Il y a quelques années, sous la houlette de Marcelo Gallardo, River Plate était la référence en Argentine, et même au niveau sud-américain, avec deux finales de Copa Libertadores coup sur coup (victoire en 2018, défaite en 2019). Une place forte du football continental, avec un jeu résolument tourné vers l’offensive et surtout, une formation de qualité qui a vu fleurir des joueurs comme Julian Alvarez, Exequiel Palacios ou Enzo Fernandez pour n’en citer que quelques-uns. Mais si l’académie du club bonaerense est toujours aussi efficace, comme le témoigne l’explosion d’un certain Franco Mastantuono, la situation sportive et institutionnelle du club est bien moins reluisante que sur la fin des années 2010…

Le club à la frange pointe ainsi à une triste sixième place dans le groupe B du tournoi de Clausura actuel, et a pris la porte en quarts de finale de Libertadores face à Palmeiras. Depuis le 18 septembre et ce duel aller contre l’écurie brésilienne, River n’a gagné que deux de ses dix rencontres disputées, dont une en Coupe d’Argentine, compétition où l’équipe a aussi été éliminée par la suite. Et pourtant, sur le banc de touche, on retrouve… Marcelo Gallardo. De retour au Monumental à l’été 2024 après plusieurs expériences ratées dans les pays du Golfe, l’ancien joueur de l’Albiceleste n’a jamais réussi à enclencher un nouveau cycle gagnant. Considéré comme le meilleur entraîneur de l’histoire des Millonarios, il fait pire que son prédécesseur, Martin Demichelis, vilipendé par les médias et les supporters à l’époque.
Pas de Libertadores l’an prochain ?
Une équipe sans âme, maltraitée et battue par des clubs de seconde zone et des budgets ridicules, et l’impression de voir un coach qui a été lâché par ses joueurs. L’effectif est pourtant loin d’être ridicule, avec des champions du monde comme German Pezzela, Gonzalo Montiel et Marcos Acuña, des joueurs avec une belle expérience en Europe comme Enzo Pérez ou Lucas Martinez Quarta, la légende du club Juan Fernando Quintero, l’excellent Giuliano Galoppo au milieu et des pièces offensives très intéressantes comme Maximiliano Salas, Facundo Colidio, la pépite Ian Subiabre ou Miguel Borja. Largement au-dessus de la majorité des équipes d’un championnat argentin en crise et dépassé, depuis bien longtemps, par son voisin brésilien.
La défaite à la maison contre Gimnasia La Plata lors de la dernière journée de championnat a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase pour les fans, forcément très exigeants, d’autant plus que le voisin et ennemi juré de Boca, qui a aussi traversé des zones de turbulences dernièrement, va un peu mieux et caracole en tête du groupe A du Clausura. Clairement, la participation du club à la prochaine Copa Libertadores est plus qu’incertaine, et ce serait un énorme fiasco de ne pas participer à la plus prestigieuse des compétitions continentales. Il faut remonter à 2016 pour trouver trace d’une Libertadores sans River Plate. Autant dire que Marcelo Gallardo est très contesté, même s’il a encore quelques soutiens, à l’image de l’ancien président Rodolfo D´Onofrio (2014-2021), qui a argumenté « qu’il ne peut pas avoir oublié » comment entraîner une équipe et obtenir des résultats.
Une nouvelle ère
Une non-participation à la compétition phare du foot sudaméricain serait aussi un véritable coup dur sur le plan financier, alors que le club vient de changer de président. Stefano Di Carlo, jeune businessman de 36 ans seulement, vient de prendre les commandes du club. Avec trois gros axes de travail devant lui : d’abord, la construction d’un toît pour le Monumental, ce qui augure des travaux conséquents. Puis, le développement de la marque River Plate à l’international, ce sur quoi il insiste beaucoup, conscient que c’est une source de revenus potentiels à exploiter. Et enfin, forcément, l’avenir de Gallardo dont le contrat expire à la fin du mois de décembre, ce qui va forcer Di Carlo à prendre une décision rapidement.
Mais le nouveau boss de River le sait, ce qui compte avant tout, c’est le terrain, et lui-même avait expliqué que les résultats étaient « une priorité absolue » lors de sa campagne électorale. Et pour son premier match en tant que président, c’est un Superclasico qui l’attend. Un match qui aura forcément des conséquences directes sur l’avenir de Gallardo, mais aussi sur celui de bon nombre de joueurs de l’effectif. Difficile tout de même d’être optimiste pour River, mais la presse locale explique qu’une réunion entre le coach et les joueurs a eu lieu mardi, afin de tenter de remobiliser les troupes et trouver des solutions pour aller de l’avant. Une réunion intime productive ? On le saura dimanche soir…
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