Roberto De Zerbi a choisi de s’éloigner de Londres pour tenter de remettre Tottenham sur les rails. Comme annoncé avant le déplacement à Manchester United, le technicien italien a prévu d’emmener son groupe à Marbella, dans le sud de l’Espagne, afin de profiter d’une longue coupure dans le calendrier. Les Spurs disposent de neuf jours avant la réception de Coventry, prévue le 19 octobre. Une fenêtre idéale pour travailler dans des conditions météorologiques plus favorables, mais surtout pour rapprocher les joueurs d’un effectif profondément remanié cet été. Tottenham a investi plus de 250 millions d’euros pour attirer dix recrues. Plusieurs d’entre elles, dont Savio, Tosin Adarabioyo, Mykhaylo Mudryk et Omar Marmoush, sont arrivées tardivement lors du mercato. Le groupe manque encore de repères et les résultats ne suivent pas. Après cinq journées sans victoire, le club londonien espérait profiter de son déplacement à Old Trafford pour enfin lancer sa saison.

Le match contre Manchester United a toutefois confirmé les difficultés des hommes de De Zerbi. Longtemps maladroits dans le dernier geste, les Spurs ont laissé passer plusieurs occasions de prendre l’avantage, notamment par Dominic Solanke. Les Red Devils ont fini par débloquer la rencontre à la 73e minute grâce à Bryan Mbeumo, servi par Matheus Cunha. Tottenham semblait alors se diriger vers une nouvelle défaite, d’autant que Rodrigo Bentancur avait été expulsé et avait laissé ses partenaires en infériorité numérique. Mais les Londoniens ont trouvé les ressources pour arracher un point dans le temps additionnel. Solanke a égalisé et permis à son équipe de quitter Old Trafford avec un match nul (1-1). Un résultat encourageant dans les circonstances, mais insuffisant pour effacer le constat. Tottenham reste toujours en quête de sa première victoire en championnat et le point pris à Manchester ne fait pas tout oublier. Le déplacement à Marbella doit permettre à De Zerbi de travailler sur les automatismes, la confiance et la cohésion d’un groupe qui peine encore à traduire ses ambitions sur le terrain. Un sentiment de déjà-vu pour nos amis marseillais…
Une habitude bien connue chez De Zerbi
C’est loin d’être la première fois que Roberto De Zerbi mise sur ce type de rassemblement. L’entraîneur italien avait déjà instauré cette méthode à l’OM, où le coach lombard avait organisé un stage de quatre jours à Mallemort, dans les Bouches-du-Rhône, fin novembre 2024, pour préparer la réception de Monaco, puis un autre au Danemark en décembre. Quelques mois plus tard, au printemps 2025, il avait décidé d’éloigner son groupe de Marseille pour préparer le sprint final vers la Ligue des Champions. Les Olympiens avaient rejoint Rome pour un séjour prolongé, finalement poursuivi après leur victoire contre Brest (4-1). Au micro des journalistes, De Zerbi avait alors assumé son choix, expliquant avoir moins entraîné ses joueurs sur le terrain, mais avoir beaucoup travaillé sur l’unité du groupe. À Sassuolo et au Shakhtar Donetsk, l’Italien de 47 ans avait également connu les stages de préparation estivale, notamment dans les Alpes italiennes avec les Neroverdi et en Autriche avec le club ukrainien. Ces rassemblements répondaient toutefois davantage à une suite logique de la pré-saison qu’à la volonté de provoquer un électrochoc en cours d’exercice. À Tottenham, Marbella doit surtout servir de seconde préparation, à l’heure où les arrivées tardives et les résultats décevants ont empêché le collectif de se construire suffisamment vite.
Ce genre de stage à Marbella comporte toutefois quelques limites à ne pas négliger. Si les températures annoncées autour de 25 °C offrent des conditions agréables pour travailler, le staff de Roberto De Zerbi devra surtout veiller à ne pas surcharger des joueurs qui sortent d’une trêve internationale et d’un calendrier déjà exigeant. La fatigue accumulée, les déplacements et l’enchaînement des rencontres peuvent affecter le repos et augmenter le risque de blessure lorsque les charges de travail sont mal adaptées. Le vol Londres-Marbella reste relativement court et le décalage horaire est quasi nul avec seulement une heure de différence. Mais le déplacement implique néanmoins de modifier les habitudes de sommeil, les horaires de repas et les routines de récupération. Les études sur le calendrier international, souvent relayées par la FIFPro, montrent que les voyages peuvent peser sur la récupération, même si les données les plus préoccupantes concernent notamment de longs déplacements répétés. Une vigilance particulière sera également nécessaire sur l’hydratation et la gestion des efforts sous des températures plus élevées qu’à Londres.
Il ne faudra pas multiplier les séances à tout prix, mais de trouver le bon équilibre entre le travail tactique, la cohésion collective et la récupération. Bien encadrée, cette parenthèse espagnole peut aider les nouvelles recrues à assimiler les principes de jeu de l’Italien. Mal gérée, cette initiative de Roberto De Zerbi pourrait au contraire accentuer la fatigue d’un groupe qui a surtout besoin de retrouver de la fraîcheur et des automatismes. Le principe du ritiro, cette mise au vert très ancrée dans les habitudes du football italien, consiste à couper les joueurs de leur environnement quotidien pour favoriser les échanges, la concentration et la solidarité, mais a déjà eu parfois l’effet inverse, comme à Naples en 2019 qui avait propulsé la fin de Carlo Ancelotti. Reste à savoir si cette méthode produit réellement les effets espérés. Le prochain rendez-vous contre Coventry permettra d’observer les premiers effets de cette escapade en Andalousie. Une victoire ne prouvera pas à elle seule que le stage a tout changé, pas plus qu’un mauvais résultat ne suffira à invalider son intérêt.
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