La Turquie a sûrement atteint le point de non-retour. Quelques jours seulement après un revers frustrant contre la France (0-1), les Turcs ont concédé une lourde défaite 4-1 face à l’Italie ce lundi lors du deuxième match de la phase de groupes de la Ligue des Nations (Groupe A). Encaissant trois buts en l’espace de 27 minutes à peine, les hommes de Vincenzo Montella ont sombré devant leur public. Les tribunes de Bursa ont rapidement grondé et laissé éclater leur colère en entonnant à unisson des chants "Montella démission !". Signe d’une nation qui n’en peut plus de décevoir malgré une génération dorée et encore meurtrie par une Coupe du Monde décevante cet été avec une élimination en poules malgré un groupe très abordable.

Vincenzo Montella fustige indirectement ses joueurs

La presse locale s’est immédiatement emparée de l’affaire pour critiquer vertement les choix tactiques du technicien italien. Serkan Akcan, journaliste pour le quotidien Fanatik, s’est montré particulièrement cinglant au moment d’analyser ce fiasco et a interpellé Montella dans sa tribune : «nous sommes arrivés à la Coupe du Monde avec une grande confiance, mais nous sommes revenus avec la plus lourde défaite. Individuellement, nous avions des stars, d’Arda à Kenan, mais à cause d’une erreur d’appréciation de notre entraîneur dès le départ, nous n’avons pas pu exploiter notre potentiel. L’entraîneur Montella ne voulait pas assumer la responsabilité de ce fiasco. Mais voilà, le peuple turc se retrouve une fois de plus face à la même équipe. Allez-vous encore une fois laisser la nourriture, les boissons et l’addition entière à leur charge ?»

Face à la tempête, le sélectionneur turc a tenté de se défendre en conférence d’après-match. Boudé par la presse et les supporters, le technicien de 52 ans s’est fendu d’une sortie assez hautaine qui n’a fait que de rajouter de l’huile sur le feu dans son vestiaire : «il y a deux ans et demi, cette équipe évoluait en Ligue C. Avec moi, nous avons remporté la Ligue B et nous voici maintenant en Ligue A. Le niveau est différent ici, ce n’est pas facile de jouer à ce niveau tous les trois jours. Nous jouons à un niveau inhabituel, il nous faut nous y habituer. Quand on regarde la valeur marchande des deux équipes… Italie 840 millions d’euros, nous en avons 417. Avant le match, l’ambiance laissait présager une rencontre facile, mais j’avais prévenu mes joueurs que ce ne serait pas le cas.»

La presse turque pose un ultimatum à la Fédération

Ces explications n’ont absolument pas apaisé les observateurs, à l’image de Tunc Kayaci, également journaliste à Fanatik, qui estime que l’aventure de l’Italien sur le banc de la Turquie doit toucher à sa fin : «Montella devrait être sérieusement remis en question après ce match. À mon avis, sa crédibilité est désormais largement épuisée. L’équipe nationale a besoin d’un nouveau souffle, de nouvelles idées et d’une approche différente concernant l’effectif. Le match contre Bursa a démontré qu’un changement s’impose.»

Face à ce constat désastreux, le média Fanatik a même lancé un véritable ultimatum à la Fédération turque de football et a publié certains bruits de couloir qui circuleraient sur l’avenir du coach italien sur les bords du Bosphore. Selon leurs informations, tous les regards se tournent dorénavant vers les instances dirigeantes, qui se retrouvent sous une pression maximale. La TFF doit évaluer très rapidement l’opportunité de maintenir ou non Vincenzo Montella à son poste, alors que le divorce entre le technicien transalpin et la Turquie semble à présent consommé après ces nouvelles déceptions qui s’ajoutent à une Coupe du Monde déjà humiliante.