Avant la finale face au PSG mardi, la ville des Herbiers vit dans une atmosphère rare. De la boutique du club aux rues commerçantes, en passant par la mairie, la commune se prépare pour l'événement. FF.fr a pris le pouls de l'effervescence, qui dépasse parfois les frontières de la Vendée.

Un grand soleil inonde la rue de l'Eglise en ce lundi après-midi. La longue avenue commerçante des Herbiers se pare de rouge et noir à vingt-quatre heures d'une finale historique qui verra le club de la ville affronter le mastodonte du Championnat de France, le PSG. Qu'importe le «aucune chance de gagner» de l'entraîneur des Herbiers, Stéphane Masala, la ville et ses alentours ont fait les choses à la hauteur de l'événement. Au numéro 8, dans la vitrine de la Maison Lopez, des éclairs au café arborent les couleurs du club. «Les commerçants ont créé des kits pour les devantures, plus d'une centaine ont été achetées», confie Véronique Besse, la maire de la commune. L'élue cherche quelques secondes ses mots pour décrire l'engouement des habitants, avant d'avouer «n'avoir jamais connu une telle effervescence».
Au-delà de la Vendée
Devant sa mairie, les badauds défilent. La commune a installé un covering grandeur nature à l'effigie de l'équipe, avec lequel les habitants peuvent se prendre en photo. «Ca n'arrête pas. L'autre jour, j'ai fait un mariage et la mariée a tenu à immortaliser le moment en se prenant en photo devant le visuel», sourit Véronique Besse. L'épopée des Herbiers fédèrent en Vendée, mais aussi au-delà de ses frontières. Une image profitable aux élus en place, qui vient s'ajouter aux retombées économiques probables. «C'est une publicité qu'on ne pouvait pas s'offrir. Un chef d'entreprise qui veut s'installer dans l'ouest de la France préférera une ville dynamique qui fait parler d'elle dans le bon sens du terme, avec des valeurs sportives qui sont déclinées également dans l'entreprise.»
Au total, plus d'une centaine de bus sont mis à disposition des Herbretais et autres Vendéens. Près de 20 000 supporters sont attendus au stade de France ce mardi. Ce qui implique une organisation à toute épreuve. «Ca va être une journée assez stressante, avoue Franck Decottignies, membre du groupe de supporters Diabolik's, en charge du déplacement. Je dois emmener tout ce petit monde à Paris et faire en sorte que tout se passe bien, c'est une responsabilité.» Après les six heures de route qui séparent la Vendée de Paris, les visiteurs installeront sono, tifo et drapeaux, avant d'attendre le début de la rencontre. «Demain ça va être sympa mais le kop d'en face est aussi bien rôdé je crois (rires), lâche Franck. On réalisera plus tard à mon avis. Toute ma famille sera au stade de France demain, même mon gamin de cinq ans qui sera en tribune présidentielle. Le fait qu'on soit sollicité par les journalistes, ça fait prendre conscience de l'ampleur de l'événement.»
Pour ceux qui n'auront pas la chance de se rendre dans la capitale, un grand écran de 21 mètres carré sera mis en place dans le stade Massabielle des Herbiers. Des centaines de Vendéens rallieront la ville, coeur du département le temps d'une soirée. «On reçoit des messages de la France entière. Il y a un côté très sentimental. Cette équipe a une sympathie contagieuse. Elle joue bien, elle a du talent, elle est imprévisible, on l'a encore vu ce week-end contre Laval. Tous ces petits éléments font que l'équipe est estimée et portée», estime Véronique Besse.
Les Herbiers, en avant les histoires
Le phénomène a pris une ampleur inimaginable. En première ligne, la boutique du club, prise d'assaut d'une façon inédite cette saison. «Habituellement, on vend cinq, six maillots et une centaine d'écharpes à l'année. Depuis le début de l'épopée, on a écoulé 11 000 écharpes et environ 100 tuniques en France mais aussi à l'étranger, des Etats-Unis aux Pays-Bas», détaille Olivier Vincendeau, responsable de la boutique des Herbiers. Un engouement populaire inédit autour d'un club devenu la tête de gondole du football amateur depuis quelques semaines et qui rassemble les passionnés du ballon rond jusque dans des contrées inattendues. «Il y a un Basque qui a fait une commande complète : l'écharpe, le maillot et même le survêtement. On lui a tout envoyé par Colissimo et il s'est filmé avec son club amateur pour afficher son soutien au club», ajoute Olivier Vincendeau. Pour la finale, le VHF a voulu voir les choses en grand et passer une commande de 20 000 écharpes. Mais un sponsor de la Coupe de France en a décidé autrement et l'optimisme a laissé place à la déception. «Finalement, on a reçu 3000 écharpes... on a été bridé», déplore Olivier Vincendeau.
Par ailleurs, cette effervescence incite certaines initiatives personnelles originales. Au PMU du coin, il est possible de revivre la demi-finale contre Chambly et d'autres moments forts de l'épopée herbretaise avec des... Playmobils. Cette exposition est signée Patrice Doussin, un fervent supporter des Herbiers et vendeur d'occasion de ces petits jouets humains bien connus. «J'ai commencé par reproduire des affiches officielles, puis je me suis lancé dans les scènes de matches, notamment le penalty arrêté par notre gardien à Auxerre. J'ai surfé sur l'actualité du club, toujours avec un trait d'humour», explique l'intéressé. Ce passionné ne laisse rien au hasard, son travail est méticuleux, précis, à la coupe de cheveux près. Dans une de ses reproductions, il a même représenté les supporters adverses. «Les fans de Chambly m'ont contacté pour m'acheter ces figurines. On s'est retrouvés devant la Beaujoire, je leur ai offert les Playmobils et ils m'ont donné une écharpe en échange. Ils vont les exposer en vitrine dans leur club house. Je ne fais pas ça pour gagner de l'argent, c'est vraiment du plaisir pour moi», affirme-t-il.
Patrice connaît les joueurs des Herbiers, souvent amusés de se découvrir dans ces jouets. Mais le club n'a pas manifesté d'intérêt pour son travail, du moins pas pour le moment. L'Herbretais marche surtout au feeling et n'imagine pas son oeuvre décalée s'inscrire dans la durée en ville. «Je vais peut-être continuer avec la Ligue Europa : un déplacement à Arsenal, un déplacement en Moldavie...», blague Patrice Doussin. Comme des milliers de Vendéens, il se rendra à Paris ce mardi. Les figurines et les stades miniatures laisseront alors place à la réalité du stade de France, les Herbiers feront face aux stars du Paris Saint-Germain.
Les Herbiers
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