Il n’a pas passé l’été. Le 15 septembre dernier, le Racing Club de Lens a officialisé le départ de Dino Toppmöller, trois mois seulement après avoir annoncé son arrivée en lieu et place de Pierre Sage. « Dans un esprit de respect mutuel, le Racing Club de Lens et Dino Toppmöller annoncent, d’un commun accord, la fin de leur collaboration. Au terme de nombreux échanges consacrés à la vie du groupe, au fonctionnement et l’organisation du staff, le Racing a fait part à son entraîneur de sa volonté de remodeler celui-ci. Ces évolutions structurantes n’ayant pu être partagées par Dino Toppmöller, le Club, en responsabilité, a pris la décision de mettre un terme à sa mission, ainsi qu’à celle de ses deux adjoints. Le Racing Club de Lens tient à saluer la sincère humanité et l’élégance dont Dino Toppmöller a constamment fait preuve. Le Club précise également que le tacticien a accepté de renoncer à une partie substantielle de ses indemnités contractuelles», pouvait-on lire sur le communiqué de presse.

En coulisses, certains ont expliqué que la mayonnaise n’avait pas totalement pris entre l’Allemand et son groupe, notamment certains cadres qui ne comprenaient pas ses choix tactiques. Mais en Allemagne, la presse sportive a surtout évoqué le départ de son adjoint depuis 2017, Nelson Morgado. Ce dernier aurait rencontré quelques problèmes avec la partie française du staff. Il a été remercié. Une décision perçue comme une injustice par Toppmöller, qui a finalement claqué la porte. Silencieux depuis son départ, le coach âgé de 45 ans a pris la parole ce jeudi de l’autre côté du Rhin dans un podcast intitulé Spielmacher von 360Media. Ses propos sont relayés par plusieurs publications allemandes, dont Bild et Sport 1. Il a commencé par évoquer son passage dans le Nord et le travail qu’il avait commencé à mettre en place avec son ancienne équipe.
Toppmöller vide son sac sur Lens
« Les résultats étaient bons, l’ambiance était bonne. J’ai tout de suite accroché avec les supporters. Ça me fait un peu mal de quitter le club parce que j’ai vu beaucoup de potentiel chez les joueurs individuellement et j’avais déjà tissé des liens avec beaucoup d’entre eux. » Puis, il a évoqué le départ de son adjoint et il a admis qu’il était « complètement décontenancé » avant d’ajouter : « j’étais abasourdi. Pour moi, il n’était pas judicieux d’envisager de se séparer de quelqu’un qui n’avait rien fait d’extraordinaire.» Il a précisé que sa direction lui a dit que Morgado était « trop exigeant, trop bruyant, en conflit avec trop de personnes » et qu’il était un « facteur de perturbation ». Toppmöller a tenté de calmer la situation selon ses dires. « La conversation s’est déroulée dans une ambiance très harmonieuse pendant ces deux heures. Ils voulaient me convaincre que ce serait mieux pour moi et pour tout le groupe. »
L’Allemand les a ensuite questionnés afin de savoir ce qui se passerait si jamais il refusait de laisser partir son adjoint. « Ils m’ont alors dit qu’ils considéraient cette étape comme tellement nécessaire que si je ne l’acceptais pas, ils seraient obligés de rompre définitivement. » La suite, on la connaît. Le natif de Wadern a refusé de lâcher son fidèle allié. « C’est quelqu’un qui travaille incroyablement dur et qui exige la même chose de ses collègues (…) Si je devais enfreindre certaines valeurs, j’acceptais de risquer de perdre mon poste. Pour moi, il n’était pas question de me séparer de quelqu’un qui n’avait rien accompli d’extraordinaire. Si j’avais constaté une faute grave, je n’aurais évidemment pas pu la tolérer. Mais ce n’était tout simplement pas le cas. Il est important que je puisse encore me regarder dans le miroir aujourd’hui, au lieu de rester sur un banc.» Il ne compte d’ailleurs pas rester sans emploi très longtemps. «Je n’ai pas besoin d’une année de repos maintenant», a-t-il avoué, visiblement prêt à passer à autre chose après sa brève expérience en France.
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