelotti se retrouve une nouvelle fois au centre des critiques. Depuis son arrivée, le technicien italien peine à imprimer une véritable identité à cette équipe et ce match nul sans relief ne fait qu’alimenter les interrogations. Son bilan avait déjà été terni par l’élimination du Brésil dès les huitièmes de finale du dernier Mondial, face à la Norvège, et cette nouvelle contre-performance n’offre guère de signes rassurants pour la suite. D’autant que l’investissement consenti par la CBF est considérable : Ancelotti bénéficie d’un salaire annuel estimé à environ 10 millions d’euros, avec un contrat prolongé jusqu’en 2030. À ce niveau de rémunération et avec de telles attentes, l’absence de progrès visibles dans le jeu devient forcément un sujet de plus en plus difficile à éluder.
Enfin, devant, le constat n’est guère plus réjouissant. Vinicius Junior et Endrick, remplacés dès la 65e minute, ont encore livré des prestations décevantes, malgré quelques timides occasions qui auraient pu permettre au Brésil de revenir dans la partie. Le premier n’a jamais véritablement réussi à peser durablement sur la défense australienne, tandis que le second a manqué de tranchant dans les zones décisives avant de céder sa place en seconde période. Seule éclaircie offensive, la passe décisive de Raphinha, impressionnant depuis le début de saison avec le Barça. Vous l’aurez compris, entre une défense friable, un secteur offensif trop imprécis et un Ancelotti qui cherche toujours la bonne formule, la Seleção donne aujourd’hui l’impression d’une équipe en reconstruction permanente. Un sacré problème pour une sélection qui aspire à retrouver les sommets…
Carlo Ancelotti
Tous les commentaires