Depuis son arrivée à la tête de l’Allemagne, Jürgen Klopp est déjà confronté à un chantier considérable. Pour ses débuts, la Mannschaft n’a pas réussi à s’imposer aux Pays-Bas (1-1), concédant l’égalisation dans le temps additionnel, avant de subir une défaite historique à domicile contre la Grèce (0-1). Après deux journées de Ligue des Nations, l’Allemagne ne compte ainsi qu’un point et occupe la troisième place de son groupe, derrière la Grèce et les Pays-Bas. Une situation d’autant plus préoccupante que la sélection allemande sort déjà d’une période très compliquée, marquée par une élimination dès les 16es de finale du Mondial 2026 contre le Paraguay aux tirs au but, après une sortie en quarts de l’Euro 2024 et une élimination en phase de groupes du Mondial 2022. La Serbie, attendue ce jeudi, arrive donc à un moment où Klopp doit rapidement commencer à faire fonctionner son projet.

Et les premières difficultés sont nombreuses. Klopp a déjà utilisé deux défenses différentes, avec Jonathan Tah et Nico Schlotterbeck puis Jan Bisseck, tandis que le dossier du gardien reste totalement ouvert. Marc-André ter Stegen, rappelé pour sa première sélection depuis 473 jours, avait pourtant été choisi pour débuter aux Pays-Bas avant de concéder l’égalisation sur la fin. Contre la Grèce, Nübel lui a succédé et n’a enregistré aucun arrêt. Le sélectionneur tâtonne également offensivement : Adeyemi, Schade, Havertz, Amiri puis Ebnoutalib et Conte ont été utilisés, sans parvenir à installer une animation réellement convaincante. Même les joueurs censés apporter davantage de garanties déçoivent : Florian Wirtz, seulement entré en jeu, n’a encore ni but ni passe décisive… De son côté, Karim Adeyemi, pourtant en grande forme avec le Barça, n’a pas réussi à vraiment peser, tandis que Kai Havertz, Serge Gnabry, Jonathan Tah et le latéral Brown sont, eux aussi, loin de leur meilleur niveau. Un contraste saisissant avec leurs prestations en club.
« Nous ne sommes maintenant qu’une équipe moyenne »
Le problème dépasse donc largement la simple question des résultats et touche désormais à la construction d’un véritable onze. Le duo Joshua Kimmich-Nmecha semble être l’une des rares associations à avoir donné des garanties, mais Klopp doit encore trouver ses automatismes derrière comme devant. Il avait d’ailleurs volontairement convoqué deux groupes pour ses quatre premières rencontres, soit 44 joueurs, afin de multiplier les essais. Cette stratégie lui offre énormément de solutions, mais ralentit forcément la mise en place d’une équipe stable, surtout après les blessures de Jamal Musiala et Kai Havertz. Bastian Schweinsteiger résumait sévèrement la situation après la défaite contre la Grèce : « nous ne sommes plus une équipe de haut niveau. Nous ne sommes maintenant qu’une équipe moyenne. Nous n’avons plus de joueurs qui font la différence. Même la Grèce a Karetsas, Tzolis, Pavlidis - pour moi, ce sont des joueurs qui font la différence. J’espère que Jürgen Klopp parviendra à développer une équipe capable de jouer au football à la Klopp. » La presse allemande s’est, elle aussi, montrée beaucoup plus critique après le revers face aux Grecs, soulignant que l’énergie de Klopp ne suffisait pas encore à résoudre les problèmes de fond…
Klopp, lui, assume pleinement sa part de responsabilité dans ce départ raté. Après la défaite contre la Grèce, il n’a cherché aucune excuse : « ce que j’ai dit aux joueurs ? Beaucoup de choses. Cela fait partie du processus. Absolument. La composition de l’équipe, les changements : c’est entièrement de ma responsabilité. Il était clair que nous ne pourrions pas complètement déstabiliser une équipe grecque regroupée en défense, surtout dans les moments clés où nous avons peut-être manqué un peu de chance ou face à leur gardien exceptionnel. J’aurais pu accepter de ne pas gagner largement aujourd’hui, voire de ne pas gagner du tout, mais on ne peut pas se permettre de perdre. » L’ancien entraîneur de Liverpool avait pourtant reçu un accueil plutôt positif après le nul inaugural aux Pays-Bas, salué pour l’intensité et l’état d’esprit insufflés à la Mannschaft. Mais cette dynamique s’est déjà en partie effritée quatre jours plus tard. Avec une équipe encore loin d’avoir trouvé sa hiérarchie, un secteur défensif en chantier, des cadres méconnaissables et plusieurs talents en difficulté malgré leur niveau en club, Klopp a désormais un immense travail devant lui. Le match contre la Serbie, ce jeudi à Munich, doit surtout lui permettre de commencer à apporter des réponses.
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