Trois jours après sa victoire face au Brésil (1-2), l’équipe de France défiait la Colombie, ce dimanche soir, pour clôturer sa tournée américaine. Pour ce rendez-vous, aux allures de dernière répétition avant la Coupe du Monde 2026, Didier Deschamps optait pour un 4-2-3-1 avec un large turnover. Samba prenait place dans les cages alors que Lacroix et Hernandez coopéraient en charnière centrale avec Kalulu et Digne en latéraux. Au milieu de terrain, Zaïre-Emery était associé à Kanté, derrière Akliouche, Cherki et Doué. Devant, Thuram débutait. De son côté, la Tricolor s’organisait dans le même système tactique que les Bleus avec Arias, Rodriguez et Diaz au soutien de Suarez. Et sur la pelouse du Northwest Stadium à Landover, les débats ne tardaient pas à s’enflammer. Trouvé à l’entrée de la surface par Cherki, Zaïre-Emery percutait et armait une première frappe qui fuyait de peu le cadre colombien (3e). Bousculée, la Tricolor réagissait dans la foulée avec l’ailier du Bayern, Luis Diaz, mais ce dernier manquait aussi de précision dans le dernier geste (5e).

Un match plaisant où les deux sélections continuaient de se rendre coup pour coup. Si Mojica multipliait les déboulés dans son couloir gauche, les Français enchaînaient les phases de possession aux abords de la surface colombienne. Défensivement, Lucas Hernández se signalait, lui, en coupant parfaitement un centre rasant (15e). Décomplexés, les Cafeteros poussaient encore, mais Samba s’interposait sur la frappe limpide de Rodriguez (22e). Sous le regard hilare de Dembélé, Mbappé et Olise, présents sur le banc et quelques secondes après une première pause fraîcheur, les Bleus repartaient à l’attaque, mais Akliouche ne parvenait pas non plus à régler la mire (27e). La délivrance allait finalement venir quelques minutes plus tard. Opportuniste, Doué profitait d’une déviation pour tenter sa chance à l’entrée de la surface et tromper Montero d’une frappe déviée par Muñoz (0-1, 30e). Son premier but sous le maillot tricolore. Lancés, les hommes de Didier Deschamps maintenaient la pression et faisaient le break juste avant la pause.
Les Bleus terminent sur une bonne note
Servi par Kalulu, Akliouche, auteur d’un premier acte convaincant, délivrait un caviar pour Thuram, qui s’élevait plus haut que tout le monde pour placer une tête parfaite (0-2, 41e). Dans la foulée, le buteur de l’Inter frôlait même le doublé, mais sa frappe était contrée in extremis (43e). Si Doué s’offrait un nouveau festival dans la défense sud-américaine, le tableau d’affichage n’évoluait pas (45e). Au retour des vestiaires, l’équipe de France se montrait toujours aussi séduisante sur le plan collectif. Sérieux défensivement, à l’image du superbe retour de Lacroix (49e), et réalistes offensivement, les coéquipiers de Kanté géraient tranquillement leur avance et profitaient de la baisse de rythme des Colombiens. Et ce qui devait arriver arriva… Sur un contre éclair, Cherki lançait Thuram qui centrait en direction de Doué pour le doublé de l’ailier parisien (0-3, 56e). Un but qui tuait quelque peu le suspens et permettait à Didier Deschamps de faire tourner.
Peu après l’heure de jeu, Camavinga, Kolo Muani et Ekitike étaient ainsi lancés en lieu et place de Zaïre-Emery, Doué et Akliouche. Des changements qui ne perturbaient pas l’équilibre français. Bien au contraire. Trouvé sur le côté gauche, Ekitike s’offrait rapidement un joli petit numéro avant de voir sa frappe captée par Montero (67e). Peu inquiétés, les Tricolores allaient pourtant se faire surprendre à l’entrée du dernier quart d’heure. Après une frappe contrée, Lerma décalait Campaz qui trompait Samba avec l’aide du poteau (1-3, 77e). Remplaçants au coup d’envoi, Olise et Mbappé faisaient, à leur tour, leur apparition sur la pelouse, mais plus rien de marquant ne se passait dans ce match, si ce n’est cette double énorme occasion, mais ni Ekitike, seul face à Montero, ni Mbappé, dans une position excentrée, ne trouvaient la faille (85e). Sur le gong, Mbappé voyait son but refusé pour une position de hors-jeu (90+4e). Score final : 1-3. Globalement dominateurs et rigoureux dans tous les secteurs du jeu - malgré une fin de match plus discutable - les Bleus terminent donc cette tournée américaine de la meilleure des manières. Une parenthèse enchantée et de belles promesses laissées à trois mois de l’ouverture de la grande messe du football mondial.
L’Homme du Match : Doué (7,5) : incertain après un coup reçu au dos face au Brésil, le Parisien était titulaire sur le côté gauche du quatuor d’attaque des Bleus, même s’il a beaucoup dézonné. Davantage présent sur le plan défensif pour aider Digne à contenir les montées de Muñoz et d’Arias, il a plutôt joué simple lors des offensives tricolores avec moins de déchets dans ses dribbles comme il peut en connaître par moments en club. Une prestation correcte ponctuée par son premier but en Équipe de France, à la suite d’un bon mouvement débuté sur le côté droit et d’une frappe contrée par Sanchez (29e), avant un doublé après un service de Thuram (56e, 0-3). Averti après une faute sur Puerta (50e). Remplacé par Hugo Ekitike (64e), entré sur l’aile gauche et qui a gâché deux belles transitions (85e, 90e+3).
Colombie
- Montero (3) : devant les frappes insignifiantes de Zaïre-Emery et d’Akliouche, le portier colombien avait l’air serein en début de match. Puis, il a été surpris par un ballon dévié sur la frappe de Doué, qui a terminé sa course dans le fond des filets (29e). Incapable de sortir la cape de super-héros, il n’a également rien pu faire lorsque Thuram a placé sa tête dans la cage sud-américaine (41e). Puis, son cauchemar s’est poursuivi lors de la seconde période. Doué l’a clairement achevé, après une contre-attaque bien organisée (56e).
- Munoz (3) : sur le couloir droit, le latéral a essayé d’aller de l’avant durant le premier acte. Peu pressé par les Tricolores, il a utilisé le ballon avec de la rigueur et du courage. Cependant, le défenseur de Crystal Palace est coupable sur l’ouverture du score, car il trompe son gardien en déviant la frappe de Doué (29e). Sur le second but des Bleus, il ne réalise pas le marquage parfait sur Thuram, et le laisse sauter plus haut que tout le monde (41e).
- Sanchez (3) : le joueur de 29 ans a entamé sa prestation avec de l’envie. Devant Doué, il est resté debout en lui fermant la porte (10e), puis il a été vigilant lorsque les Bleus s’approchaient de la cage de Montero. Pourtant expérimenté sur la scène internationale, il s’est fait avoir comme un débutant par Thuram lors d’un duel dans les airs, n’ayant pas l’ascendant sur le buteur (41e). Après la pause, l’arrière-garde a continué à être inexistante, particulièrement quand Doué est arrivé dans sa surface pour inscrire le troisième but (56e).
- Cabal (3) : positionné dans la charnière centrale, le joueur de la Juventus est clairement passé à côté de sa première période. Même s’il n’a pas été humilié par Doué lorsque celui-ci venait le titiller, le défenseur a semblé fébrile et peu hargneux. Tout comme Sanchez, il a manqué de vigilance sur le but de Marcus Thuram (41e). Même chose lorsque Doué a inscrit son doublé, puisque le défenseur est revenu trop tard dans sa zone (56e). Il a tremblé jusqu’à la fin du match.
- Mojica (3,5) : le premier acte conclu par le latéral gauche de Majorque laissait à désirer. Sans solutions, il n’est pas allé se frotter aux Bleus en contre-attaque. Devant un pressing rigoureux, effectué par Akliouche et ses partenaires, il a été incapable d’aller de l’avant. Inexistant quand il fallait monter d’un cran le niveau de jeu, il paraissait bien en dessous de ses adversaires. Trop peu remuant sur sa ligne durant la seconde période. Remplacé par Deiver Machado (63e) assez impliqué, notamment quand il a dû stopper un ballon de but sur sa ligne (85e).
- Lerma (3) : on ne peut pas dire que sa première période soit sublime. Dans l’entrejeu sud-américain, celui-ci n’a presque pas eu le temps de construire et de servir ses partenaires dans les intervalles. Devant Kanté et Zaïre-Emery, il a semblé inexistant, et devait faire les efforts pour aider ses partenaires à rester en vie. Au retour des vestiaires, il a tenté une frappe de loin, mais celle-ci a atterri dans les tribunes (53e). Autant chahutant que l’autre milieu défensif, le joueur de Crystal Palace a tout tenté pour déstabiliser ses adversaires avec son jeu de corps.
- Rios (3) : en compagnie de Lerma au milieu de terrain, le numéro 6 a eu du mal à se mettre en jambe. Il a d’ailleurs commis une vilaine faute à l’entrée de sa surface après le quart d’heure de jeu. Sa présence dans les intervalles n’a pas été visible et celui-ci a simplement montré un visage hargneux. Comme s’il devait s’imposer en tant que guerrier au cours des duels, le joueur de Benfica n’a pas montré ses qualités footballistiques. Remplacé par Gustavo Puerta (46e) qui a effectué une charge brutale sur Rayan Cherki à l’heure de jeu, sans être présent dans les quelques possessions de balle colombiennes.
- Arias (3,5) : buteur face à la Croatie il y a trois jours, le joueur de Palmeiras n’a quasiment rien tenté en première période. Contrairement à l’autre ailier de la sélection colombienne, celui-ci est resté dans le flou, même si Digne n’a pas réalisé le match de sa vie en face. Il a été très peu démonstratif quand le jeu s’articulait dans sa zone. Sans être impactant, si ce n’est dans des remontées de balles, sa rencontre a vite été assombrie. Remplacé par Carlos Gomez (46e) qui n’a presque pas impacté l’aile, tant les Français prenaient le contrôle du ballon.
- Rodriguez (2,5) : le capitaine emblématique de la sélection a été fantomatique pendant les vingt premières minutes, mais sa puissante frappe, qui a atterri dans les gants de Samba, l’a finalement réveillé. Après cela, il a essayé de se mettre en mouvement, sans perturber la défense des Bleus. Malgré son expérience, il a semblé fébrile et moins investi avant la pause. Au retour des vestiaires, le joueur de 34 ans paraissait en manque de fraîcheur. En fin de compte, sa soirée a été globalement ratée. Remplacé par Juan Quintero (63e) qui s’est montré disponible après le but colombien.
- Diaz (5,5) : l’attaquant du Bayern Munich a entamé sa rencontre par un boulet de canon fuyant le cadre (6e). Puis, il a proposé de nombreux mouvements dans le dos des défenseurs français, envoyant aussi de jolis caviars à ses partenaires. Remuant, l’ailier a montré qu’il était un leader dans les phases offensives. Malgré ses courses incessantes, il n’a pas inquiété ses adversaires durant les quarante-cinq premières minutes. Surtout très seul en fin de compte, ses efforts n’ont pas payé. Remplacé par Jaminton Campaz (63e) qui a redonné de l’espoir aux siens en marquant un but du pied gauche (77e)
- Suarez (2,5) : placé seul en pointe face aux Bleus, le buteur du Sporting n’a pas réussi à se rendre utile en première période. Il est resté fantomatique dans les offensives de son équipe et a couru dans le vide pour engager le pressing. Sans envie ni repères, celui-ci a vite compris que sa soirée allait être longue. Finalement, après la pause, il a été remplacé par Jhon Cordoba (46e) qui a voulu se montrer disponible dès ses premiers pas sur la pelouse. Dos au but, il a bien plus apporté que l’autre attaquant et a fait preuve de volonté.
France
- Samba (5) : passé devant Lucas Chevalier dans la hiérarchie des gardiens, le gardien rennais a réalisé une prestation globalement sérieuse. Peu inquiété en début de match, avec une tentative de Diaz non cadrée (5e), il s’est ensuite illustré avec un arrêt à bout portant face à James Rodríguez (22e). Sûr dans ses prises de balle, comme sur le centre d’Arias (34e) et la frappe de Campaz (68e), il s’est également montré autoritaire dans ses sorties (69e). Il finit toutefois par céder sur la tentative de Campaz (77e).
- Kalulu (4) : pour sa deuxième titularisation chez les Bleus, le joueur de la Juventus a encore déçu. Après un premier duel bien géré face à Luis Diaz (2e), il a ensuite affiché des lacunes défensives, notamment en délaissant son couloir sur la grosse occasion sauvée par Hernandez (15e). En deuxième période, l’entrée de Campaz n’a pas changé sa rencontre délicate. Face à l’entrant colombien, il a notamment été trop léger sur son marquage sur le but du 1-3.
- Lacroix (5,5) : après une entrée de quelques minutes face à la Seleção, le numéro 17 a (confirmé) pour sa première titularisation en sélection avec une bonne prestation. Appliqué défensivement, il s’est signalé par une bonne intervention sur James Rodríguez (5e) et une couverture précieuse (13e). S’il a concédé un ballon dangereux (21e), il s’est bien repris par la suite, notamment en rattrapant une erreur de Zaïre-Emery (49e). Petit point noir : il est trop tendre sur le but colombien.
- Hernandez (6) : aligné au néo-tricolore Maxence Lacroix, le défenseur de 30 ans a réalisé une prestation plutôt propre, couvrant les quelques incursions des Colombiens, avec en point d’orgue ce superbe geste défensif devant Jhon Arias (15e).
- Digne (5) : en début de rencontre, le latéral gauche de 32 ans a semblé être en difficulté face au duo Muñoz-Arias, mais a pu compter sur l’aide de Doué pour contenir les deux flèches colombiennes. Peu mis en danger au fil de la rencontre, il n’a pas été impactant offensivement.
- Zaïre-Emery (6,5) : préféré à Camavinga, le milieu du Paris Saint-Germain a livré une prestation intéressante. Très vite dans le ton, il s’est illustré par son impact dans le pressing et sa capacité à récupérer des ballons, à l’image de son intervention sur Luis Diaz (5e). Il a également tenté de se projeter vers l’avant. S’il s’est montré précieux dans l’intensité, il a parfois manqué de justesse, comme sur une tentative envolée (45e) ou une mauvaise passe interceptée par Diaz (49e). En seconde période, il a baissé en intensité, mais est resté actif avant de céder sa place. Remplacé par Eduardo Camavinga (64e), averti à la 74e minute.
- Kanté © (7,5) : le milieu de Fenerbahçe - qui fêtait ses 35 printemps ce soir - a réalisé une prestation exemplaire, en phase avec son statut de leader dans cette équipe remaniée. Très actif à la récupération, il a pesé dans l’entrejeu en coupant de nombreuses situations adverses, à l’image de son excellent retour sur James Rodríguez (36e). Précieux dans l’équilibre collectif, il s’est aussi projeté pour accompagner les offensives, participant à quelques combinaisons intéressantes avec Akliouche.
- Akliouche (6,5) : sur son côté droit, le Monégasque a souvent pris l’avantage sur Mojica, le déstabilisant sur la plupart de ses prises de balle, ses changements de rythme et ses combinaisons avec Cherki ou même Kanté. Dans la continuité de ses dernières prestations en club ou même avec les Bleus (buteur face à l’Azerbaïdjan en novembre), il est à nouveau décisif avec cet excellent centre pour la tête de Marcus Thuram (41e). En seconde période, il s’est montré très présent sur le plan défensif pour enfermer Luis Díaz et est au départ de l’action du doublé de Doué, en trouvant Cherki sur transition. Remplacé par Randal Kolo Muani (64e).
- Cherki (6) : derrière Marcus Thuram, le milieu offensif de Manchester City a joué avec toute l’insouciance qu’on lui connaît. Parfois trop facile dans ses dribbles et avec de l’approximation dans ses passes, il a toutefois été intéressant dans ses décrochages et dans ses arabesques pour mettre à mal une arrière-garde colombienne qui a difficilement pu le contenir. À plusieurs reprises, il a tenté de trouver Thuram dans le dos de la défense, comme sur les deux réalisations de Doué. Remplacé par Michaël Olise (78e), auteur d’un bon ballon pour Ekitike, mal exploité.
- Doué (7,5) : voir ci-dessus
- Thuram (7) : pour sa première titularisation depuis le mois de septembre avec les Bleus, l’Interiste se savait attendu, surtout avec l’avènement de Hugo Ekitike. Il a tenté de peser sur le front de l’attaque par son rôle de pivot et par ses départs dans le dos des joueurs colombiens, notamment sur l’action du but de Doué (29e). Avant de trouver à son tour le chemin des filets sur une belle tête à la suite d’un centre d’Akliouche (41e, 0-2). Dans la foulée, il passe tout proche du doublé sur une frappe contrée où il choisit la solution individuelle au lieu de servir Cherki (43e). Dans le second acte, il est lancé par Cherki dans la profondeur avant de trouver Doué pour le doublé (56e, 0-3). Averti pour une faute dans le dos de Luis Diaz (39e). Remplacé par Kylian Mbappé (78e), ovationné par le Northwest Stadium et passé proche de son 57e but en sélection (85e, 90e+1 et 90e+4).
Independiente
Liverpool
Aston Villa
Tottenham Hotspur
Manchester City
Bayern Monaco
Real Madrid
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Didier Deschamps
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Lucas Digne
Kolo Muani
Luis Díaz
Eduardo Camavinga
Rayan Cherki
Michael Olise
Hugo Ekitiké
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