L’Olympique de Marseille n’avait plus le droit à l’erreur pour ne pas plonger dans la crise pour de bon. Après quatre défaites consécutives en Ligue 1, les Phocéens se déplaçaient ce dimanche sur la pelouse de Troyes avec l’obligation de réagir dans une rencontre logiquement largement à leur portée. Avant-derniers du championnat avec seulement trois points, les hommes de Bruno Génésio affrontaient une formation troyenne également en difficulté, 16e avec quatre unités et battue lors de ses trois dernières rencontres. Pour tenter d’enrayer cette mauvaise série, le technicien marseillais avait notamment décidé de lancer deux jeunes joueurs dans le grand bain professionnel : Kelyann Bezahaf et Nouhoum Kamissoko, titularisés pour leur première apparition chez les professionnels. Amine Gouiri retrouvait également une place de titulaire à la pointe de l’attaque.

Et dans un début de match quasiment équilibré, c’est Troyes qui se procurait la première grosse occasion. Sur un corner joué à deux, Adrien Monfray plaçait une tête lobée qui venait s’écraser sur la barre transversale de Jeffrey de Lange (7e). Marseille réagissait immédiatement avec une tentative enroulée d’Igor Paixão qui passait tout près du poteau (9e), avant qu’Emerson ne manque son centre après une mauvaise relance troyenne (11e). Les Aubois réclamaient ensuite un penalty pour une main d’Amine Harit, mais l’arbitre ne bronchait pas (17e). Malgré une possession largement favorable, les Phocéens peinaient à réellement déséquilibrer le bloc adverse. Il fallait attendre la 37e minute pour voir une nouvelle occasion dangereuse, avec une frappe d’Himad Abdelli repoussée sur sa ligne par Diop. Les deux formations regagnaient finalement les vestiaires dos à dos (0-0).

Premier but cette saison pour Harit et Abdelli

Mais au retour des vestiaires, l’OM parvenait enfin à faire la différence. Après une première tentative contrée de Paixão (48e), Emerson adressait un centre précis au second poteau pour Amine Harit, qui concluait d’une reprise de volée du droit malgré l’intervention de Beach (50e, 0-1). Une ouverture du score qui libérait les Marseillais, sans pour autant leur permettre de totalement maîtriser la rencontre. Au contraire. Troyes tentait immédiatement de réagir par une frappe de Mille (52e), tandis que Bruno Génésio décidait de faire entrer Neal Maupay et Keyliane Abdallah à la place de Gouiri et Harit (63e). Un peu plus tard, Kamissoko devait quitter ses partenaires en boitant (73e), après une première titularisation satisfaisante.

Dans le dernier quart d’heure, Troyes poussait pour arracher l’égalisation. Mais les tentatives de Nkada (83e, 85e) ne trouvaient pas le cadre et Marseille parvenait finalement à conserver son court avantage en étant notamment sauvé par le poteau sur une frappe de Ripart (90e). Fébrile, les Marseillais subissaient les vagues et ont eu peur jusqu’au bout. Mais ils finissaient par sceller leur victoire grâce à un penalty transformé par Abdelli (90e+5). Un succès aussi précieux que laborieux pour les hommes de Bruno Génésio, qui mettent enfin un terme à leur série de quatre défaites consécutives. Grâce à cette victoire, l’OM remonte à la 13e place du championnat avec six points et se donne un peu d’air au classement. De son côté, Troyes enchaîne une quatrième défaite de rang et recule à la 17e place avec quatre unités.

L’Homme du Match : Kamissoko (7) : titularisé en raison de l’absence d’Højbjerg et des incertitudes au milieu, le jeune Malien de 21 ans a répondu présent. Disponible et calme, il a bien orienté le jeu depuis une position basse et a tenté d’accélérer les transitions, à l’image de son bon ballon pour Harit (14e) ou de sa combinaison avec Gouiri (37e). Le milieu marseillais s’est montré intéressant dans l’utilisation du ballon et a été l’un des rares à apporter de la créativité dans l’entrejeu. Au terme d’une belle performance (six récupérations, huit duels remportés), il quitte la pelouse avec des crampes. Remplacé par Tochulwu Nnadi (74e), de retour de blessure et qui n’avait plus joué depuis le 30 août dernier contre l’AS Monaco.

Troyes

- Beach (5,5) : très peu sollicité durant une première période où Marseille ne cadre aucune frappe, il doit surtout se distinguer dans son jeu au pied, sans grande réussite. Particulièrement imprécis sur ses relances longues, il rend trop souvent le ballon aux Marseillais ou l’expédie directement en touche, empêchant son équipe de ressortir proprement. Sauvé par un défenseur sur sa ligne avant la pause, il finit par s’incliner sur la première frappe cadrée adverse, une tentative à bout portant qui lui passe entre les jambes et sur laquelle sa marge de manœuvre reste limitée. Peu mis à contribution par la suite, il se montre néanmoins autoritaire dans ses sorties pour éloigner le danger et soulager sa défense. Dans le temps additionnel, il est fautif sur une sortie causant un penalty pour Marseille, qui est transformé par Abdeli et qui vient enterrer en fin de match les espoirs des Troyens.

- Maronnier (6) : très combatif dans son couloir, il remporte de nombreux duels et cherche régulièrement à apporter le surnombre offensif, quitte à laisser des espaces dans son dos lorsqu’il tarde à se replier. Averti dès la 21e minute pour une intervention en retard, il doit ensuite mesurer davantage son engagement, ce qui limite par moments son agressivité défensive. Il ne renonce toutefois pas à ses efforts et continue de multiplier les allers-retours pour accompagner les attaques troyennes tout en venant prêter main-forte à sa défense. Son activité se traduit notamment par six récupérations et une frappe contrée qui prenait la direction du but. Malgré cette générosité, son placement reste parfois approximatif et ses projections ne débouchent pas sur suffisamment de situations dangereuses.

- Monfray (5,5) : solide dans l’axe de la défense troyenne, le capitaine affiche une belle autorité dans les duels, remportant l’intégralité de ses confrontations au sol comme dans les airs en première période. S’il manque parfois de vitesse lorsqu’il se retrouve en un contre un, il compense par une excellente lecture du jeu et un sens de l’anticipation qui lui permettent de protéger efficacement la profondeur. Auteur de six récupérations, il se montre également très propre à la relance, avec 92 % de passes réussies, apportant de la sérénité dans les premières transmissions de son équipe.

- Diaz Jr (5) : complémentaire avec son capitaine Monfray dans l’axe de la défense troyenne, il se montre particulièrement solide dans les duels et les situations de un contre un. Sa vitesse lui permet de couvrir les espaces et de prendre régulièrement le dessus sur les attaquants marseillais, tandis qu’il n’hésite pas à venir épauler son latéral gauche pour créer des prises à deux et fermer son couloir. Précieux à la récupération, il affiche toutefois davantage de limites dans l’utilisation du ballon, avec seulement 80 % de passes réussies. Sous pression, il a tendance à se précipiter dans ses dégagements et ses relances, rendant trop facilement la possession aux Marseillais au lieu de permettre à son équipe de souffler. Il réalise une mauvaise passe en retrait pour son gardien dans le temps additionnel et la sortie de ce dernier cause un penalty pour l’Olympique de Marseille.

- Gozzi (5) : bien plus défensif que son homologue sur le couloir opposé, il privilégie la couverture des espaces et les duels plutôt que les projections offensives. Sérieux en première période, il parvient à contenir Harit grâce à un bon placement et une agressivité qui lui permettent de couper plusieurs initiatives marseillaises. Mais sa prestation bascule dès le retour des vestiaires : à la 49e minute, il perd complètement le marquage d’Harit dans son dos, laissant le Marseillais reprendre un centre et ouvrir le score. Beaucoup moins convaincant après cette erreur, il perd en agressivité défensive et ne parvient pas à compenser offensivement. Ses rares montées manquent de justesse, avec des centres systématiquement contrés ou trop longs pour trouver preneur.

- Diop (6) : patron de l’entrejeu troyen, il impose sa puissance physique et sa qualité technique pour prendre régulièrement le dessus sur les milieux marseillais. Très solide dans les duels, il multiplie les récupérations et utilise son grand gabarit pour s’imposer face à ses adversaires. Avec le ballon, il se montre tout aussi précieux, assurant des relances propres et des transmissions précises vers ses partenaires offensifs pour faire progresser le jeu. Son importance se manifeste également défensivement à la 37e minute, lorsqu’il réalise un sauvetage décisif sur sa ligne pour empêcher Marseille d’ouvrir le score. Il est remplacé par Batola (78e), un choix plus offensif pour tenter d’arracher l’égalisation dans les dernières minutes.

- Karim (5) : plaque tournante du milieu troyen, il compense son déficit de puissance physique par une grande vivacité et une excellente qualité technique. Très à l’aise sous pression, il parvient régulièrement à éliminer son vis-à-vis d’un simple jeu de corps avant de relancer proprement les offensives de son équipe. Précieux dans son rôle de relais entre la défense et l’attaque, il se distingue par la justesse de ses transmissions, aussi bien dans le jeu court que dans les ouvertures plus longues. Très sollicité lorsque Troyes doit ressortir le ballon, il se montre également actif à la récupération, même si son engagement parfois excessif dans les duels finit par lui coûter un carton jaune à la 57e minute. Davantage sur la retenue après cet avertissement, il perd un peu de son impact dans l’entrejeu. Il est remplacé par Philiponeau (78e).

- Diawara (4,5) : très vif sur son aile gauche, il est l’un des rares Troyens à tenter de faire des différences individuelles. Toujours prêt à provoquer, il cherche à prendre de la vitesse, à éliminer son vis-à-vis en un contre un et à repiquer sur son pied droit pour créer le danger. Si ses initiatives manquent souvent de justesse dans le dernier geste, avec beaucoup de déchet technique, il a au moins le mérite d’apporter de la créativité et du mouvement à une attaque troyenne parfois en manque de solutions. Son activité reste intéressante, même s’il peine à transformer ses prises de risque en véritables occasions. Il est remplacé par Picard (69e), pour apporter davantage de fraîcheur et de percussion face à une défense marseillaise susceptible de reculer en fin de rencontre.

- Mille (5) : le numéro 10 de formation, repositionné sur l’aile droite, multiplie les déplacements pour tenter de désorganiser le bloc marseillais. Très mobile, il n’hésite pas à repiquer dans l’axe pour apporter une solution supplémentaire au milieu et participer à la construction des offensives. Toujours disponible, il cherche constamment à faire progresser le ballon, que ce soit par ses courses, ses prises d’initiative ou ses provocations en un contre un. Généreux dans les efforts, il ne néglige pas non plus son travail défensif et participe activement au repli. Mais malgré cette activité incessante, il manque trop souvent de justesse dans ses choix et dans le dernier geste pour réellement mettre en difficulté la défense marseillaise.

- Gomis (4) : électron libre de l’attaque troyenne, il bénéficie d’une grande liberté de mouvement, alternant entre un rôle de numéro 10 et des décrochages sur le côté gauche. Très mobile, il cherche régulièrement à provoquer en un contre un et à exploiter sa vitesse pour déstabiliser la défense marseillaise. Si ses initiatives manquent parfois de justesse, il apporte au moins de la vivacité à une équipe troyenne trop souvent statique dans ses offensives. Beaucoup plus discret au retour des vestiaires, il perd progressivement de son influence et ne parvient plus à créer de véritables décalages. Il est remplacé par Ripart (61e), qui apporte davantage d’expérience et de densité physique à l’attaque. Plus combatif, ce dernier multiplie les décrochages et les tentatives pour offrir de nouvelles solutions à ses partenaires.

- Le Douaron (4) : peu servi en première période, il compense son manque de ballons par une grosse activité sur le front de l’attaque. Grâce à son grand gabarit et à sa puissance physique, il s’impose comme un point d’appui précieux pour ses partenaires, notamment sur les longs ballons où il multiplie les déviations, malgré un déchet technique parfois important. Plus utile dans la conservation et la construction que dans la finition, il ne se procure que deux occasions peu dangereuses avant la pause. La seconde période est encore plus compliquée, avec une seule frappe cadrée et une influence offensive de plus en plus limitée. Toujours généreux dans les efforts et capable de faire remonter son bloc en conservant le ballon, il manque néanmoins de vitesse et de vivacité pour réellement inquiéter la défense marseillaise. Il est remplacé par Nkada (78e) pour apporter davantage de profondeur à l’attaque troyenne.

OM

- De Lange (6,5) : sauvé par sa barre transversale sur une tête de Monfray qui ne semblait pourtant pas particulièrement dangereuse (5e), le portier marseillais s’est ensuite montré vigilant sur le centre de Maronnier (6e). Les tentatives hors cadre de Le Douaron (23e, 42e) ne l’ont pas davantage inquiété, pas plus que la frappe lointaine d’Antoine Mille (52e). Après l’ouverture du score d’Harit, la pression troyenne s’est accentuée, mais le Néerlandais a fait preuve de sérénité, en captant parfaitement un ballon dangereux (55e). Il s’est ensuite imposé sur les têtes de Le Douaron (61e) et de Ripart (72e), avant de bloquer sans difficulté la tentative de Timothé Nkada (85e). Dans le temps additionnel, il a finalement été sauvé par son poteau gauche sur une reprise de Ripart (90e+1). Malgré les 15 tentatives de l’ESTAC, il aura tenu la baraque sur les trois frappes cadrées adverses.

- Bezahaf (6) : lancé pour la première fois avec l’équipe première en l’absence de Weah, le jeune Minot de 20 ans a livré une prestation sérieuse pour ses débuts. Concentré défensivement, il a remporté trois de ses cinq duels et récupéré six ballons et s’est illustré avec ce superbe tacle à la 89e minute. Une première encourageante malgré quelques difficultés en toute fin de match.

- Egan-Riley (6) : solide dans l’ensemble, l’Anglais a réalisé plusieurs interventions propres dans sa surface, à l’image de son bon tacle sur Diawara en début de match (5e). Sa lecture du jeu lui a également permis d’anticiper certaines situations dangereuses (29e). Malgré un léger manque de communication avec De Lange sur un centre adverse (33e), le défenseur marseillais a livré une prestation convaincante ce dimanche soir au Stade de l’Aube.

- Aguerd (6,5) : le défenseur marocain s’est rapidement illustré avec un bon tacle sur Antoine Mille (2e). Il a aussi assuré une couverture aérienne efficace de la tête (26e) et n’a que rarement été mis en difficulté dans les duels. Ses statistiques confirment cette solidité, avec six duels remportés sur neuf et cinq ballons récupérés. Une prestation globalement rassurante dans l’axe de la défense marseillaise, notamment face à Le Duaron.

- Emerson © (6) : le capitaine olympien a été vigilant défensivement avec notamment six récupérations, même si l’occasion la plus dangereuse des Troyens vient de son côté en fin de match. Offensivement, il a d’abord joué avec le frein, malgré son centre de la 11e minute qui a traversé la surface sans trouver preneur. En seconde période, il est plus sorti de son camp et est trouvé par Paixão sur le côté gauche, avant de centrer pour Harit au second poteau pour l’ouverture du score (50e, 0-1).

- Kamissoko (7) : voir ci-dessus

- Abdelli (6) : une prestation encore une fois mitigée pour l’Algérien, qui a peiné à peser sur le jeu. Malgré cinq récupérations et 11 passes dans le dernier tiers, l’ex-Angevin a souvent donné le sentiment d’être absent des débats. Sa frappe repoussée quasiment sur sa ligne par un défenseur troyen (37e) reste sa principale occasion de la rencontre. En fin de partie, il s’offre son premier but avec l’OM en Ligue 1, sur penalty, pour sceller la victoire olympienne. Un bilan statistique plutôt correct, mais une influence assez limitée dans le jeu.

- Harit (6) : presque deux ans après son dernier but en championnat, le Marocain a retrouvé le chemin des filets. Discret sur son côté droit en première période, où il a peiné à déstabiliser le bloc troyen, il a surgi au meilleur moment. À la réception d’un bon centre d’Emerson au second poteau, il a repris le ballon du droit pour ouvrir le score (50e, 0-1). Une réalisation qui récompense sa persévérance et vient justifier la confiance accordée par Genesio depuis le début de la saison. Remplacé par Keyliane Abdallah (64e), peu en vue.

- Gomes (2,5) : trop effacé, le milieu anglais n’est pas parvenu pas à trouver les espaces pour peser sur la rencontre. Bien repris après avoir tenté de servir Gouiri, finalement signalé hors-jeu (21e), il n’est pas su concrétiser une situation de frappe (40e). Averti après une faute dans le dos de Le Douaron (44e), il n’a remporté aucun duel durant la rencontre et a été tout simplement fantomatique en seconde période. Remplacé par Geoffrey Kondogbia (87e), de retour après un mois et demi d’absence.

- Paixão (4) : actif dans le repli défensif, avec quatre récupérations, le Brésilien a longtemps manqué de justesse dans le dernier geste. Sa frappe enroulée n’a pas suffisamment tourné pour trouver le chemin des filets (8e), mais il s’est montré plus intéressant après la pause. son travail de fixation sur le côté gauche a notamment contribué à l’ouverture du score : il a permis à Kamissoko de trouver rapidement Emerson, qui a ensuite pu centrer. Une influence plus intéressante en seconde période, même si son premier but en Ligue 1 cette saison se fait toujours attendre. Il enchaîne par ailleurs son 10e match d’affilée sans être décisif avec l’OM. Il sort frustré en fin de match. Remplacé par Faris Moumbagna (87e), qui obtient un penalty en toute fin de partie.

- Gouiri (3) : douze ballons touchés au total pour l’international algérien, finalement apte à disputer cette rencontre après être rentré blessé du rassemblement des Fennecs. Il a peiné à exister dans le jeu, n’est pas parvenu à faire la différence sur ses rares prises de balle. Il s’est notamment emmêlé dans ses dribbles avant d’être repris par la défense troyenne (25e). Trop isolé, il cède sa place peu de temps après le but marseillais. Remplacé par Neal Maupay (63e), auteur d’une entrée quelconque.